(Acte 11) / Conflit Bédié-Fologo - Ce que le PDCI a caché à ses militants
Ce n`est plus un secret pour personne. Entre le président Henri Konan Bédié et son ex-lieutenant, Laurent Dona-Fologo, la lune de miel semble irrémédiablement avoir tourné en lune de fiel. Les deux personnalités qui, naguère, donnaient des signes d`une complicité évidente, se regardent désormais en chiens de faïence. Ils ne se parlent plus, et même n`envisagent plus de se serrer la main. Mais, qu`est-ce qui a dû se passer, entre-temps, pour que M. Bédié et Fologo en arrivent à cette animosité ahurissante ? "Nuit & Jour" a enquêté et se propose de livrer aux militants du PDCI-RDA, les vraies raisons de cette brouille.
Quel militant du PDCI aurait-il pensé, un seul jour de sa vie, que M. Bédié et Fologo entretiendraient mutuellement la haine viscérale qui les anime aujourd`hui, avant le coup d`Etat militaire de 99 ? Qui aurait pensé que ces deux complices d`autrefois seraient à même de se regarder en chiens de faïence après tous les bons moments qu`ils ont passés, ensemble ? La réalité est pourtant là, immuable, implacableHenri Konan Bédié et Augustin Laurent Dona-Fologo ne regardent plus dans la même direction. Les deux principaux héritiers de Félix Houphouët-Boigny ont du mal à accorder leurs violons pour sauver l`héritage de celui que d`aucuns avaient qualifié de " cerveau politique de premier ordre ". Pourtant, une incursion dans l'histoire du PDCI et celle de la Côte d'Ivoire montre bien que Fologo a toujours été un grand défenseur de Bédié.
Pour preuve, au plus fort du conflit Bédié-Ouattara en 1993, c`est Laurent Dona-Fologo qui est monté sur ses grands chevaux pour désavouer Philippe Grégoire Yacé. Le 1er décembre 93, alors que nombre de barons du vieux parti tergiversaient quant au choix à adopter entre les deux hommes qui se battaient, M. Fologo a pris ses responsabilités en proclamant son soutien au natif de Daoukro. Ce jour-là, Laurent Dona-Fologo a appelé tous les Ivoiriens au respect scrupuleux de l`article 11 de la constitution. En plus, en septembre 2000, après le coup d`Etat militaire qui a évincé le PDCI du pouvoir, c`est encore Fologo qui, lors d`une réunion du bureau politique, a fait rejeter la demande de candidature de Guéï, sous le couvert du PDCI-RDA. Et ce, en dépit des harcèlements et autres menaces des Balla Kéita, Fahé Téhé Marcel et autres. Tous ces combats, et bien d`autres encore, Laurent Dona-Fologo les a menés au bénéfice d`Henri Konan Bédié. D`ailleurs, lors de l`investiture du délégué départemental du PDCI de Daoukro en 99, M. Fologo avait juré fidélité à Bédié. "Je suivrai Bédié jusque dans la tombe", avait-il déclaré ce jour-là. Selon nos sources, Henri Konan Bédié
Les "judas" divisent les deux complices
n`a pas été insensible au message de Fologo. C`est, du reste, pour cette raison que même contraint à l`exil dans l`Hexagone après le coup d`Etat de 99, Henri Konan Bédié a donné de consignes fermes à ses lieutenants de ne jamais attaquer Fologo. Les Gnamien Yao, Boni Séraphin, Denis Kah Zion, Renée Marguerite Kangah, Jean Marie Ahoussou, Benson Raymond, Ahaubot Claude, Boivin Isidore, Emolo Claude, N`gouan Aka Mathias avaient tous reçu de fermes consignes de ne pas brocarder l`actuel patron