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Motus : Désastre

Avant, on n'avait rien. Maintenant, on a un peu . Tel était le maître-mot du fondateur du Front Populaire Ivoirien. En dix ans de pouvoir, les Ivoiriens ont bien vu cette métamorphose considérable. Ceux qu'ils ont vus dans la clandestinité et dans l'opposition avaient bien changé. Les cheveux et barbes hirsutes avaient disparu. Les habits défraîchis avaient fait place à des costumes taillés sur mesure et à des chemises de grande frappe. Chaque jour, les Ivoiriens les voyaient parader dans de rutilantes voitures. Même ceux des leurs qui n'étaient pas allés à l'école et qui n'avaient pas de diplôme, ne passaient pas inaperçus. Il fallait les voir, présentant partout des signes ostensibles de richesse et d'aisance déroutants. Leur grand chef, pour nous montrer que les temps nouveaux étaient arrivés, s'était octroyé un fonds de souveraineté de plus de 75 milliards. Quand la crise postélectorale est venue, les Ivoiriens ont vu le grand désastre causé à leur économie. Les refondateurs ont tout vendu et tout racheté. Les biens immobiliers à l'extérieur ont été bradés et l'argent confisqué. Des centaines de milliards ont été détournés pour atterrir dans des comptes bancaires en Afrique, en Europe et en Asie. Comme si cela ne suffisait pas, nos amis dits socialistes ont choisi également de donner dans la jouissance. Avant-hier, un confrère a montré les images des bateaux de plaisance achetés à prix d'or par les frontistes. Sur ces engins ivres, ils conduisaient ainsi le pays vers les récifs du chaos collectif. Après eux, il fallait bien le déluge ! On comprend mieux pourquoi Gbagbo Seplou refusait de quitter un pouvoir perdu dans les urnes. Les délices et artifices leur ont fait perdre la tête. Il est bien loin, le temps où ces gens se présentaient comme des poches de moralité . Ce n'était que des balivernes et des slogans sans aucune contenance. Ceux qui, pompeusement, voulaient refonder la Côte d'Ivoire , ont plutôt voulu changer leur existence et mode de vie. Ce n'était ni le socialisme, encore moins la bonne gouvernance, qui les guidaient, mais l'enrichissement illicite et la concussion des deniers publics. A présent, tout le monde voit la forfaiture et constate les dégâts colossaux. Et dire que ce n'est que la partie visible de l'iceberg des travers de la vague refondation

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.