Crise financière mondiale : Une chance pour la zone Franc CFA
Lors de notre précédente contribution sur la crise financière internationale et son éventuel impact négatif sur la zone franc CFA, nous avions saisi l'opportunité pour présenter les sources de la crise que traverse le monde entier et qui est sur le point de frapper nos pays pauvres à un certain degré si la réunion de G20 à Washington le 15 Novembre prochain devait échouer.
Au-delà de cette menace effective en terme de croissance négative et ses corollaires, nous revenons pour montrer combien cette mauvaise passe peut être aussi source de prise de conscience effective qui donnerait, sans aucun doute, aux pays de la zone franc CFA, une réelle chance d'indépendance économique car, les causes nécessaires sont réunies pour gagner la guerre sans combat.
Dans les lignes qui suivent, nous présenterons d'abord le phénomène des fonds souverains et leur rôle dans la résolution de la crise financière mondiale avant de rappeler la stratégie chinoise en termes de politique économique et financière qui, dit-on, prend sa source dans l'art de la guerre de Sun Tzu. Un ouvrage militaire. A la lumière de cette analyse et de l'inévitable réforme des systèmes internationaux monétaire et financier qui s'annonce, nous discuterons finalement de la nécessité pour les pays de la zone franc CFA de constituer un fonds souverain afin de faire face aux défis à venir.
Une question fondamentale qui se pose toujours en Afrique est : comment gagner de l'argent et nourrir une population sans cesse en croissance ? En d'autres termes, comment lutter contre la misère au quotidien ? Telles sont les préoccupations majeures de nos pays pauvres africains. Au même moment d'autres se demandent comment et où placer les fonds mirobolants à leur disposition, ces énormes réserves d'argent appelées fonds souverains.
Que sont les fonds souverains et quelle est leur source?
Le monde de la finance internationale connaît depuis des années les fonds de pensions (Pensions Funds), les fonds de capital investissement (Private Equity Funds) et les fonds de gestion alternative qu'on appelle aussi
Hedge Funds. Après la crise financière qui a secoué l'Asie de l'est à partir de 1997 suite à une spéculation sauvage, le paysage financier international a vu un changement substantiel avec l'utilisation accrue des fonds souverains, une résultante de la politique d'accumulation de réserves de change.
Ces fonds d'investissement, beaucoup plus importants en termes de liquidité que la première catégorie de fonds citées plus haut, sont créés à partir des surplus des réserves de change et des excédents de la balances des paiements des Etats.
En effet, la stratégie des pays émergents d'Asie a été toute simple : accroître leur poids dans le commerce international et ainsi accumuler des réserves de devises qui sont amplifiées par une gestion stratégique de la politique des taux de change faibles. Jusqu'à présent cette stratégie est toute réussie. Par exemple, la Chine qui combine une politique des taux de change faible et un modèle de promotion des exportations a connu une croissance soutenue à l'image de l'Inde. Les pays producteurs de pétrole ont aussi créé d'énormes excédents commerciaux en profitant de la hausse des cours du brut.
La manne financière ainsi recueillie permet, non seulement de soutenir une politique efficace des taux de change mais sert aussi de source d'investissement indéniable. Les fonds souverains, puisque c'est de cela qu'il s'agit, représentent une partie de cette richesse que les pays détenteurs dédient à fructifier les liquidités publiques qui ne sont pas destinées à l'investissement intérieur. Les fonds souverains, estimés en 2008 à environ 2.000 milliards de dollars (soit 1 millions de milliards de franc CFA), pourraient atteindre 15.000 milliards d'ici dix ans selon Morgan Stanley.
Les principaux fonds souverains sont en ce moment la cible d'une économie mondiale en pleine crise. La recapitalisation des plus grosses structures bancaires et financières semble sujette à l'apport de ce bras armé financier d'Etat. Ainsi le fonds chinois, (China Investment Corporation), détient une part du capital de la banque suisse UBS. Même la compagnie pétrolière Française n'échappe pas à son champ d'action. Des fonds du golf, en l'occurrence DIC et QIA respectivement de Dubaï et du Qatar sont propriétaires d'une part importante de la bourse de Londres, le poumon de la finance britannique.
