Interview - Konaté Sidiki :" Qu'on nous juge sur le processus "
Après les propos liminaires du porte-parole des Forces nouvelles, le ministre Konaté Sidiki a bien voulu répondre aux questions des journalistes.
M. le ministre, vous vous dites engagé avec les Forces nouvelles sur la voie de la paix. Mais vous venez de faire une déclaration de guerre. Comment a-t-on pu en arriver-là ?
Nous ne nous sommes pas dérobés. Nous avons clairement dit les choses. Lorsque je prends le Nouveau Réveil qui, chaque jour, s'entête forcément à démontrer qu'il y a un deal politique entre Forces nouvelles et camp présidentiel, je dis que nous n'avons pas de leçon à recevoir du ?'Nouveau Réveil'', encore moins du Pdci. Les Forces nouvelles disent clairement que si le Rdr et le Pdci se sont réconciliés dans ce pays, c'est que la réconciliation est possible. Parce que, n'oublions pas que Bédié est le père de l'ivoirité en Côte d'Ivoire, et que si l'on devait chercher les coupables de cette guerre, Bédié en est un. C'est justement cette situation qui a provoqué ce que nous savons. Aujourd'hui, pourquoi le ?'Nouveau Réveil'' et derrière lui, ceux qui se cachent voient d'un mauvais ?il que Guillaume Soro et Laurent Gbagbo fassent la paix : maintenant, si ces gens veulent d'une paix sans Laurent Gbagbo, qu'ils le disent et l'assument. Qu'ils retirent par exemple leurs ministres du gouvernement et qu'ils se retirent du processus politique. C'est ce qui serait courageux de leur part . Sinon, les attaques inutiles et injustifiées ne s'expliquent pas. Mais tout cela vise à créer la confusion. Nous avons décidé, de commun accord, et avec l'assentiment de tous les acteurs, de nous engager tous dans une voie de paix qui inclut tout le monde. (). Nous interpellons donc les acteurs politiques du Rhdp qui sont avec nous dans le G7 que nous ne trouvons pas loyal que leurs journaux s'attaquent inutilement aux Forces nouvelles. D'aucuns disent clairement que ce qui justifie toutes ces attaques, c'est le refus de voir Guillaume Soro assumer la primature. Si l'on s'accorde sur le fait que Guillaume Soro est l'autre acteur, signataire de tous les accords de paix, pourquoi ne devrait-il pas jouer ce rôle ? Nous attendons donc qu'on nous dise clairement ce qui dérange. Parce que nous avons besoin de tranquillité pour aller à l'application de cet accord. La Côte d'Ivoire a besoin de décrispation pour avancer dans ce processus. Nous ne pouvons plus nous accommoder d'attitudes hypocrites qui visent tout simplement à remettre en cause ce processus. Nous parlons aujourd'hui en tant que défenseurs d'un processus de paix qui nous engage et qui engage tous les acteurs. Nous l'avons fait hier et avant-hier.
Quelles explications donnez-vous à ces attaques contre le secrétaire général des Forces nouvelles, et qu'en est-il du deal dont on parle, entre vous et le camp présidentiel ?
Il n'y a aucune explication logique et rationnelle. Parce que la conception du dialogue direct ne s'est pas faite en dehors de quelqu'un. Elle s'est faite de façon transparente. Les Ivoiriens ont vu tous nos va-et-vient. Ils ont vu tous les efforts pour inclure tous les acteurs. Jusqu'à la formation du gouvernement. A partir de là, on n'attendait plus que l'engagement de tous derrière cet accord. Mais, si on en vient maintenant à remettre ledit accord en cause, nous disons qu'il y a des gens qui ont des problèmes avec la fonction de Guillaume Soro. Comme cela a été le cas en 2005. Mais, nous disons que Guillaume Soro constitue pour les Forces nouvelles le leader. En tant que l'un des acteurs principaux, il peut jouer tous les rôles dans ce pays. Il peut assumer pleinement le rôle de Premier ministre pour conduire la Côte d'Ivoire vers la sortie de crise. Le reste n'est que subjectivité. Que ceux qui doutent de la capacité de Guillaume Soro à conduire le pays à la paix, quittent les journaux et viennent courageusement dire au peuple que Guillaume Soro dérange à la primature. A partir de ce moment, nous aurons les moyens de répondre à ceux-ci. Mais, il faut que ce jeu de cache-cache prenne fin et qu'il faut que ces gens sortent de leur cachette pour dire pourquoi ils ont un problème avec la primature de Guillaume Soro.
