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Le Patriote
· 4 min de lecture

Ce que Mangou avait dit

() On parle de problème de primes. On relate des propos disant que le chef d'Etat-major et certains officiers prélèvent des pourcentages sur les primes. Et que nous confisquerions les primes des soldats. Il faut que nous apportions des précisions. Dire que le chef d'Etat-major est immensément riche, cela me fait sourire. Nous voulons rassurer les uns et les autres pour dire que le chef-d'Etat major n'est pas riche. Il n'a que sa solde et sa prime de commandement. Il ne manipule pas l'argent. Il ne voit pas l'argent des primes des éléments. Nous avons un comptable qui est monsieur Yapo qui perçoit les chèques. Il les remet au comptable des unités. Une fois le chèque touché, il ne passe pas à l'Etat-major. Ils vont directement vers les unités pour leur remettre leur argent. La prime est individuelle. Chacun perçoit individuellement sa prime. Il appose sa signature. D'où vient le fait que le chef d'Etat-major prend un pourcentage sur ces primes ? Suite aux écrits des journalistes disant que des ponctions étaient faits sur les primes, nous avons envoyé des messages pour demander aux uns et autres de ne pas toucher aux primes des soldats. Jusqu'à ce jour aucune plainte n'a été portée dans ce sens. ()

Grades FAFN :
Rien n'est encore réglé
On parle aussi des grades avec l'élévation de certains officiers au grade de général. Alors on dit que c'est parce que Wattao a mis les pieds sur l'esplanade de la présidence qu'il y a une reconnaissance de fait de son grade. Et qu'en compensation de cette action, on nous a attribué des grades. Je voudrais vous rassurer pour dire que la question des grades FAFN n'a pas encore eu de solution. Nous travaillons avec nos frères des Forces nouvelles dans le cadre de l'Accord politique de Ouagadougou. Ensemble, nous avons mis sur pied le Centre de commandement intégré. Et nous sommes en train de travailler avec eux dans ce cadre pour pacifier l'ex-zone de confiance, ramener la confiance au niveau des populations. Afin de permettre à tous ceux qui sont partis de leur localité, de les rejoindre. Le travail qui est mené sur le terrain est un travail satisfaisant. Et cela grâce aux différentes brigades qui ont été mises sur pied. Dans les contacts que nous avons avec eux, nous faisons en sorte que la confiance naisse. Pour que nous puissions travailler ensemble. Nous n'avons pas encore trouvé de solution concernant les grades. Nous attendons qu'on nous fasse des propositions. Une fois que nous aurons trouvé des solutions, elles seront portées à la connaissance de tout le monde. Pour le moment, nous n'avons pas discuté des problèmes de grades.

Mangou a-t-il été entendu ?
La crise des casernes continue de donner du tournis au régime de la refondation . Aussitôt rentré d'une tournée qui l'a conduit à Bouaké et l'Ouest du pays, le Général a engagé une course contre la montre pour tenter de faire baisser la tension dans les casernes. Ainsi, après le Bataillon d'infanterie d'Akouédo, le chef d'Etat-major a eu d'autres rencontres hier. A Akouédo, le Général s'est fondu en excuses devant ses subalternes (le jeu en valait la chandelle). Il a exprimé ses regrets face à la tournure que prennent les événements. Il a affirmé avoir commis des erreurs. En un mot, le Cema a fait son mea culpa devant les bidasses. Sans oublier de les rassurer que le chef de l'Etat se penchera incessamment, avec bienveillance, sur toutes leurs revendications. Après cette plaidoirie, est-il arrivé à convaincre ses interlocuteurs ? Visiblement que non, en témoignent les murmures des soldats qui ne semblent pas convaincus par le discours subitement paternaliste de leur Cema. Lui qui, une semaine plus tôt, leur avait tenu des propos d'une rare fermeté. Ainsi, juste après son intervention à Akouédo, des soldats n'ont pas manqué de parler de poudre aux yeux tendant à les amadouer et les détourner de leurs préoccupations fondamentales. En vérité, les bidasses n'entendent pas baisser la garde. Ils réclament toujours ce qu'ils ont appelé la prime de fin de guerre . Car, selon notre source, ils ne peuvent pas comprendre qu'on leur parle de sacrifice au moment où le budget de souveraineté du président de la République a doublé de 2002 à ce jour. Et que des proches du chef de l'Etat fassent fortune pendant cette guerre, vivent dans un luxe insolent, défiant toute morale. Aux yeux des soldats, une coterie de privilégiés s'en ait mis plein dans les poches et ont vu leur situation changer du jour au lendemain. C'est une injustice qu'ils entendent voir le chef suprême des armées corriger.

I .B. Kamagaté

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.