Le fonds Temaesk de Singapour prête ses avoirs à la banque d'investissement Merrill Lynch, le géant américain Citigroup est dans le collimateur des géants du golf avec par exemple l'apport du fonds Abu Dhabi Investment Authority (ADIA).
Cette montée en puissance des fonds souverains non seulement au c?ur de la finance mondiale mais aussi des secteurs stratégiques tels l'énergie et la défense avec par exemple la présence du fonds de Dubaï dans le capital du premier groupe de défense en Europe et deuxième au monde, EADS est une source d'inquiétude permanente pour les pays occidentaux. Certains analystes iront jusqu'à comparer la stratégie chinoise de manipulation de son fonds d'Investissement, comme pur produit de l'art de la guerre de Sun Tzu, un ouvrage militaire à la base et qui fait désormais école dans certaines entreprises.
L'art de la guerre de Sun Tzu où l'art de gagner la guerre sans combat.
L'utilisation optimale de l'information, la capacité à faire preuve d'une bonne tactique et d'intelligence couplée par la recherche de la meilleure adaptation sont la clé pour le fin stratège pour venir à bout de l'ennemi sans affrontement direct. Et le bon stratège sait être imprévisible et rapide. C'est en substance ce que nous retenons de cet ouvrage militaire d'origine chinoise, l'art de la guerre de Sun Tzu.
En effet, au même titre que, par exemple, des pays comme la Côte d'Ivoire, se battent au quotidien pour conserver une main sur leur secteur de l'énergie et/ou de la télécommunication ; les pays occidentaux sont inquiets de voir leurs secteurs stratégiques passer sous le contrôle de potentiels concurrents étrangers, tels que les détenteurs des fonds souverains. A ce titre l'art de la guerre du Sun Tzu qui, dit-on, reflète la stratégie chinoise dans la manipulation de ses fonds souverains face à l'étranger, présente dès lors une lecture adéquate de la compétition présente et à venir dans les secteurs économiques stratégiques.
Au moment où nous écrivons, le monde des pays les plus industrialisés et certains pays émergeants se préparent pour une réunion qui devrait trouver une réponse effective à la crise. Le monde occidental sait que les fonds souverains sont la clé d'une lutte effective contre la crise financière mondiale. A ce titre, depuis Paris jusqu'à Washington en passant par Berlin et Londres, on s'active pour faire intervenir les fonds souverains dans la résolution de la crise financière mondiale tout en essayant de protéger les secteurs économiques clés contre ceux que certains considèrent comme des prédateurs. En ce moment même des têtes pensantes de l'économie en occident sont à pied d'?uvre pour établir des règles dans ce sens. Une probable stratégie se résumerait à demander à la Chine et aux pays du Golf d'injecter une importante part de leurs énormes réserves de devises dans les caisses du Fonds Monétaire International (FMI) qui, à son tour, interviendrait directement pour soutenir le système financier international, de cette façon le contrôle de leurs biens échapperait aux propriétaires des fonds souverains. Comme le monde change ! Hier la Chine faisait partie de la longue liste des pays pauvres, aujourd'hui ce pays est pourvoyeur de fonds. Mieux, la chine est devenu est acteur clé, les critiques concernant les droits de l'Homme ne se font même plus entendre, sur le plan politique, il est évident que la Chine a gagné du respect. Voyez vous combien le pouvoir financier peut conquérir le pouvoir politique ! L'art de la guerre du Sun Tzu est en train de triompher devrait-on dire ?
Quel enseignement tiré pour les pays de la zone franc CFA ?
La zone franc CFA, ce sont 14 pays en Afrique sub-saharienne, deux banques centrales. La zone franc CFA est donc en soit une force économique vu sa population et ses diverses richesses mais c'est aussi une zone qui manque de discipline et d'unité là où la stratégie chinoise préconise de la doctrine et le commandement unique. Une chance de nos pays africains de cette zone, de faire partie de la clase de ceux qui gagnent serait nettement certaine s'ils utilisaient une partie de leur richesse pour constituer un bras armé financier comme le préconisait le président Gbagbo il y a peu. Cela est certes une très belle idée mais on ne saurait occulter la réalité des économies africaines déjà moribondes avant le début de la crise financière mondiale. Ceci nous amène à considérer d'autres principes de la stratégie chinoise très productive.
