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France : Sarkozy et Royal déploient leur stratégie au Centre

Créer un front anti-Sarkozy? du côté de la socialiste Ségolène Royal, recentrer le discours pour Nicolas Sarkozy: les finalistes de la présidentielle française affinaient déjà lundi leur stratégie pour attirer les voix du centre indispensables à la victoire finale.
L'enjeu pour M. Sarkozy (31% des voix), déjà installé comme favori du second tour, comme pour Mme Royal (près de 26%), consiste à séduire les électeurs du centriste François Bayrou (18,55%), en position d'arbitre. Et ce sans donner l'impression de se livrer à des tractations en coulisses ou de changer totalement de discours entre les deux tours. Dès lundi matin, le parti UMP de M. Sarkozy s'est doté d'?un pôle centriste? et même d'un pôle de gauche? animé par l'ancien conseiller économique du PS Eric Besson, qui a démissionné avec fracas en pleine campagne en dénonçant l'amateurisme? de Ségolène Royal. Et les appels du pieds du camp Sarkozy à François Bayrou se multiplient: le ministre de l'emploi Jean-Louis Borloo, centriste d'origine, a ainsi jugé lundi indispensable? que l'UDF de M. Bayrou soit représentée massivement? dans le prochain gouvernement.
Si l'on s'en tient aux chiffres, M. Sarkozy dispose d'un avantage très net? pour le second tour du 6 mai, dit Frédéric Dabi de l'institut Ifop, résumant l'avis des sondeurs. Unanimes, cinq instituts de sondages le donnent gagnant, avec de 52 à 54% des voix contre 46-48% à Ségolène Royal. Et il peut compter sur le report d'une grande partie des voix d'extrême droite de Jean-Marie Le Pen (dont le score est d'environ 10%) après en avoir déjà capté quelque 30% au 1er tour, selon les analystes. Mathématiquement, Nicolas Sarkozy a donc besoin de plus d'un tiers voix du centriste François Bayrou, qui n'a pas encore donné de consigne de vote, mais devrait s'exprimer mercredi. Au-delà des chiffres, la personnalité des candidats comptera énormément dans le choix? des électeurs, prédit pour sa part Roland Cayrol, directeur de l'institut CSA. D'où le ton rassembleur? adopté dès dimanche soir par Nicolas Sarkozy, qui a affiché sa volonté de protéger tous les Français?. C'est aussi une façon de répondre à la stratégie du camp socialiste : tout sauf Sarkozy?. Soulagés d'avoir éviter l'élimination comme en 2002, le Parti de Mme Royal veut mettre en avant l'image d'un Sarkozy dangereux? selon lui qui effraie certains électeurs du centre, en raison notamment de son discours musclé sur l'immigration et sur la délinquance.
Beaucoup d'électeurs qui se sont prononcés pour François Bayrou voulaient battre Nicolas Sarkozy?, a affirmé lundi le numéro un du PS François Hollande, compagnon de Ségolène Royal. Mais il faut que la victoire au deuxième tour ne soit pas construite uniquement sur un rejet de Nicolas Sarkozy, mais sur une volonté de changement?, a aussi mis en garde l'un des poids lourds du PS Dominique Strauss-Kahn. L'ex-Premier ministre Michel Rocard qui avait appelé, en vain, à une alliance PS-UDF avant le premier tour, lui a emboîté le pas. Le PS et l'UDF peuvent se retrouver sur beaucoup? de thèmes: l'Europe, le champ social, les institutions de notre République?, a-t-il dit(...)
AFP

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