S'agissant de deal, je dirais que le deal en lui-même est un arrangement. A partir du moment où deux acteurs qui ont des positions radicales au départ, se retrouvent, concilient leur position, c'est ce que nous appelons l'arrangement politique. Est-ce cet arrangement politique qui dérange ? Cela veut dire qu'on aurait souhaité maintenir la Côte d'Ivoire en l'état, maintenir la belligérance, et quelle aurait été la solution qu'on nous propose alors, pour sortir de l'impasse ? Nous ne voulons pas que le pays demeure dans l'impasse. Nous avons pris nos responsabilités, nous avons tout essayé et nous sommes arrivés à constater qu'il y avait un engagement à faire. Nous nous sommes engagés et aujourd'hui, la paix donne des fruits concrets sur le terrain. C'est ça le plus important. Le reste n'est que considération d'ordre précaire qui ne nous déstabilisera pas.
M. le ministre, est-ce que les revendications du Rhdp ont-elles été prises en compte à Ouagadougou ? Secundo, un cadre du Rdr, en la personne de Amadou Soumahoro disait qu'on ne peut pas faire des urines qui se transformeront en caïmans pour nous avaler. Ne pensez-vous pas que votre situation actuelle est gênante aux yeux des membres du Rhdp ?
Voyons ! Ces propos de M. Soumahoro nous les avons entendus. Mais il les a catégoriquement niés. Parce que quand la presse s'en est fait l'écho, nous avons eu l'obligation, avec tout le respect qu'on lui doit, d'aller lui demander s'il en était le responsable. Il nous a réaffirmé qu'il n'a jamais tenu ce genre de propos et qu'il ne voyait jamais les Forces nouvelles comme un caïman sortir d'urine. A partir de cela, le débat était clos. Donc, les Forces nouvelles ne sont pas des caïmans et ne sont sorties des urines de personne. Nous sommes tous témoins de l'évolution des choses. Vous avez vu tout se construire sur le terrain. Des hommes et des femmes se sont battus et qui continuent d'affronter les épreuves du terrain. Quant à la prise en compte des préoccupations du Rhdp, je dirais que tous au Rhdp ont donné leur caution à l'accord de Ouaga. Aucun des partis n'a dit qu'il était contre cet accord. Le seul qui s'y est essayé à un moment donné, c'était le président Bédié. Mais lorsqu'il a été rappelé à l'ordre, le débat a été clos (). Il faut donc éviter de mener des combats par procuration. Qu'on nous dise en face ce qu'on nous reproche. En un mois, voyez la stabilité et la décrispation que le Premier ministre a apportées au pays. Il a engagé des actions fortes. Le centre de commandement intégré est une réalité. A Bangolo, des populations ont dansé ; vous avez vu des soldats FN et Fanci côte à côte, se donner la main et décider ensemble d'aller sécuriser des populations sans tenir compte des zones. A côté de cela, il y a un gouvernement qui travaille et qui donne espoir. La preuve, les internationales commencent à voir la crédibilité de ce gouvernement. Et le Premier ministre organise un séminaire gouvernemental pour soumettre aux membres de ce gouvernement, une feuille de route. Mais nous savons que tous ceux qui se sont succédé n'ont pas pu établir une feuille de route en moins de trois ou quatre mois. Vous verrez que MM. Diara et Banny ont mis plus de temps à produire une feuille de route. En un mois déjà, le Premier ministre Soro a donné un gouvernement, une feuille de route. Il y a un cap, il y a des actions concrètes qui sont posées, il y a la décrispation et surtout la paix qui est en marche. Au contraire, l'on devrait encourager ses actions.