En effet, l'art de la guerre de Sun Tzu préconise la connaissance parfaite du temps en ce sens que quand l'ennemi en face est très puissant et plus fort que soit, il faut toujours éviter un affrontement direct. Là où d'autres préconisent de reculer jusqu'à ce que la force en face faiblisse, Sun Tzu va plus loin en conseillant de cacher avec une extrême attention l'état dans lequel on se trouvera.
Pour preuve, la Chine est passé du statut de pays pauvre, laissant apparaître pendant des années une image trompeuse de sa préparation effective, à celui de pays émergeant riche avec des parts de son fonds dans des secteurs stratégiques en occident. Les Africains lisent bien le temps et savent très bien que la position d'assistés dans la quelle ils sont restés depuis des décennies et à juste titre, vu la force en face, doit prendre fin.
Parmi les raisons qui militent dans ce sens, notons les signes de faiblesse que montrent les pouvoirs d'en face. L'ennemi s'est dévoilé et le moment est venu d'agir en toute intelligence, avec précision et efficacité. Il est vrai que la construction d'un fonds souverain demande la capacité de mobilisation d'énormes de réserves et d'excédents commerciaux, cela équivaut essentiellement à être capable non seulement de compter sur le plan international en termes de commerce extérieur mais aussi de maîtriser parfaitement sa politique monétaire afin de manipuler à son aise le taux de change. Ce dernier élément contenant le pouvoir de gonfler le fonds souverain aussi bien en quantité qu'en qualité à travers la régulation des taux de change à son profit.
Comment construire le fonds souverain en zone franc CFA ?
La zone franc CFA s'étent sur 14 pays depuis l'Afrique sub-saharienne jusqu'à certains pays d'Afrique centrale et les Comores. Il est vrai que tous ces pays sont exportateurs de matières premières. Seulement voilà, quand ce ne sont pas des contrats de dupes qui les lient aux groupes pétroliers, ils sont obligés de reverser plus de la moitiés de leur richesse issue du commerce extérieur au trésor français. Pire, le monde entier traverse une crise financière qui à coup sûr, tirera l'économie réelle vers le bas. Dans ces conditions, les pays de la zone franc CFA sont loin de pouvoir utiliser le pouvoir colossal des fonds souverains. Alors comment est-il possible de changer la donne ? La crise financière internationale est certes une occasion de chute de nos économies vu la prochaine baisse de la demande de matières premières d'une part et la fonte probable de l'aide au développement d'autre part, mais cette mauvaise posture mondiale pourrait être le lieu d'élever la voix et revendiquer son droit le plus absolu en terme d'indépendance économique.
En effet, la crise financière mondiale a montré que même les économies occidentales qui semblaient avoir construit sur du rocher, sont vulnérables. Mieux, il est démontré par la même occasion que disposer de réserves suffisantes et d'excédents de devises est une source évidente de lutte contre les effets néfaste de la crise. Cette preuve est rendue concrète et palpable à travers le mouvement des têtes dirigeantes des pays industrialisés qui cherchent soutien auprès des fonds souverains du golf et de la Chine. Quand on sait que ces fonds sont le fruit d'une politique des taux de change faible par exemple pour le cas de la Chine et d'excédents commerciaux provenant de l'exportation de pétrole pour ce qui concerne les pays du golf ; il n'est pas inutile de revendiquer son droit de bénéficier des retombées de son commerce extérieur et surtout le droit de conduire une politique monétaire autonome. Imaginons un instant que l'Afrique de la zone franc CFA crée un fonds souverain avec essentiellement les 65% de leur réserves en devises, qui servent en ce moment de coût pour une soi-disant garantie de convertibilité internationale de sa monnaie par le trésor français. Cette manne très importante pourrait servir à financer l'autosuffisance alimentaire sans aucun problème comme l'a fait l'Indonésie. Nous disons que le fruit est mûr, les causes d'une autonomie économique ont été créées et les effets ne peuvent que se manifester. Il n'est plus besoin de courage pour passer à l'action attendue par des millions d'âmes car la crise qui secoue le monde entier en a planté le décor. Refuser aux pays africains le droit d'utiliser leur richesse pour nourrir leur peuple serait tout simplement immoral. Les tribunes pour une telle revendication ne manquent pas surtout que les bénéfices d'une telle action sont insoupçonnés.
