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Plusieurs blessés à Yopougon, hier

Yopougon était en ébullition, hier. Des femmes, par centaines, ont manifesté bruyamment aux environs des marchés, de plusieurs quartiers de cette commune. La police a chargé, plusieurs blessés dont un par balle. Revenons sur cette journée chaude à Yopougon.
"Pendant que ses proches se sucrent sur le dos de nos souffrances et que lui sans scrupule et sans gène nargue les Ivoiriens en allant se pavaner à la rue n°1 de la prostitution, la rue princesse, Gbagbo a passé le seuil du tolérable. Et cela, nous ne pouvons laisser faire". Ces propos sont ceux d'un manifestant contre " la cherté de la vie " que nous avons rencontré, hier à Yopougon. M.Y.A, parmi les nombreuses femmes, à qui il a voulu exprimer son soutien, est très amer : "Il faut mettre fin à tout cela ". Dame R. Bernadette, quant à elle est très révoltée contre les forces de l'ordre qui, sans retenue aucune, ont violemment réprimé leur manifestation qu'elle qualifie de pacifique. " C'est nous les femmes qui faisons le marché pour nos hommes, nous savons les réalités. Tout est cher. Depuis longtemps, nous en parlons, mais c'est comme si nos dirigeants étaient sourds à nous souffrances. Nous en avons marre, trop c'est trop ". Nous poursuivons notre tour d'horizon toujours dans la commune de Yopougon dans les quartiers où les manifestations ont débuté et ont été très violemment réprimées. Dame K. Flore qui manifestait avec ses camarades de Yopougon Gesco, a même reçu une balle à l'épaule tirée par la police. Evacuée d'urgence au CHU de Yopougon, sa vie est sans danger. Parmi les blessés graves, il y M. K. Yopougon Gesco dans les encablures de la fourrière, et sur l'autre côté de la voie menant au corridor de Gesco. Niangon Nord et le carrefour Lubafrique sont les endroits de Yopougon où les femmes appuyées par des jeunes ont crié leur ras-le-bol face à la cherté de la vie. A travers des barricades,des pneus incendiés aux carrefours des artères principales des quartiers sus cités, les manifestants ont été violemment dispersés. De nombreuses personnes ont été blessées. Plusieurs centaines de personnes, en majorité des femmes, ont été dispersées à coups de grenades lacrymogènes lors de cette manifestation, contre la flambée des prix. Selon l'une des manifestantes dame Brou, " c'est une manifestation qui n'a pas été préparée. C'est spontanément que nous nous sommes retrouvées ici ". Poursuivant son propos, elle explique, "Tout a commencé vers 7h30 ce matin. C'est un petit groupe de femmes, pas très nombreuses, qui a commencé à manifester et quand nous avons su les raisons de leur manifestation, nous nous sommes jointes à elles parce que la cause nous concerne toutes. Le panier de la ménagère est devenu un petit sachet ". " Notre manifestation se déroulait sans problème lorsque des policiers de la BAE à bord d'un cargo ont chargé. Les foules, composées majoritairement de femmes, prises de panique se sont mises à courir dans tous les sens. Plusieurs d'entre elles sont tombées. Les policiers ont tiré à balles réelles sur les manifestantes ", soutient une autre dame. Jusqu'aux environs de 16h30 lorsque nous achevions notre dernier tour d'horizon, une autre manifestation à Niangon nord venait d'être réprimée. Des pneus encore en flammé et l'odeur du gaz lacrymogène attestaient la violence qui a eu lieu.
Jean Prisca

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