M le ministre, les choses vont très vite et les Ivoiriens s'interrogent
Quand le chef de l'Etat est rentré dans la zone de confiance depuis cinq ans, nous n'avons pas vu les populations fuir leurs villages. Quand les populations de Tiébissou ont vu le président arriver avec le Premier ministre, l'hystérie collective qui n'a pas été un geste manipulé mais spontané, doit interpeller. Parce que qui est le peuple en dehors de cette expression ? Quand vous allez à Yopougon, ces jeunes qui, hier, étaient sur le front de la lutte, ont décidé d'appuyer le processus de paix. Ne prenez pas en compte les observations des officines des partis politiques qui ont d'autres considérations en relation avec les populations. Je ne comprends vraiment pas. Quand les différents processus étaient lents, on disait que rien ne s'appliquait. Pour une fois qu'on va vite vers la paix, l'on trouve qu'on va vite et que c'est suspect. Tout ce que nous avons fait, l'a été dans le cadre d'un chronogramme.
M. le ministre, vous vous êtes interrogé sur ce que des membres du Rhdp reprochent à Soro. Et si l'on vous répondait que Soro a tué la 1721 en acceptant la Primature.
Mais, la 1721 est morte devant tous les Ivoiriens ici. Si elle avait marché, serions-nous partis à Ouaga ? Elle ne marchait plus. La preuve, des jeunes sont même descendus dans les rues ici. Le pays était bloqué. Le Premier ministre (Banny, ndlr) comme un fantôme exerçait mais n'avait aucun impact sur le processus. Le président était de son côté, les FN de leur côté et les Ivoiriens ne se portaient pas bien. Donc Ouaga est la conséquence logique de la mort de la 1721. Pour vous rassurer, nous sommes restés liés à l'esprit. L'identification, la question des armées a été traité dans l'accord de Ouaga. On est allé plus loin. En parlant des déplacés. Ce qui n'a jamais été le cas dans les autres accords () Il y a une volonté manifeste de saper l'image de Guillaume Soro, de le discréditer et d'espérer qu'au bout, une armée va se lever contre lui au nord. Rassurez-vous, les FN ont balisé le processus. Tant en arrière-plan qu'à Abidjan. Le séminaire gouvernemental qui a lieu ce mercredi permettra après au Premier ministre de situer de façon transparente les Ivoiriens sur sa feuille de route. Chacun aura alors tout le loisir de critiquer.
Jusqu'où êtes vous prêts à aller si ce que vous appelez l'hypocrisie continue ?
Nous sommes dans le processus en tant que Force nouvelles, si demain des gens qui ont officiellement été consultés, qui ont participé avec nous dans la mise en place d'un accord continuent de jouer à l'hypocrisie, est-ce qu'on est obligé de rester dans cette hypocrisie ?
Nous continuerons notre chemin. Ce n'est pas un chemin cavalier. Nous ne sommes pas seuls. Au contraire, je plains ceux qui ne vont pas suivre ce processus parce que ceux-là vont s'éjecter du grand courant de la paix qui est en marche et qui est irréversible. Nous défendons la paix. Celui qui vient pour défendre la paix avec nous sera avec elles. Celui pense qu'il peut phagocyter et manipuler la paix nous trouvera dressées devant lui.
La préoccupation de la plupart des partis politiques, ce sont des élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous. Est-ce que les Forces nouvelles et leur co-signataire de l'accord de Ouaga peuvent rassurer les Ivoiriens pour dire que le mode opératoire d'abord des audiences foraines et ensuite de l'identification et du recensement électoral sera assez consensuel pour permettre de bonnes élections ?
