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Visite de Gbagbo a Adzopé : SORO met fin à la campagne de Gbagbo

Le président Laurent Gbagbo a bouclé sa visite officielle dans le pays Akyé, le samedi 12 Janvier dernier. Débutée le 09 Janvier, Laurent Gbagbo, au cours de cet ultime meeting tenu au stade municipal d'Adzopé, a mis, aux yeux de tous, de l'eau dans son vin. Les différents thèmes abordés à Assikoi, à Yakassé Attobrou, à Afféry, à Akoupé, à Boudépé, à Bécédi Brignan et à Agou, tels : "Le serpent n'est pas mort, soyez vigilant ne déposez pas vos bâtons", "le café et le cacao sont mal payés, etc.", n'étaient plus à l'ordre du jour. Même sa politique générale, dont promesse a été faite par lui d'annoncer les grandes lignes, tant attendue par les populations, n'a pas été abordée.
Monsieur Adopo Laurent, Directeur Technique d'Azito Energie, conseiller municipal, qui a parlé au nom du ministre Léon Monnet Emmanuel, maire de la cité et du conseil municipal, a souhaité le traditionnel "akwaba" au président Laurent Gbagbo. "Amour et fierté, tels sont les sentiments qui nous animent ce jour", dira-t-il.
Monsieur Adopo, dans son discours, fait d'éloges à Léon Monnet Emmanuel, attribuera à ce dernier la paternité du bitumage de la route Abidjan-Adzopé et la construction de l'hôtel de ville.
Le député N'Guessan Brou Blaise, porte-parole de la population, quant à lui, fera une intervention digne d'un artiste comédien. Allant du français à l'anglais, chose qui a bien amusé les populations venues écouter le président Laurent Gbagbo.
Le premier ministre Guillaume SORO dont la venue a surpris plus d'un, a, au cours d'une intervention improvisée, salué les populations d'Adzopé. "Je ne m'attendais pas à prendre la parole ce jour. Mais, comment ne pas la prendre quand on voit toutes ces populations mobilisées ? Je voudrais commencer par dire toute ma joie de me retrouver à Adzopé plus de sept ans après. Je voudrais noter que je suis à Adzopé grâce au vent de paix qui souffle sur la Côte d'Ivoire entière. Voici les effets concrets de l'accord de Ouagadougou" dira-t-il avant de rappeler la tournée effectuée par le président Gbagbo à Bouaké et au Nord. "Ceci est la matérialisation concrète de la libre circulation, tant des personnes que des biens, sur toute l'étendu du territoire national", ajoutera-t-il. Aussi, prendra-t-il, un engagement ferme devant le peuple Akyé, celui de faire en sorte que l'année 2008 soit l'année des élections. Le président Laurent Gbagbo, à son tour, invitera les uns et les autres à s'approprier les accords de Ouagadougou qui conduiront les Ivoiriens aux élections. "Les gens croient que s'ils perdent une élection, ils sont morts. Donc, quand on annonce les résultats, ils sont sur le pied de guerre. Mais pourquoi la guerre ?" s'interrogera-t-il. Et de dire au peuple Akyé, peuple du groupe Akan, qu'il compte toujours sur lui. Lui, fils du groupe Krou qui bénéficie depuis 1990 de leur confiance. "Aucune tribu, en Côte d'Ivoire ne peut gagner une élection, seule", avertira-t-il. "Le tribalisme est dangereux. Dans les prochains mois, nous ferons adopter un projet de loi contre le tribalisme, le racisme et la xénophobie", martèlera le chef de l'Etat, avant de donner l'ordre du jour de ce dernier meeting : "Aujourd'hui, c'est de faire le point et de dire au revoir à ma maison, à mes frères, à mes s?urs et de vous demander de me souhaiter bonne chance pour que je revienne vite ici". Il saluera le Premier ministre Soro Guillaume. "Soro est un jeune avec qui je travaillais avant, un jeune qui allait à Mama me saluer, un jeune qui m'a présenté beaucoup de jeunes. Mais la crise que nous avons connue a fait que lui, moi et d'autres amis sommes devenus plus fiers de la Côte d'Ivoire". Le chef de l'Etat profitera de la tribune à lui offerte pour fustiger les élus locaux. "Les populations ne doivent pas venir demander au président de la République de créer des écoles parce que c'est le rôle des conseils généraux et des communes. Nous vous donnons aujourd'hui les instruments de votre développement. Vous m'avez demandé la construction d'un collège, c'est exprès que je n'ai pas répondu car, c'est du ressort du conseil général ou de la mairie. C'est, écrit noir sur blanc, les compétences du conseil général. Ce n'est pas le président de la République qui doit venir construire un collège aujourd'hui". Et de conclure : "Vous voulez un collège, allez voir votre président du conseil général. Vous voulez une école primaire, allez voir votre maire. Il n'est pas normal que des gens aient les budgets et qu'ils aillent trouver le président de la République pour lui demander une école, un dispensaire"
La note triste de cette fin de mission a été la chute spectaculaire en public de celui que les jeunes patriotes d'Adzopé appellent "Baka bingui", le ministre Monnet Léon Emmanuel, qui quelques minutes avant a fait dire, par son porte parole, M. Adopo Laurent, Directeur technique d'Azito énergie, qu'il est le père du bitumage de la route Abidjan-Adzopé. Cette chute qui fait la UNE de l'actualité à Adzopé, est diversement interprétée par les populations. Nous avons essayé en vain d'avoir des informations relatives à son état de santé. "Ça va mieux", nous a-t-on dit .Il faut aussi noter que les militants du FPI, venus de tous les cantons des départements d'Adzopé, d'Akoupé et de Yakassé Attobrou écouter leur champion, sont repartis déçus car, le discours avait énormément changé, trop d'eau a été mis dans vin, par rapport aux autres meetings.

Aboueu Tiô et Diarrassouba Sory,
Envoyés spéciaux

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