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Contrôle routier : Où passe l`argent des convois économiques

Du 1er au 19 Janvier 2005, s'est tenu à Grand-Bassam un séminaire sur la réglementation des opérations de contrôle routier, dont les résolutions ont fait l'objet d'une large diffusion dans la presse. De hauts responsables de nos Forces de défense et de sécurité se sont succédé tant à la radio qu'à la télévision pour prôner un nouvel état d'esprit au sein de nos corps habillés pour les stigmatiser à mettre un terme à leur comportement qui n'honore ni leur corporation, ni le Pays.
Des circulaires émanant de l'Etat-major des Forces Armées ont été envoyées à toutes les unités, des messages ont été transmis par le Commandement Supérieur de la Gendarmerie pour mettre en garde tout agent continuant de se livrer au racket sur nos routes et dans les agglomérations.
Malheureusement, force a été de constater que toutes les résolutions et décisions prises sans conviction au sommet de la hiérarchie militaire et répercutées aux FDS sont restées lettre morte depuis cette date jusqu'à aujourd'hui, où une nouvelle expérience est tentée.
Devant l'incapacité de la hiérarchie militaire à faire respecter les décisions, en raison probablement de l'environnement de guerre, non propice à des sanctions (!), il a été décidé de mettre sur pied les CONVOIS ECONOMIQUES ET HUMANITAIRES pour convoyer les marchandises et les humains d'un point à un autre, par des FDS désignés par la hiérarchie. Ces convois, tout en permettant d'éviter le racket des FDS, réglaient le problème de la fluidité routière par la réduction du temps de parcours,
contre paiement d'un macaron à coller sur le pare-brise
Organisation de 1'ACM
Pour gérer, coordonner et diriger toute cette opération de mise en place des convois sur l'étendue du territoire, sauf en zone CNO, un centre opérationnel interarmes (COTA) fut mis en place, remplacé rapidement par l'ACM (Cellule des Affaires Civilo-Militaires), dont le rôle était d'affecter spécialement des éléments des FDS à cette tâche particulière.
Aujourd'hui, il semble que l'on parle de CPCO. Cela change tout le temps.
Le rôle de ces agents était surtout de collecter les paiements des macarons, de les établir, les distribuer, de repartir les quote-part des autres corps de métier locaux (police, douane, eaux et forets, peloton mobile, préfets et sous-préfets) et de transférer le reliquat à l'ACM.
Une organisation mise en place pour "pomper de l'argent" qui fonctionnait parfaitement!!
Importance des ressources
A titre d'exemple, d'Octobre 2004 à Avril 2005, au cours de la campagne café-cacao, 4.230 véhicules ont été convoyés par l'ACM sur l'unique axe SOUBRE-SAN-PEDRO, compte non tenu des camions humanitaires ou chargés de marchandises diverses ayant recours à l'ACM
A raison de 20.000 FCFA par camion, cela fait 84.600.000 FCFA qui sont encaissés sur ce seul axe SOUBRE-SAN-PEDRO pour la campagne café- cacao 2004/2005, soit une moyenne mensuelle de 12 millions de FCFA
Des centaines de camions, semi-remorques en partance pour le BURKINA, le MALI, le NIGER, etc... ou en provenance de ces pays devaient soit prendre un macaron à YAMOUSSOUKRO pour descendre à ABIDJAN, soit prendre un macaron à ABIDJAN pour remonter au nord.
30 à 40% des montants, fixés par un message de l'Etat-major sont distribués aux FDS locales et aux autorités administratives (Préfets et sous-préfets), le reste est convoyé directement à la cellule ACM logée à l'Etat-major à ABIDJAN
De SOUBRE, GUIGLO, ABENGOUROU, DALOA, etc.... dans toute la zone loyaliste, d'est en ouest, de YAMOUSSOUKROU à ABIDJAN, ou d'ABIDJAN à YAMOUSSOUKROU, des convois économiques escortés par des FDS partent dans tous les sens contre paiement d'un macaron.
Des sociétés se sont organisées, et sont agréés par I'ACM, pour pratiquer cette activité, et servir de collecteur au représentant local à qui elles rendent compte, et versent des montants fixés d'avance par camion. Toutes les fins de mois, cet argent est transféré à Abidjan à la Cellule ACM.
Bilan financier
Ce sont des centaines de millions de Francs CFA, voire des milliards, qui, depuis l'année 2005 jusqu'à ce jour, sont manipulés par la cellule ACM.
C'est de l'argent public, et le chef d'Etat-major doit rendre compte à la Nation
A quoi cet argent a-t-il servi ? Une comptabilité claire est-elle tenue? Aujourd'hui, où un vent d'honnêteté, et de probité souffle sur le pays, où le racket et la corruption sont combattus avec vigueur, le Général MANGOU doit rendre compte de cette gestion de fait.
Nul n'est au-dessus de la loi.
Nous attendons.
MAMBE MEL VICTOR

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