Je vous dis et redis que dans cet accord rien n'est caché. C'est un accord transparent. Et quittons le chemin de la manipulation. Prenons l'accord de Ouaga. Il dit comment l'identification, les audiences foraines, et même la réunification des deux armées vont se faire. Rien ne sera caché. Le gouvernement entre en séminaire ce mercredi. Nous avons déjà eu un pré- séminaire qui a tout préparé. Le séminaire aura pour seul objectif de décliner en tâche pratique l'accord de Ouaga. Vous aurez ce document entre vos mains. Il sera rendu public. Les Ivoiriens l'auront et auront l'occasion de suivre le calendrier des actions jour après jour avec nous. C'est la meilleure garantie qu'on donne. Ce n'est pas un processus où le président Gbagbo et nous, nous retrouvions la nuit, et puis le lendemain matin, nous mettons les Ivoiriens devant le fait accompli. Tout est transparent depuis Ouagadougou, et tout continuera d'être transparent. Maintenant, nous n'allons pas accepter que des gens rejettent sur les Forces nouvelles leur incapacité à inventer l'avenir. Nous ne serons pas des boucs-émissaires et nous ne l'accepterons pas. Nous sommes des arbitres et nous jouerons clairement notre rôle d'arbitre à tous les niveaux. Et c'est pour cela qu'il est bon que nous-mêmes nous appliquions l'accord. () Nous vous donnons déjà la semaine prochaine pour prendre date avec la feuille de route issue du séminaire gouvernemental. Chaque Ivoirien doit l'avoir et que l'on passe à la télé et à la radio pour l'expliquer dans toutes les langues afin que chacun des Ivoiriens soit le garant de ce processus. C'est un processus participatif. Maintenant, j'insiste pour dire que les Forces nouvelles n'accepteront pas que des gens indexent déjà les Forces nouvelles comme étant la source de leurs malheurs futurs. Ce sera inacceptable et irresponsable et nous allons combattre ce genre d'attitude. Qu'on nous juge sur le processus, qu'on s'intègre tous dans le processus, qu'on se donne les moyens d'être dans le processus et qu'on évite de rentrer dans des faux débats qui sont des faux-fuyants et qui ne nous avancent nullement vers la paix.
Propos recueillis par Ouattara Abdoul Karim
M. le ministre, vous vous dites engagé avec les Forces nouvelles sur la voie de la paix. Mais vous venez de faire une déclaration de guerre. Comment a-t-on pu en arriver-là ?
Nous ne nous sommes pas dérobés. Nous avons clairement dit les choses. Lorsque je prends le Nouveau Réveil qui, chaque jour, s'entête forcément à démontrer qu'il y a un deal politique entre Forces nouvelles et camp présidentiel, je dis que nous n'avons pas de leçon à recevoir du ?'Nouveau Réveil'', encore moins du Pdci. Les Forces nouvelles disent clairement que si le Rdr et le Pdci se sont réconciliés dans ce pays, c'est que la réconciliation est possible. Parce que, n'oublions pas que Bédié est le père de l'ivoirité en Côte d'Ivoire, et que si l'on devait chercher les coupables de cette guerre, Bédié en est un. C'est justement cette situation qui a provoqué ce que nous savons. Aujourd'hui, pourquoi le ?'Nouveau Réveil'' et derrière lui, ceux qui se cachent voient d'un mauvais ?il que Guillaume Soro et Laurent Gbagbo fassent la paix : maintenant, si ces gens veulent d'une paix sans Laurent Gbagbo, qu'ils le disent et l'assument. Qu'ils retirent par exemple leurs ministres du gouvernement et qu'ils se retirent du processus politique. C'est ce qui serait courageux de leur part . Sinon, les attaques inutiles et injustifiées ne s'expliquent pas. Mais tout cela vise à créer la confusion. Nous avons décidé, de commun accord, et avec l'assentiment de tous les acteurs, de nous engager tous dans une voie de paix qui inclut tout le monde. (). Nous interpellons donc les acteurs politiques du Rhdp qui sont avec nous dans le G7 que nous ne trouvons pas loyal que leurs journaux s'attaquent inutilement aux Forces nouvelles. D'aucuns disent clairement que ce qui justifie toutes ces attaques, c'est le refus de voir Guillaume Soro assumer la primature. Si l'on s'accorde sur le fait que Guillaume Soro est l'autre acteur, signataire de tous les accords de paix, pourquoi ne devrait-il pas jouer ce rôle ? Nous attendons donc qu'on nous dise clairement ce qui dérange. Parce que nous avons besoin de tranquillité pour aller à l'application de cet accord. La Côte d'Ivoire a besoin de décrispation pour avancer dans ce processus. Nous ne pouvons plus nous accommoder d'attitudes hypocrites qui visent tout simplement à remettre en cause ce processus. Nous parlons aujourd'hui en tant que défenseurs d'un processus de paix qui nous engage et qui engage tous les acteurs. Nous l'avons fait hier et avant-hier.
