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Financement de l'opération d'identification : Sagem menace de se retirer

Les caisses de l`Etat sont au plus mal. La Côte d`Ivoire ne dispose pas actuellement des moyens pour financer l`opération d`identification de la population et de recensement électoral.
L`opérateur technique français, Sagem sécurité, désigné pour mettre en ?uvre cette opération capitale du programme de sortie de crise se déclare disposé à financer sur fonds propre ladite opération à condition d`avoir des garanties de remboursement sérieuses de l`Etat ivoirien. Refus poli des autorités ivoiriennes. Conséquence, Sagem envisage de se retirer tout simplement de l`affaire. Après la signature de la convention financière entre l`Etat de Côte d`Ivoire et Sagem sécurité fixant l`ardoise de l`identification à 66,7 milliards de francs, les deux parties se sont retrouvées hier dans les locaux de la Primature pour aplanir les dernières modalités techniques et pratiques avant le lancement de l`opération. Selon les termes initiaux de l`accord, et compte tenu des difficultés de trésorerie exprimées par l`Etat ivoirien, les deux cocontractants avaient convenu de couper la poire en deux, 50 contre 50. Mais au moment d`honorer les engagements souscrits, la partie ivoirienne déclare une fois de plus son insolvabilité. L`Etat n`est pas en mesure de dégager 50% du montant total de l`opération. Et demande à Sagem de consentir à un effort supplémentaire. L`opérateur technique français n`y est pas opposé, mais comme cela est d`usage en affaire, lorsque les engagements financiers qu`on prend sont très importants, on cherche toujours à prendre des précautions pour s`assurer le paiement de sa créance. C`est donc le plus logiquement du monde que Sagem a dit OK pour supporter immédiatement 85% du coût de l`opération à condition que l`Etat ivoirien lui donne des garanties de paiement incontestables. L`opérateur technique français conscient, sans doute, de l`instabilité politique dans laquelle baigne la Côte d`Ivoire et de l`illégitimité des tenants actuels du pouvoir, exige que sa créance vis-à-vis de l`Etat soit symbolisée par des effets financiers tels que des bons du trésor ivoiriens ou toute autre obligation reconnue par l`Union monétaire Ouest africaine. A cette requête, le ministre de l`Economie et des finances, Charles Diby Koffi, aurait opposé une fin de non recevoir en prétextant qu`il n`avait pas la capacité, ni le pouvoir d`engager la Côte d`Ivoire sur ce terrain. Il aurait prié Sagem de considérer l`Etat ivoirien comme lié par le sel engagement écrit. En fait, l`Etat s`engage à rembourser Sagem en 2 ans, 40 milliards au terme de la première année et 26,7 milliards, la deuxième année. Le PDG du groupe Sagem est même invité à intervenir pour assouplir la position de ses 14 agents présents aux négociations d`Abidjan. Mais cela ne changera rien, bien au contraire, Sagem pense qu`elle a fait assez de sacrifice et que si les autorités ivoiriennes ne sont pas disposé à garantir de façon sérieuse sa créance, elle se verrait dans l`obligation de se retirer. Après plus de 2 heures de négociations serrées, les deux parties n`ont pu s`accorder sur un point. La séance a donc été suspendue. Mais au moment où nous mettions sous presse, nous apprenons que les responsables de Sagem ont été rappelés pour poursuivre les négociations dans un cercle plus restreint. Ouaga serait en ballottage ?

Akwaba Saint Clair

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