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Procès des militaires mutins : Le juge Hamed Coulibaly dénonce les légèretés de la procédure

Le procès des 104 militaires mutins a débuté, hier, à la salle de conférences de l`état-major des armées sans les avocats civils dont Me Gohi Bi, toujours en grève.
A la suite de l`audition de 8 témoins à charge sur 13 prévenus, hier, le juge Hamed Coulibaly, président du tribunal militaire d`Abidjan, n`a pas caché sa déception dans les manquements graves observés au cours des procédures de constatation et d`enquête. Il faut que nous ayons des éléments pour confondre les prévenus. Au lieu de dire que j`ai vu celui-ci. Ce sont vos déclarations. Eux, ils disent qu`ils n`étaient pas là. Dès lors qu`on a tiré, il doit y avoir une procédure et c`est à vous de réunir tous les éléments de base. Si on n`a pas le nombre exact de munitions et d`armes sorties et utilisées, quelle justice pourrons-nous rendre ? Aidez-nous à rendre une justice proche de la réalité. Les erreurs judiciaires commencent quand il n'y a pas de preuves contre un prévenu?, a relevé le juge Hamed Coulibaly.
Ces propos faisaient suite à ceux du Lieutenant Colonel Zamblé Koffi Eugène, chef de corps de l`Ecole nationale des sous-officiers d`active (ENSOA), un des témoins des faits qui, tout en soutenant avoir été séquestré par des éléments lors des événement de septembre dernier à Daoukro, a été incapable d`identifier et de nommer ses tortionnaires, parce qu`il faisait nuit.?
Selon les dires de ces témoins à charge, dont le capitaine Nanga N`Drin Francis, directeur de l`instruction à l`ENSOA, et le capitaine Gbess Joseph Arthur, chef du Centre opérationnel du sous-groupement de Daoukro, ils n`ont fait que récupérer les armes de militaires mutins lors du rassemblement à la place d`armes. Tout en indiquant qu`il n`y a pas eu d`affrontement entre ces soldats et les hommes du commandant Toualy du détachement du DMIR à leur arrivée d`Abidjan, ces témoins ont été incapables de dire, hier, comment ils ont été arrêtés. Je n`ai pas vu un élément de mon école intervenir et soutenir ces mouvements personnellement. Mais, c`est le soldat de 1ère classe Lebato que des éléments du DMIR ont saisi avec une grenade. Je n`ai pu identifier ceux qui m`ont déshabillé, car ils avaient le visage noirci et encagoulé?, a avoué le capitaine Nanga N'Drin Francis. Pis, le capitaine Gbess Joseph Arthur, chef du Centre opérationnel de Daoukro, a révélé que c`est de sa cachette, à 200 m du PC?, à minuit,qu'ils voyaient les mutins dont les soldats Faé et Foua Bi tirer en l`air, dans un repli stratégique. Ce sont les hommes du DMIR qui ont amené chacun à déposer son arme lors du rassemblement. Je n`ai pas assisté à tous les dépôts des armes et des munitions?, a-t-il ajouté. Ainsi, à les entendre, c`est le commandant Toualy du DMIR qui est capable d`éclairer le tribunal militaire sur les événements des mutins. Malheureusement, ce témoin capital, qui aurait établi la liste des mutins, n`était pas à la barre, hier, car il n`a pas été convoqué et ne figure nulle part parmi les 26 témoins, au total, de cette affaire. Encore moins son audition lors de l`enquête préliminaire. Fort donc de tous ces faits, le juge Hamed Coulibaly a exhorté les autorités militaires à entrer dans la normalité en respectant les procédures judiciaires d`usage pour une armée forte, disciplinée et instruite.
L`audience a été suspendue. Elle reprendra ce matin par l`audition d`autres témoins militaires à charge.
Quant aux 104 prévenus, ils seront entendus à la barre, le mardi 25 novembre prochain selon le calendrier établi par le président du tribunal.
Six chefs d`accusation sont retenus contre ces mutins assistés, hier, par Mes Soro Setiengolo et le lieutenant-colonel Banty Kacou Gilbert, tous deux avocats militaires. Il s`agit de violences et voies de fait, vol en réunion, violation de consignes, destruction de magasins d`armes, séquestration de supérieurs hiérarchiques et troubles à l`ordre public. Ils encourent une peine de 20 ans de prison.
En septembre dernier, ces militaires avaient, à Daoukro, séquestré leurs chefs, détruit des magasins d`armes et troublé la quiétude des populations par des coups tirés en l`air pour réclamer les primes Haut-les c?urs?.

Didier Keï

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.