Amani N`guessan en tournée hier dans les casernes - Le sujet des grades sera tranché cette semaine
Le ministre de la Défense Michel Amani N'guessan, dans le cadre de l'accord de Ouagadougou, a depuis hier lundi, entrepris des séances de travail avec des couches de la société ivoirienne. Ainsi dans la matinée, il s'est rendu à l'Etat major des armées au camp Gallieni où il s'est entretenu avec la hiérarchie militaire. Ensuite il a mis le cap sur l'armée de terre, l'armée de l'air et la marine nationale. Aujourd'hui, il rencontre dans l'après-midi, les élus de l'ouest. Demain mercredi, il rencontrera les élus du Nord et ceux du centre. Le vendredi prochain en principe, il a une visite de travail avec le CCI à Yamoussoukro. Le jeudi 31 mai à Bouaké, il a sa première réunion avec le chef d'Etat major des FAFN et ses collaborateurs. Après l'étape de l'Etat major, le ministre Michel Amani N'guessan, a fait part à la presse de l'objectif poursuivi à travers cette tournée. "() A peine nommé, le premier souci c'est de connaître l'armée dans son organisation. Mais aussi de connaître les hommes qui dirigent cette armée. C'est pourquoi je suis allé d'abord à l'Etat major qui est la structure par excellence qui commande toutes des Forces armées de Côte d'Ivoire. J'ai été bien servi. L'Etat major s'est véritablement ouvert à nous. Nous avons mieux appris. Je comprends ce que c'est que l'Etat major. Je comprends mieux l'organisation de l'armée ivoirienne. J'ai découvert l'impact de la guerre sur notre armée", a d'emblée indiqué le ministre de la Défense. Poursuivant, il a ajouté que plusieurs autres raisons expliquent les séances de travail qu'il a entamé. "() La sortie de crise nous impose un comportement d'ensemble. La guerre, c'est les militaires qui la font. Les militaires, depuis 2003 ont décidé d'aller à la paix. Pourquoi les militaires qui font la guerre décident de mettre fin à cette guerre, mais la guerre ne prend toujours pas fin ? Nous en sommes à la signature de plusieurs protocoles d'accord. Le dernier en date est l'accord de Ouagadougou () En réponse à cette question, je suis allé à l'Etat major pour qu'on réfléchisse ensemble à la sortie de crise", a soutenu le ministre de la Défense. Pour lui, la conscience de paix chez les Ivoiriens n'est pas assez développée. "Il faut définir ce que c'est que cette conscience de paix et travailler pour qu'elle se développe dans le pays", soutient Michel Amani N'guessan. Pour ce faire, il préconise que les Ivoiriens se départissent des discriminations ethniques et religieuses. () On se reconnaît souvent d'abord Baoulé, Bété, Malinké avant de se reconnaître Ivoirien. C'est cette conscience qu'il faut tuer. Elle est extrêmement dangereuse pour l'unité nationale. Elle va contre la nation à créer. Elle est porteuse de conflit. Autre source confligène dans ce pays, la religion () Aujourd'hui, il faut pouvoir se mettre au-dessus de ces considérations. C'est cela qui va être la confiance de paix. Le tribalisme, les considérations religieuses, il faut les combattre () Cela pour que nous puissions asseoir une conscience de paix. Il faut pardonner, être capable de sacrifice". Sur la polémique des grades des FAFN, le ministre de la Défense a dit ceci : "() Nous allons parler des grades. Cette semaine, ce sujet sera débattu et tranché. Il nous faut être de véritables hommes de paix et accepter de faire des sacrifices. Pour que nous puissions revivre ensemble () Les problèmes de grade, de prime, de soldes des exilés et des déserteurs de l'Armée ivoirienne nous allons les régler. Mais tant qu'il y aura des adversités entretenues parce qu'on aura instrumentalisé l'ethnie, la religion, il n'y aura pas de paix véritable. C'est pourquoi, je suis en tournée. Il faut que les populations adhèrent, aient cette conscience de paix", a soutenu le ministre Michel Amani N'guessan.
Paul Koffi
Paul Koffi