du CES. Mais, c`était sans compter avec la mauvaise foi manifeste des " judas " du PDCI qui vont man?uvrer pour diviser les deux personnalités. Les intrigants du parti Houphouétiste iront jusqu`à conseiller à M. Fologo d`arracher le parti à son président. C`est donc ceux-là qui ont poussé l`ancien député de Sinématiali à se présenter contre Bédié lors du 11e Congrès du PDCI. Selon nos sources, Fologo n`a jamais voulu compétir avec son leader. Même si, dans l`establishment PDCI, il a gravi tous les échelons, contrairement à Bédié. En effet, rentré au bureau politique en 1970 à l`âge de 30 ans, il a été nommé secrétaire général en 1991 par Houphouët-Boigny, après avoir reconnu son mérite et son militantisme avéré. Quant à M. Bédié, il est rentré au comité directeur du PDCI en 1965 à l`âge de 31 ans et n`a jamais été SG du parti. Fologo n`est donc pas, contrairement à ce que pensent certaines
Le choix stratégique qui a divisé les deux hommes
personnes, un "intrus" au sein du parti créé par Félix Houphouët-Boigny. C`est assurément l`un des dinosaures du PDCI que les "judas" et autres "ténias" du parti qui ambitionnent de régler les comptes à Bédié vont pousser à l`affronter pour assouvir leurs noirs desseins. Ceux-ci feront encore croire à Bédié que Fologo caressait l`ambition d`offrir le PDCI à Laurent Gbagbo. Pour eux, donc, le seul fait d`avoir proposé la collaboration avec le régime Gbagbo, suffisait à attirer tous les pêchés d`Israël sur le fils de Sinématiali. Mais aujourd`hui, que constatons-nous ? Depuis l`an 2000, le PDCI collabore avec Gbagbo sans aucune gêne. En réalité, Fologo a eu tort d`avoir eu raison trop tôt. Puisque c`est ce qu`il a proposé au PDCI, et qui a été battu en brèche au congrès d`avril 2002 qui est actuellement pratiqué au sein du parti. A savoir, la collaboration du PDCI avec la Refondation. Mais mieux, Fologo avait voulu que cette collaboration se fasse sur la base d`une plate-forme qui mettrait en première ligne, les intérêts du PDCI-RDA. Or, aujourd`hui, aucun militant du parti ne sait véritablement ce que le PDCI gagne dans cette affaire, hormis les ministres qui sont au gouvernement. A la vérité, rien de fondamental n`oppose Bédié et Fologo. Pour cela, les nombreux militants du parti Houphouëtiste souhaiteraient que les deux anciens complices taisent les querelles intestines pour sceller la paix et l`unité retrouvée.
(par Michel Ziki)
Quel militant du PDCI aurait-il pensé, un seul jour de sa vie, que M. Bédié et Fologo entretiendraient mutuellement la haine viscérale qui les anime aujourd`hui, avant le coup d`Etat militaire de 99 ? Qui aurait pensé que ces deux complices d`autrefois seraient à même de se regarder en chiens de faïence après tous les bons moments qu`ils ont passés, ensemble ? La réalité est pourtant là, immuable, implacableHenri Konan Bédié et Augustin Laurent Dona-Fologo ne regardent plus dans la même direction. Les deux principaux héritiers de Félix Houphouët-Boigny ont du mal à accorder leurs violons pour sauver l`héritage de celui que d`aucuns avaient qualifié de " cerveau politique de premier ordre ". Pourtant, une incursion dans l'histoire du PDCI et celle de la Côte d'Ivoire montre bien que Fologo a toujours été un grand défenseur de Bédié.