L'art de la guerre de Sun Tzu mentionne et je cite : Considérez qu'avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez leur insuffisance. Combien celui qui n'en fait point a peu de chances de gagner ! C'est grâce à cette méthode que j'examine la situation et l'issue apparaîtra clairement. La Chine a mis ainsi en branle ses champions de la finance et certains experts recrutés à travers le monde entier pour s'assurer de sa force.
Le temps qui est passé a vu la formation de nombreuses intelligences africaines dans tous les domaines de la finance et de l'économie. Le Cameroun, La Côte d'Ivoire, le Tchad et le Gabon produisent du pétrole, le minerai ne maque pas. Les pays africains de la zone franc CFA dispose ainsi non seulement de la matière grise mais aussi des ressources pour garantir leur place dans le commerce international. Ils ont donc la capacité de créer aisément un fonds souverain pourvu qu'ils y mettent un peu de discipline et d'unité.
L'art de la guerre de Sun Tzu poursuit en argumentant que si l'armée ennemie a une mesure de grain dans son camp, ayez-en vingt dans le vôtre.
A ce propos, il n'y a pas un seul pays sous le soleil qui rivalise avec la chine en termes de quantité et de qualité de devises étrangères. Ainsi, le fonds souverain chinois dispose aujourd'hui de plus de 1.300 milliards de dollars, de quoi recapitaliser toutes les grosses banques à travers l'occident. Voilà où le bon sens de nos autorités pourrait nous mener.
Pour finir permettez nous de mentionner une dernière réflexion de Sun Tzu : Si vous faites exactement ce que je viens de vous indiquer, les succès accompagneront tous vos pas, partout vous serez vainqueur, vous engagerez la vie de vos soldats, vous affermirez votre pays dans ses anciennes possessions, vous lui en procurerez de nouvelles, vous augmenterez la splendeur et la gloire de l'Etat, et le prince ainsi que les sujets vous seront redevables de la douce tranquillité dans laquelle ils couleront désormais leurs jours.
Sans commentaire !
Fait à Londres Gohou Ferdinand Danon g.danon@hotmail.co.uk Tel : +44 7529454271
Au-delà de cette menace effective en terme de croissance négative et ses corollaires, nous revenons pour montrer combien cette mauvaise passe peut être aussi source de prise de conscience effective qui donnerait, sans aucun doute, aux pays de la zone franc CFA, une réelle chance d'indépendance économique car, les causes nécessaires sont réunies pour gagner la guerre sans combat.
Dans les lignes qui suivent, nous présenterons d'abord le phénomène des fonds souverains et leur rôle dans la résolution de la crise financière mondiale avant de rappeler la stratégie chinoise en termes de politique économique et financière qui, dit-on, prend sa source dans l'art de la guerre de Sun Tzu. Un ouvrage militaire. A la lumière de cette analyse et de l'inévitable réforme des systèmes internationaux monétaire et financier qui s'annonce, nous discuterons finalement de la nécessité pour les pays de la zone franc CFA de constituer un fonds souverain afin de faire face aux défis à venir.
Une question fondamentale qui se pose toujours en Afrique est : comment gagner de l'argent et nourrir une population sans cesse en croissance ? En d'autres termes, comment lutter contre la misère au quotidien ? Telles sont les préoccupations majeures de nos pays pauvres africains. Au même moment d'autres se demandent comment et où placer les fonds mirobolants à leur disposition, ces énormes réserves d'argent appelées fonds souverains.
Que sont les fonds souverains et quelle est leur source?
Le monde de la finance internationale connaît depuis des années les fonds de pensions (Pensions Funds), les fonds de capital investissement (Private Equity Funds) et les fonds de gestion alternative qu'on appelle aussi
Hedge Funds. Après la crise financière qui a secoué l'Asie de l'est à partir de 1997 suite à une spéculation sauvage, le paysage financier international a vu un changement substantiel avec l'utilisation accrue des fonds souverains, une résultante de la politique d'accumulation de réserves de change.