Quelles explications donnez-vous à ces attaques contre le secrétaire général des Forces nouvelles, et qu'en est-il du deal dont on parle, entre vous et le camp présidentiel ?
Il n'y a aucune explication logique et rationnelle. Parce que la conception du dialogue direct ne s'est pas faite en dehors de quelqu'un. Elle s'est faite de façon transparente. Les Ivoiriens ont vu tous nos va-et-vient. Ils ont vu tous les efforts pour inclure tous les acteurs. Jusqu'à la formation du gouvernement. A partir de là, on n'attendait plus que l'engagement de tous derrière cet accord. Mais, si on en vient maintenant à remettre ledit accord en cause, nous disons qu'il y a des gens qui ont des problèmes avec la fonction de Guillaume Soro. Comme cela a été le cas en 2005. Mais, nous disons que Guillaume Soro constitue pour les Forces nouvelles le leader. En tant que l'un des acteurs principaux, il peut jouer tous les rôles dans ce pays. Il peut assumer pleinement le rôle de Premier ministre pour conduire la Côte d'Ivoire vers la sortie de crise. Le reste n'est que subjectivité. Que ceux qui doutent de la capacité de Guillaume Soro à conduire le pays à la paix, quittent les journaux et viennent courageusement dire au peuple que Guillaume Soro dérange à la primature. A partir de ce moment, nous aurons les moyens de répondre à ceux-ci. Mais, il faut que ce jeu de cache-cache prenne fin et qu'il faut que ces gens sortent de leur cachette pour dire pourquoi ils ont un problème avec la primature de Guillaume Soro.
S'agissant de deal, je dirais que le deal en lui-même est un arrangement. A partir du moment où deux acteurs qui ont des positions radicales au départ, se retrouvent, concilient leur position, c'est ce que nous appelons l'arrangement politique. Est-ce cet arrangement politique qui dérange ? Cela veut dire qu'on aurait souhaité maintenir la Côte d'Ivoire en l'état, maintenir la belligérance, et quelle aurait été la solution qu'on nous propose alors, pour sortir de l'impasse ? Nous ne voulons pas que le pays demeure dans l'impasse. Nous avons pris nos responsabilités, nous avons tout essayé et nous sommes arrivés à constater qu'il y avait un engagement à faire. Nous nous sommes engagés et aujourd'hui, la paix donne des fruits concrets sur le terrain. C'est ça le plus important. Le reste n'est que considération d'ordre précaire qui ne nous déstabilisera pas.
M. le ministre, est-ce que les revendications du Rhdp ont-elles été prises en compte à Ouagadougou ? Secundo, un cadre du Rdr, en la personne de Amadou Soumahoro disait qu'on ne peut pas faire des urines qui se transformeront en caïmans pour nous avaler. Ne pensez-vous pas que votre situation actuelle est gênante aux yeux des membres du Rhdp ?
