Mambe, le partial
La Sagem a reçu en fin de semaine dernière, à la Primature, son cahier de charges des mains du Premier ministre Soro Kigbafori Guillaume. Ainsi donc, après plusieurs mois d'intenses négociations et d'âpres discussions qui ont par moments pris des allures inquiétantes pour la mise en ?uvre de l'Accord de Ouaga, la Sagem a été choisie en définitive comme l'opérateur technique de l'identification en Côte d'Ivoire. Comme on peut bien l'imaginer, la joie des dirigeants de cette entreprise est immense. Heureux qu'ils sont pour avoir décroché un marché juteux dont le coût se chiffre à plusieurs dizaines de milliards de nos francs. Bien évidemment, le champagne a coulé. Beaucoup coulé. Aussi bien chez les responsables de la Sagem qu'à la Primature de Soro Guillaume. Où la joie d'avoir offert sur un plateau d'or le marché de l'identification à un partenaire stratégique, est perceptible dans l'attitude des uns et des autres. Il en va ainsi des leaders du RHDP qui ont fait du choix de la société Sagem, un combat national. A la vérité, c'est une affaire de gros sous. Une affaire à odeur de soufre. Et comme en politique, ce sont les intérêts du parti ou des militants qui sous-tendent les actions des leaders, on peut aisément en déduire que l'engagement de Bédié et Ouattara dans le choix de la Sagem n'est pas fortuit. Bien au contraire, c'est un combat intéressé. A mille lieues. Tout comme l'est, la bataille autour de la neutralité de la CEI. Ici, les dirigeants du RHDP et leurs journaux présentent M. Beugré Mambé comme un homme impartial. Un homme de droiture. Un homme juste. C'est à peine qu'on ne présente pas le président de la CEI comme l'incarnation de Dieu sur terre. Et pourtant, Beugré Mambé porte une casquette aux couleurs bigarrées. Il n'est donc pas vierge. C'est un cacique du PDCI-RDA. Proche parmi les proches du candidat Henri Konan Bédié. Malgré cette partialité flagrante de cet homme aux cheveux poivre-sel, il a été imposé à la tête de la CEI au plus fort de la folie meurtrière de la rébellion par un certain Stoudman. Aujourd'hui, Beugré Mambé passe pour un homme neutre, pendant que le directeur de l'INS, M. Meleu Mathieu est présenté comme une entrave au processus électoral. Certes, c'est de bonne guerre, mais tout n'est pas que mauvaise foi en politique.