Ces fonds d'investissement, beaucoup plus importants en termes de liquidité que la première catégorie de fonds citées plus haut, sont créés à partir des surplus des réserves de change et des excédents de la balances des paiements des Etats.
En effet, la stratégie des pays émergents d'Asie a été toute simple : accroître leur poids dans le commerce international et ainsi accumuler des réserves de devises qui sont amplifiées par une gestion stratégique de la politique des taux de change faibles. Jusqu'à présent cette stratégie est toute réussie. Par exemple, la Chine qui combine une politique des taux de change faible et un modèle de promotion des exportations a connu une croissance soutenue à l'image de l'Inde. Les pays producteurs de pétrole ont aussi créé d'énormes excédents commerciaux en profitant de la hausse des cours du brut.
La manne financière ainsi recueillie permet, non seulement de soutenir une politique efficace des taux de change mais sert aussi de source d'investissement indéniable. Les fonds souverains, puisque c'est de cela qu'il s'agit, représentent une partie de cette richesse que les pays détenteurs dédient à fructifier les liquidités publiques qui ne sont pas destinées à l'investissement intérieur. Les fonds souverains, estimés en 2008 à environ 2.000 milliards de dollars (soit 1 millions de milliards de franc CFA), pourraient atteindre 15.000 milliards d'ici dix ans selon Morgan Stanley.
Les principaux fonds souverains sont en ce moment la cible d'une économie mondiale en pleine crise. La recapitalisation des plus grosses structures bancaires et financières semble sujette à l'apport de ce bras armé financier d'Etat. Ainsi le fonds chinois, (China Investment Corporation), détient une part du capital de la banque suisse UBS. Même la compagnie pétrolière Française n'échappe pas à son champ d'action. Des fonds du golf, en l'occurrence DIC et QIA respectivement de Dubaï et du Qatar sont propriétaires d'une part importante de la bourse de Londres, le poumon de la finance britannique.
Le fonds Temaesk de Singapour prête ses avoirs à la banque d'investissement Merrill Lynch, le géant américain Citigroup est dans le collimateur des géants du golf avec par exemple l'apport du fonds Abu Dhabi Investment Authority (ADIA).
Cette montée en puissance des fonds souverains non seulement au c?ur de la finance mondiale mais aussi des secteurs stratégiques tels l'énergie et la défense avec par exemple la présence du fonds de Dubaï dans le capital du premier groupe de défense en Europe et deuxième au monde, EADS est une source d'inquiétude permanente pour les pays occidentaux. Certains analystes iront jusqu'à comparer la stratégie chinoise de manipulation de son fonds d'Investissement, comme pur produit de l'art de la guerre de Sun Tzu, un ouvrage militaire à la base et qui fait désormais école dans certaines entreprises.
L'art de la guerre de Sun Tzu où l'art de gagner la guerre sans combat.
L'utilisation optimale de l'information, la capacité à faire preuve d'une bonne tactique et d'intelligence couplée par la recherche de la meilleure adaptation sont la clé pour le fin stratège pour venir à bout de l'ennemi sans affrontement direct. Et le bon stratège sait être imprévisible et rapide. C'est en substance ce que nous retenons de cet ouvrage militaire d'origine chinoise, l'art de la guerre de Sun Tzu.
En effet, au même titre que, par exemple, des pays comme la Côte d'Ivoire, se battent au quotidien pour conserver une main sur leur secteur de l'énergie et/ou de la télécommunication ; les pays occidentaux sont inquiets de voir leurs secteurs stratégiques passer sous le contrôle de potentiels concurrents étrangers, tels que les détenteurs des fonds souverains. A ce titre l'art de la guerre du Sun Tzu qui, dit-on, reflète la stratégie chinoise dans la manipulation de ses fonds souverains face à l'étranger, présente dès lors une lecture adéquate de la compétition présente et à venir dans les secteurs économiques stratégiques.