Voyons ! Ces propos de M. Soumahoro nous les avons entendus. Mais il les a catégoriquement niés. Parce que quand la presse s'en est fait l'écho, nous avons eu l'obligation, avec tout le respect qu'on lui doit, d'aller lui demander s'il en était le responsable. Il nous a réaffirmé qu'il n'a jamais tenu ce genre de propos et qu'il ne voyait jamais les Forces nouvelles comme un caïman sortir d'urine. A partir de cela, le débat était clos. Donc, les Forces nouvelles ne sont pas des caïmans et ne sont sorties des urines de personne. Nous sommes tous témoins de l'évolution des choses. Vous avez vu tout se construire sur le terrain. Des hommes et des femmes se sont battus et qui continuent d'affronter les épreuves du terrain. Quant à la prise en compte des préoccupations du Rhdp, je dirais que tous au Rhdp ont donné leur caution à l'accord de Ouaga. Aucun des partis n'a dit qu'il était contre cet accord. Le seul qui s'y est essayé à un moment donné, c'était le président Bédié. Mais lorsqu'il a été rappelé à l'ordre, le débat a été clos (). Il faut donc éviter de mener des combats par procuration. Qu'on nous dise en face ce qu'on nous reproche. En un mois, voyez la stabilité et la décrispation que le Premier ministre a apportées au pays. Il a engagé des actions fortes. Le centre de commandement intégré est une réalité. A Bangolo, des populations ont dansé ; vous avez vu des soldats FN et Fanci côte à côte, se donner la main et décider ensemble d'aller sécuriser des populations sans tenir compte des zones. A côté de cela, il y a un gouvernement qui travaille et qui donne espoir. La preuve, les internationales commencent à voir la crédibilité de ce gouvernement. Et le Premier ministre organise un séminaire gouvernemental pour soumettre aux membres de ce gouvernement, une feuille de route. Mais nous savons que tous ceux qui se sont succédé n'ont pas pu établir une feuille de route en moins de trois ou quatre mois. Vous verrez que MM. Diara et Banny ont mis plus de temps à produire une feuille de route. En un mois déjà, le Premier ministre Soro a donné un gouvernement, une feuille de route. Il y a un cap, il y a des actions concrètes qui sont posées, il y a la décrispation et surtout la paix qui est en marche. Au contraire, l'on devrait encourager ses actions.
M le ministre, les choses vont très vite et les Ivoiriens s'interrogent
Quand le chef de l'Etat est rentré dans la zone de confiance depuis cinq ans, nous n'avons pas vu les populations fuir leurs villages. Quand les populations de Tiébissou ont vu le président arriver avec le Premier ministre, l'hystérie collective qui n'a pas été un geste manipulé mais spontané, doit interpeller. Parce que qui est le peuple en dehors de cette expression ? Quand vous allez à Yopougon, ces jeunes qui, hier, étaient sur le front de la lutte, ont décidé d'appuyer le processus de paix. Ne prenez pas en compte les observations des officines des partis politiques qui ont d'autres considérations en relation avec les populations. Je ne comprends vraiment pas. Quand les différents processus étaient lents, on disait que rien ne s'appliquait. Pour une fois qu'on va vite vers la paix, l'on trouve qu'on va vite et que c'est suspect. Tout ce que nous avons fait, l'a été dans le cadre d'un chronogramme.
M. le ministre, vous vous êtes interrogé sur ce que des membres du Rhdp reprochent à Soro. Et si l'on vous répondait que Soro a tué la 1721 en acceptant la Primature.
Mais, la 1721 est morte devant tous les Ivoiriens ici. Si elle avait marché, serions-nous partis à Ouaga ? Elle ne marchait plus. La preuve, des jeunes sont même descendus dans les rues ici. Le pays était bloqué. Le Premier ministre (Banny, ndlr) comme un fantôme exerçait mais n'avait aucun impact sur le processus. Le président était de son côté, les FN de leur côté et les Ivoiriens ne se portaient pas bien. Donc Ouaga est la conséquence logique de la mort de la 1721. Pour vous rassurer, nous sommes restés liés à l'esprit. L'identification, la question des armées a été traité dans l'accord de Ouaga. On est allé plus loin. En parlant des déplacés. Ce qui n'a jamais été le cas dans les autres accords () Il y a une volonté manifeste de saper l'image de Guillaume Soro, de le discréditer et d'espérer qu'au bout, une armée va se lever contre lui au nord. Rassurez-vous, les FN ont balisé le processus. Tant en arrière-plan qu'à Abidjan. Le séminaire gouvernemental qui a lieu ce mercredi permettra après au Premier ministre de situer de façon transparente les Ivoiriens sur sa feuille de route. Chacun aura alors tout le loisir de critiquer.
