Des populations amères
Quelques habitants de la ville de Bouaké joints hier, au téléphone, ne décolèrent pas. Les populations ont encore en mémoire les événements de décembre 2007 et l'attaque manquée contre le Premier ministre. En effet, ces deux événements ont perturbé les activités économiques de la ville pendant des semaines. Elles se disent fatiguées de ces soulèvements à n'en point finir. Elles estiment qu'au moment où la communauté internationale félicite la Côte d'Ivoire pour la mise en ?uvre du processus de paix, les soldats ne devraient pas créer la peur. " Des investisseurs sont en train de frapper à nos portes. Même si leurs revendications sont légitimes, ils doivent privilégier la voie du dialogue ", fait remarquer Souleymane K, mécanicien. Avant de poursuivre : " Nous avons trop souffert pendant les cinq ans de crise. Maintenant que nous ne sommes plus loin du tunnel. Il ne faut pas que ce genre d'action vienne retarder le processus ". G. K, sans emploi, pense quant à lui, qu'il faut que l'on prenne des dispositions pour que ce genre de situation ne se répète plus. " Nous avons fait trop tôt d'applaudir. Tous les jours, c'est Bouaké qui est en ébullition. Pour avoir pris les armes, on les paye cadeau. Ils doivent dire Dieu merci. C'est au nom de la paix. Par conséquent, ils doivent avoir le profil bas ". Par ailleurs, d'autres personnes interrogées jettent la pierre aux autorités des Forces nouvelles. Elles pensent que ce sont des situations qui peuvent se régler en interne. " On a prévu de l'argent pour eux, il faut le leur donner. Nous pensons que si ces jeunes avaient reçu leur argent, ils n'auraient pas manifester " , indique S.T, vendeuse de condiments. BB, étudiant à l'université de Bouaké partage cet avis : " S'Il n'y a pas d'argent pour leur donner, il faut les informer. Ce sont des hommes. ils vont comprendre "
Y.Gbané
Y.Gbané