Au moment où nous écrivons, le monde des pays les plus industrialisés et certains pays émergeants se préparent pour une réunion qui devrait trouver une réponse effective à la crise. Le monde occidental sait que les fonds souverains sont la clé d'une lutte effective contre la crise financière mondiale. A ce titre, depuis Paris jusqu'à Washington en passant par Berlin et Londres, on s'active pour faire intervenir les fonds souverains dans la résolution de la crise financière mondiale tout en essayant de protéger les secteurs économiques clés contre ceux que certains considèrent comme des prédateurs. En ce moment même des têtes pensantes de l'économie en occident sont à pied d'?uvre pour établir des règles dans ce sens. Une probable stratégie se résumerait à demander à la Chine et aux pays du Golf d'injecter une importante part de leurs énormes réserves de devises dans les caisses du Fonds Monétaire International (FMI) qui, à son tour, interviendrait directement pour soutenir le système financier international, de cette façon le contrôle de leurs biens échapperait aux propriétaires des fonds souverains. Comme le monde change ! Hier la Chine faisait partie de la longue liste des pays pauvres, aujourd'hui ce pays est pourvoyeur de fonds. Mieux, la chine est devenu est acteur clé, les critiques concernant les droits de l'Homme ne se font même plus entendre, sur le plan politique, il est évident que la Chine a gagné du respect. Voyez vous combien le pouvoir financier peut conquérir le pouvoir politique ! L'art de la guerre du Sun Tzu est en train de triompher devrait-on dire ?
Quel enseignement tiré pour les pays de la zone franc CFA ?
La zone franc CFA, ce sont 14 pays en Afrique sub-saharienne, deux banques centrales. La zone franc CFA est donc en soit une force économique vu sa population et ses diverses richesses mais c'est aussi une zone qui manque de discipline et d'unité là où la stratégie chinoise préconise de la doctrine et le commandement unique. Une chance de nos pays africains de cette zone, de faire partie de la clase de ceux qui gagnent serait nettement certaine s'ils utilisaient une partie de leur richesse pour constituer un bras armé financier comme le préconisait le président Gbagbo il y a peu. Cela est certes une très belle idée mais on ne saurait occulter la réalité des économies africaines déjà moribondes avant le début de la crise financière mondiale. Ceci nous amène à considérer d'autres principes de la stratégie chinoise très productive.
En effet, l'art de la guerre de Sun Tzu préconise la connaissance parfaite du temps en ce sens que quand l'ennemi en face est très puissant et plus fort que soit, il faut toujours éviter un affrontement direct. Là où d'autres préconisent de reculer jusqu'à ce que la force en face faiblisse, Sun Tzu va plus loin en conseillant de cacher avec une extrême attention l'état dans lequel on se trouvera.
Pour preuve, la Chine est passé du statut de pays pauvre, laissant apparaître pendant des années une image trompeuse de sa préparation effective, à celui de pays émergeant riche avec des parts de son fonds dans des secteurs stratégiques en occident. Les Africains lisent bien le temps et savent très bien que la position d'assistés dans la quelle ils sont restés depuis des décennies et à juste titre, vu la force en face, doit prendre fin.
Parmi les raisons qui militent dans ce sens, notons les signes de faiblesse que montrent les pouvoirs d'en face. L'ennemi s'est dévoilé et le moment est venu d'agir en toute intelligence, avec précision et efficacité. Il est vrai que la construction d'un fonds souverain demande la capacité de mobilisation d'énormes de réserves et d'excédents commerciaux, cela équivaut essentiellement à être capable non seulement de compter sur le plan international en termes de commerce extérieur mais aussi de maîtriser parfaitement sa politique monétaire afin de manipuler à son aise le taux de change. Ce dernier élément contenant le pouvoir de gonfler le fonds souverain aussi bien en quantité qu'en qualité à travers la régulation des taux de change à son profit.
Comment construire le fonds souverain en zone franc CFA ?
La zone franc CFA s'étent sur 14 pays depuis l'Afrique sub-saharienne jusqu'à certains pays d'Afrique centrale et les Comores. Il est vrai que tous ces pays sont exportateurs de matières premières. Seulement voilà, quand ce ne sont pas des contrats de dupes qui les lient aux groupes pétroliers, ils sont obligés de reverser plus de la moitiés de leur richesse issue du commerce extérieur au trésor français. Pire, le monde entier traverse une crise financière qui à coup sûr, tirera l'économie réelle vers le bas. Dans ces conditions, les pays de la zone franc CFA sont loin de pouvoir utiliser le pouvoir colossal des fonds souverains. Alors comment est-il possible de changer la donne ? La crise financière internationale est certes une occasion de chute de nos économies vu la prochaine baisse de la demande de matières premières d'une part et la fonte probable de l'aide au développement d'autre part, mais cette mauvaise posture mondiale pourrait être le lieu d'élever la voix et revendiquer son droit le plus absolu en terme d'indépendance économique.