Jusqu'où êtes vous prêts à aller si ce que vous appelez l'hypocrisie continue ?
Nous sommes dans le processus en tant que Force nouvelles, si demain des gens qui ont officiellement été consultés, qui ont participé avec nous dans la mise en place d'un accord continuent de jouer à l'hypocrisie, est-ce qu'on est obligé de rester dans cette hypocrisie ?
Nous continuerons notre chemin. Ce n'est pas un chemin cavalier. Nous ne sommes pas seuls. Au contraire, je plains ceux qui ne vont pas suivre ce processus parce que ceux-là vont s'éjecter du grand courant de la paix qui est en marche et qui est irréversible. Nous défendons la paix. Celui qui vient pour défendre la paix avec nous sera avec elles. Celui pense qu'il peut phagocyter et manipuler la paix nous trouvera dressées devant lui.
La préoccupation de la plupart des partis politiques, ce sont des élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous. Est-ce que les Forces nouvelles et leur co-signataire de l'accord de Ouaga peuvent rassurer les Ivoiriens pour dire que le mode opératoire d'abord des audiences foraines et ensuite de l'identification et du recensement électoral sera assez consensuel pour permettre de bonnes élections ?
Je vous dis et redis que dans cet accord rien n'est caché. C'est un accord transparent. Et quittons le chemin de la manipulation. Prenons l'accord de Ouaga. Il dit comment l'identification, les audiences foraines, et même la réunification des deux armées vont se faire. Rien ne sera caché. Le gouvernement entre en séminaire ce mercredi. Nous avons déjà eu un pré- séminaire qui a tout préparé. Le séminaire aura pour seul objectif de décliner en tâche pratique l'accord de Ouaga. Vous aurez ce document entre vos mains. Il sera rendu public. Les Ivoiriens l'auront et auront l'occasion de suivre le calendrier des actions jour après jour avec nous. C'est la meilleure garantie qu'on donne. Ce n'est pas un processus où le président Gbagbo et nous, nous retrouvions la nuit, et puis le lendemain matin, nous mettons les Ivoiriens devant le fait accompli. Tout est transparent depuis Ouagadougou, et tout continuera d'être transparent. Maintenant, nous n'allons pas accepter que des gens rejettent sur les Forces nouvelles leur incapacité à inventer l'avenir. Nous ne serons pas des boucs-émissaires et nous ne l'accepterons pas. Nous sommes des arbitres et nous jouerons clairement notre rôle d'arbitre à tous les niveaux. Et c'est pour cela qu'il est bon que nous-mêmes nous appliquions l'accord. () Nous vous donnons déjà la semaine prochaine pour prendre date avec la feuille de route issue du séminaire gouvernemental. Chaque Ivoirien doit l'avoir et que l'on passe à la télé et à la radio pour l'expliquer dans toutes les langues afin que chacun des Ivoiriens soit le garant de ce processus. C'est un processus participatif. Maintenant, j'insiste pour dire que les Forces nouvelles n'accepteront pas que des gens indexent déjà les Forces nouvelles comme étant la source de leurs malheurs futurs. Ce sera inacceptable et irresponsable et nous allons combattre ce genre d'attitude. Qu'on nous juge sur le processus, qu'on s'intègre tous dans le processus, qu'on se donne les moyens d'être dans le processus et qu'on évite de rentrer dans des faux débats qui sont des faux-fuyants et qui ne nous avancent nullement vers la paix.
Propos recueillis par Ouattara Abdoul Karim