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Nord-Sud
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Présidentielle au Nigeria - La diaspora en Côte d'Ivoire s'en désintéresse

Les élections présidentielles qui se déroulent aujourd'hui au Nigeria suscitent peu d'engouement chez les ressortissants de ce pays vivant en Côte d'Ivoire. La diaspora explique ce désintérêt par son exclusion du scrutin.

Je ne connais aucun des candidats à l'élection présidentielle au Nigeria. La politique ne m'intéresse pas. Ainsi s'est exprimé Lawal Wassiu, ressortissant nigérian vivant en Côte d'Ivoire depuis plusieurs années rencontré chez lui à Abobo jeudi 12 avril au soir. L'élection présidentielle qui se tient aujourd'hui dans son pays ne présente aucun intérêt particulier pour lui. Cette joute dit-il, qui se tient loin de son vécu quotidien, n'a aucune incidence sur ses activités. Commerçant, il ne pense qu'à son affaire de pièces détachées qu'il gère à Adjamé. Même son de cloche chez son compatriote et voisin Ephraim Okafor. Lui aussi dit tout ignorer des candidats à la succession du président sortant Olesegun Obasanjo. Je ne sais pas qui est qui, ni qui propose quoi. De toutes les manières, ils sont tous pareils, affirme Okafor dans un français approximatif.

Selon ces deux messieurs, l'exclusion de la diaspora nigériane au scrutin explique leur manque d'engouement. Selon des sources non officielles contactées au sein de cette communauté à Abidjan, les Nigérians de l'extérieur n'ont pas le droit de vote. Les compatriotes d'Obasanjo ajoutent également que quel que soit le prochain président, ce dernier ne pourra rien changer dans leur vie à l'étranger.

Akpada Innocent, étudiant au Centre universitaire d'étude française (Cuef) à l'université de Cocody, invoque une autre raison pour expliquer son manque d'intérêt pour le scrutin présidentiel. Mon candidat, Ibrahim Babaginda a été écarté de la liste des candidats. Je ne suis plus donc les élections, affirme l'étudiant. Résidant depuis dix ans à Abidjan, il s'est rendu en 2004 au Nigeria pour s'inscrire sur la liste électorale en vue de prendre part à ces élections. La raison est que ne pouvant voter ici, il doit retourner au pays. Ce qu'il n'est pas prêt à faire, selon lui. Néanmoins, il a donné comme nombreux de ses compatriotes, des consignes de vote à leurs parents restés au pays. C'est notre manière de voter, se satisfait Akpada Innocent.

Au Black market à Adjamé où exerce une forte communauté nigériane dans de nombreuses activités, la participation au vote intéresse peu de personnes. Pour certains, qu'ils votent ou pas, le Nigeria va se choisir un président. Pour d'autres, le résultat du scrutin est connu d'avance, d'où leur manque d'intérêt.

A l'ambassade du Nigeria au Plateau, nous n'avons pu obtenir de réponse sur l'exclusion de la diaspora du scrutin du 21 avril. Une source a affirmé que seul le chargé d'affaires est habilité à donner l'information à la presse. Il n'est pas présent, a affirmé la standardiste. Mais selon un visiteur rencontré dans les couloirs de la représentation diplomatique, déployer la logistique pour permettre à tous les Nigérians de voter va coûter les yeux de la tête . Selon notre informateur, les pays anglophones ne sont pas comme les pays francophones qui permettent à leur diaspora de participer au scrutin présidentiel. S'il avait la possibilité, il irait voter. Pour le chief Opara Théophilus Ekechi, chairman du Parti démocratique du peuple (Pdp) en Côte d'Ivoire, le corps électoral atteint 60 millions de votants. On peut donc se passer des Nigérians de l'extérieur.

Le représentant du Pdp (le parti au pouvoir à Lagos), soutient qu'il sera au Nigeria avec trois au quatre cars pour aller exprimer nos voix. Il a promis retourner dès la fin du scrutin.

Des Nigérians rencontrés à Adjamé, affirment suivre la campagne sur le net ou regardent les chaînes de télévision sur les antennes paraboliques.

61,5 millions d'électeurs doivent choisir leurs députés et sénateurs fédéraux et un successeur à leur président, le général Olusegun Obasanjo.

Le grand favori est le candidat du parti au pouvoir, Umaru Yar'adua, 55 ans, gouverneur de l'Etat musulman de Katsina (Nord) et adoubé par Obasanjo.

M. Yar'adua affronte notamment le général Muhammadu Buhari, du All nigeria peoples party (Anpp), et l'actuel vice-président Atiku Abubakar qui, après avoir été exclu du Pdp, se présente sous les couleurs de l'Action congress (AC).

Nomel Essis (Stagiaire)

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Article publié par Nord-Sud et référencé par 225.ci.