En effet, la crise financière mondiale a montré que même les économies occidentales qui semblaient avoir construit sur du rocher, sont vulnérables. Mieux, il est démontré par la même occasion que disposer de réserves suffisantes et d'excédents de devises est une source évidente de lutte contre les effets néfaste de la crise. Cette preuve est rendue concrète et palpable à travers le mouvement des têtes dirigeantes des pays industrialisés qui cherchent soutien auprès des fonds souverains du golf et de la Chine. Quand on sait que ces fonds sont le fruit d'une politique des taux de change faible par exemple pour le cas de la Chine et d'excédents commerciaux provenant de l'exportation de pétrole pour ce qui concerne les pays du golf ; il n'est pas inutile de revendiquer son droit de bénéficier des retombées de son commerce extérieur et surtout le droit de conduire une politique monétaire autonome. Imaginons un instant que l'Afrique de la zone franc CFA crée un fonds souverain avec essentiellement les 65% de leur réserves en devises, qui servent en ce moment de coût pour une soi-disant garantie de convertibilité internationale de sa monnaie par le trésor français. Cette manne très importante pourrait servir à financer l'autosuffisance alimentaire sans aucun problème comme l'a fait l'Indonésie. Nous disons que le fruit est mûr, les causes d'une autonomie économique ont été créées et les effets ne peuvent que se manifester. Il n'est plus besoin de courage pour passer à l'action attendue par des millions d'âmes car la crise qui secoue le monde entier en a planté le décor. Refuser aux pays africains le droit d'utiliser leur richesse pour nourrir leur peuple serait tout simplement immoral. Les tribunes pour une telle revendication ne manquent pas surtout que les bénéfices d'une telle action sont insoupçonnés.
L'art de la guerre de Sun Tzu mentionne et je cite : Considérez qu'avec de nombreux calculs on peut remporter la victoire, redoutez leur insuffisance. Combien celui qui n'en fait point a peu de chances de gagner ! C'est grâce à cette méthode que j'examine la situation et l'issue apparaîtra clairement. La Chine a mis ainsi en branle ses champions de la finance et certains experts recrutés à travers le monde entier pour s'assurer de sa force.
Le temps qui est passé a vu la formation de nombreuses intelligences africaines dans tous les domaines de la finance et de l'économie. Le Cameroun, La Côte d'Ivoire, le Tchad et le Gabon produisent du pétrole, le minerai ne maque pas. Les pays africains de la zone franc CFA dispose ainsi non seulement de la matière grise mais aussi des ressources pour garantir leur place dans le commerce international. Ils ont donc la capacité de créer aisément un fonds souverain pourvu qu'ils y mettent un peu de discipline et d'unité.
L'art de la guerre de Sun Tzu poursuit en argumentant que si l'armée ennemie a une mesure de grain dans son camp, ayez-en vingt dans le vôtre.
A ce propos, il n'y a pas un seul pays sous le soleil qui rivalise avec la chine en termes de quantité et de qualité de devises étrangères. Ainsi, le fonds souverain chinois dispose aujourd'hui de plus de 1.300 milliards de dollars, de quoi recapitaliser toutes les grosses banques à travers l'occident. Voilà où le bon sens de nos autorités pourrait nous mener.
Pour finir permettez nous de mentionner une dernière réflexion de Sun Tzu : Si vous faites exactement ce que je viens de vous indiquer, les succès accompagneront tous vos pas, partout vous serez vainqueur, vous engagerez la vie de vos soldats, vous affermirez votre pays dans ses anciennes possessions, vous lui en procurerez de nouvelles, vous augmenterez la splendeur et la gloire de l'Etat, et le prince ainsi que les sujets vous seront redevables de la douce tranquillité dans laquelle ils couleront désormais leurs jours.
Sans commentaire !
Fait à Londres Gohou Ferdinand Danon g.danon@hotmail.co.uk Tel : +44 7529454271