Concert Ismaël Lô - Il ne fallait pas se le faire raconter
Le public qui a fait le déplacement le samedi dernier à la salle Anoumabo du Palais de la Culture sis à Treichville n'aura pas regretté d'avoir payé cher l'entrée, au concert live donné par Ismaël Lô. Prévu pour 20 H, les spectateurs traînaient encore les pas jusqu'à 23 H 30, début du show. Si certains regrettaient la faible affluence, d'autres par acclamations invitaient plutôt l'artiste à commencer son spectacle. Des heures avant (18-19 H 24), Ismaël Lô et son orchestre avaient occupé la scène circulaire pour la balance du son sous le regard attentionné de l'ingénieur du son nommé Racine et du Back-liner Amadou Diop. Avec celui-ci, l'identité de ceux qui vont jouer 4 heures plus tard est connue. A la batterie Habib N'Diagne, Patte Diagne à la percussion, Paul Oliveira le claviste, Aboulaye Aw à la basse, As Diouf guitare-solo, Gina et Angélique pour les backing vocals. A 21 H 53, le Guest speaker Serge José Amessan empoigne le micro. Il avait à ses côtés Talso, animateur de Téré FM venu de Dakar pour un ''One man show''. En Guest Stars, le rappeur Belmous (7mn) et Kandet Kandet (8mn) ouvrent le bal. Au son du Sabar (tambour sénégalais), Patte Diagne perché sur un podium de deux marches d'escalier à gauche du batteur permet à Ismaël Lô, tout de jaune vêtu (basin), de faire son entrée sur la scène (22 H 26). Sur celle-ci se maintiennent sur les extrémités deux rubans sous forme pyramidale qui servent de support pour refléter des images depuis la table de mixage qui distille 40 Watts de sons. De leur position de deuxième rangée, le claviste, le soliste, le bassiste et les choristes forment un arc de cercle derrière le chanteur. Du fond du décor ressortent les tenues scéniques des musiciens (vert, jaune et rouge) qui enseignent sur l'origine de l'artiste musicien chanteur. Le Sénégalais Ismaël Lô, l'un des dinosaures de la musique de ce pays, fidèle à sa guitare rythmique fait son Intro au son de Aiwa (5mn) puis Madame dont les lignes mélodiques font un clin d'?il au reggae depuis les partitions de Habib, Aboulaye Aw, Patte et As. Après le titre Ndally, le troisième, pour prendre connaissance avec le public, l'artiste-musicien affirme sa joie sans oublier de rappeler des souvenirs. ''Parler de paix est une bonne chose. J'ai toujours connu une Côte d'Ivoire qui sourit. Que la paix soit durable pour le bonheur de tous les Africains'', un message de paix pour la Côte d'Ivoire. Dans les souvenirs des années 70/80, la musique du chanteur rappelle les frères jumeaux Ismaila et Sixu Tidiane du groupe sénégalais Touré Kunda. Chanté en français, "Plus je fais ci, plus je fais ça" qui dégage un sens de l'humour taquin met en exergue une balade du soliste sous fond de Folk soutenue par une cadence reggae. Les roulements de batterie de Habib sont apaisés par la basse de Aw, le tout agrémenté par des sons de baguette sur le Sabar par Patte. Manko et Baykat sont une invite à retourner dans le terroir sénégalais au son du Mbalax. Une exaltation donnée à la communauté sénégalaise résidente par le percussionniste, le batteur et le bassiste d'un côté et de l'autre, Ismaël Lô, Paul et Aboulaye pour le dédoublement des voix. Le répertoire de l'artiste était à cheval entre musique traditionnelle, chants langoureux, hommage, chant de réjouissance, etc. Sur les notes de ''Yaye Boye'', un hommage aux mamans du monde, Ismaël Lô qui souffle les premiers vents enchanteurs dans son harmonica partage la scène avec seuls le claviste, le soliste et les deux choristes quand Habib et Patte abandonnent chacun leurs instruments. Ils seront suivis pour la recréation par Paul le claviste, As et Aw sur les notes de Tajabone où seuls les deux choristes et le chanteur muni de sa guitare et de son harmonica communient avec le public qui reprend en c?ur le célèbre chant (8mn). Jamu Africa est ''une chanson de paix, puisqu'on parle de paix en ce moment, pour que les enfants puissent grandir dans le bonheur et la joie'', dixit Ismaël Lô. Après 4mn reparties entre le soliste et claviste, la voix de l'enfant de Rufisque (Sénégal) crée des émotions dans la salle. Le contenu du message est corsé tel un supplice par l'énergie de son qui ressort de la grosse caisse, du retour des baguettes sur le cuivre et sur la percussion. Sur le tissu blanc qui limite la scène l'on peut voir deux roses. Et comme un son en provenance d'une calebasse, Paul Oliveira donne à Jamu Africa (14mn) une couleur Mandingo depuis son clavier. Loin du fleuve Jola au Sénégal mais le dos tourné à la lagune Ebrié, l'artiste se souvient des naufragés du fleuve. Pour donner du baume dans le c?ur des spectateurs, place aux notes de réjouissance faites de rythmes accélérés et dansant avec les titres ''L'amour à tous les droits et Tass Yakaat''. C'est aussi un revisite des époques sixties avec des balades du bassiste Habib au style Pink Floyd. Il est 00 H 02 lorsque Ismaël Lô entonne Didi Dibi Rek. Après s'être mis à la percu, l'on découvre le chanteur claviste tout en suppléant Paul qui savourait des textos Ragamuffin, ambiance américaine. Avec Nafanta, le spectacle tire à sa fin lorsqu'Ismaël Lô présente à 00 H 18 les membres de son orchestre. Six minutes plus tard, après avoir servi ''Jiguen'' en langue Socey (manding du Sénégal proche du Dioula), le spectacle s'achève après 2 H 01 mn de show.
Koné Saydoo
Koné Saydoo