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Notre Voie
· 2 min de lecture

Comme c'est pitié !

On ne peut pas ne pas avoir de la pitié pour les dirigeants du RHDP à la lecture du communiqué final qui a sanctionné leur réunion tenue à Daoukro, chez Bédié, pour répondre au président de la République qui veut dissoudre le gouvernement. Comme il fallait s'y attendre, leur réponse c'est non ! Ils refusent de sortir du gouvernement, le gouvernement des autres. Et comment ? Avec la grande gueule de ceux qui savent qu'ils ont tout perdu mais qui pensent qu'en intimidant, ils rattraperont le temps perdu.
Pour expliquer leur refus de sortir du gouvernement, ils avancent l'accord politique de Ouagadougou. Un accord discuté et pondu par deux parties au conflit : l'ex-rébellion et l'Etat de Côte d'Ivoire représenté par le chef de l'Etat. Dans les 28 articles et les nombreux alinéas qui composent cet accord, il est constamment question de deux parties au conflit et non trois ou quatre. C'est seulement sur la question du gouvernement que le point 5.2 parle d'ouverture aux forces politiques de Côte d'Ivoire. Lisons l'article en question : Le gouvernement de transition travaillera dans un esprit de concertation permanente, de complémentarité et d'ouverture aux forces politiques de Côte d'Ivoire pour aboutir à la réunification de la Côte d'Ivoire.
On le voit bien, il est demandé au gouvernement que formeront les deux parties au dialogue direct de travailler dans un esprit d'ouverture aux autres formations politiques. Si cela peut être compris dans le sens de gouvernement d'ouverture aux autres, eh bien, il faudra au chef de l'Etat d'appliquer stricto sensu l'accord. C'est-à-dire, former son gouvernement avec Soro et faire une ouverture aux Bédié et autres. L'ouverture pouvant se résumer ici à un ministère ou un vice-ministère ou un secrétariat d'Etat à un ou deux partis politiques. En espérant que cette fois, ceux qui seront choisis seront solidaires des décisions qu'arrêtera le gouvernement. Même si l'on sait déjà que c'est une chimère d'autant plus que, la lecture de leur communiqué final laisse deviner que la mauvaise foi était au rendez-vous. Tenez ! Pour apporter leur soutien aux grévistes, les membres du RHDP font appel à la Constitution de la Côte d'Ivoire qui garantit le droit de grève. Mais quand il s'agit de la prolongation du mandat présidentiel garantie, elle aussi, par la même Constitution, voici ce qu'ils disent : Au demeurant, la Conférence des présidents rappelle que le mandat constitutionnel de M. Laurent Gbagbo est échu depuis le 25 octobre 2005 et que son maintien à la tête de l'Etat, résulte de ces mêmes arrangements politiques (Ndlr : accords intervenus pendant la crise). Fort de cet argument qui ne tient pas debout, ils décident : Dès lors, la Conférence des présidents marque son opposition nette et formelle à toute idée de dissolution du gouvernement.
On aurait pu dire, voilà des garçons ! . Mais non seulement le texte qu'ils citent ne résiste pas à l'analyse mais on se rend compte très vite qu'ils ont pris peur. Leur sortie du gouvernement équivaudrait à une perte énorme de profits. C'est pourquoi ils font appel tout de suite au facilitateur pour qu'il convoque d'urgence une réunion du Cadre permanent de concertation (CPC). On a tout compris.

AVS

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.