Pour preuve, au plus fort du conflit Bédié-Ouattara en 1993, c`est Laurent Dona-Fologo qui est monté sur ses grands chevaux pour désavouer Philippe Grégoire Yacé. Le 1er décembre 93, alors que nombre de barons du vieux parti tergiversaient quant au choix à adopter entre les deux hommes qui se battaient, M. Fologo a pris ses responsabilités en proclamant son soutien au natif de Daoukro. Ce jour-là, Laurent Dona-Fologo a appelé tous les Ivoiriens au respect scrupuleux de l`article 11 de la constitution. En plus, en septembre 2000, après le coup d`Etat militaire qui a évincé le PDCI du pouvoir, c`est encore Fologo qui, lors d`une réunion du bureau politique, a fait rejeter la demande de candidature de Guéï, sous le couvert du PDCI-RDA. Et ce, en dépit des harcèlements et autres menaces des Balla Kéita, Fahé Téhé Marcel et autres. Tous ces combats, et bien d`autres encore, Laurent Dona-Fologo les a menés au bénéfice d`Henri Konan Bédié. D`ailleurs, lors de l`investiture du délégué départemental du PDCI de Daoukro en 99, M. Fologo avait juré fidélité à Bédié. "Je suivrai Bédié jusque dans la tombe", avait-il déclaré ce jour-là. Selon nos sources, Henri Konan Bédié
Les "judas" divisent les deux complices
n`a pas été insensible au message de Fologo. C`est, du reste, pour cette raison que même contraint à l`exil dans l`Hexagone après le coup d`Etat de 99, Henri Konan Bédié a donné de consignes fermes à ses lieutenants de ne jamais attaquer Fologo. Les Gnamien Yao, Boni Séraphin, Denis Kah Zion, Renée Marguerite Kangah, Jean Marie Ahoussou, Benson Raymond, Ahaubot Claude, Boivin Isidore, Emolo Claude, N`gouan Aka Mathias avaient tous reçu de fermes consignes de ne pas brocarder l`actuel patron du CES. Mais, c`était sans compter avec la mauvaise foi manifeste des " judas " du PDCI qui vont man?uvrer pour diviser les deux personnalités. Les intrigants du parti Houphouétiste iront jusqu`à conseiller à M. Fologo d`arracher le parti à son président. C`est donc ceux-là qui ont poussé l`ancien député de Sinématiali à se présenter contre Bédié lors du 11e Congrès du PDCI. Selon nos sources, Fologo n`a jamais voulu compétir avec son leader. Même si, dans l`establishment PDCI, il a gravi tous les échelons, contrairement à Bédié. En effet, rentré au bureau politique en 1970 à l`âge de 30 ans, il a été nommé secrétaire général en 1991 par Houphouët-Boigny, après avoir reconnu son mérite et son militantisme avéré. Quant à M. Bédié, il est rentré au comité directeur du PDCI en 1965 à l`âge de 31 ans et n`a jamais été SG du parti. Fologo n`est donc pas, contrairement à ce que pensent certaines
Le choix stratégique qui a divisé les deux hommes
personnes, un "intrus" au sein du parti créé par Félix Houphouët-Boigny. C`est assurément l`un des dinosaures du PDCI que les "judas" et autres "ténias" du parti qui ambitionnent de régler les comptes à Bédié vont pousser à l`affronter pour assouvir leurs noirs desseins. Ceux-ci feront encore croire à Bédié que Fologo caressait l`ambition d`offrir le PDCI à Laurent Gbagbo. Pour eux, donc, le seul fait d`avoir proposé la collaboration avec le régime Gbagbo, suffisait à attirer tous les pêchés d`Israël sur le fils de Sinématiali. Mais aujourd`hui, que constatons-nous ? Depuis l`an 2000, le PDCI collabore avec Gbagbo sans aucune gêne. En réalité, Fologo a eu tort d`avoir eu raison trop tôt. Puisque c`est ce qu`il a proposé au PDCI, et qui a été battu en brèche au congrès d`avril 2002 qui est actuellement pratiqué au sein du parti. A savoir, la collaboration du PDCI avec la Refondation. Mais mieux, Fologo avait voulu que cette collaboration se fasse sur la base d`une plate-forme qui mettrait en première ligne, les intérêts du PDCI-RDA. Or, aujourd`hui, aucun militant du parti ne sait véritablement ce que le PDCI gagne dans cette affaire, hormis les ministres qui sont au gouvernement. A la vérité, rien de fondamental n`oppose Bédié et Fologo. Pour cela, les nombreux militants du parti Houphouëtiste souhaiteraient que les deux anciens complices taisent les querelles intestines pour sceller la paix et l`unité retrouvée.
(par Michel Ziki)