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Relance économique, reconstruction du pays/ Emile Adjoumani Kokoh, pdt de l`ordre des géomètres Experts : On ne peut reconstruire ce pays sans nous

Le processus de reconstruction de la Côte d'Ivoire ne saurait se faire sans l'ordre des géomètres experts du pays. Emile Adjoumani Kokoh, le président de cette organisation, dont la pose de la pierre du siège a eu lieu les 2 et 3 août, a "réclamé" la part de travail des géomètres experts, qu'il dit "incontournables" dans la relance post-crise. Qu'est-ce qu'un géomètre expert, M. Emile Kokoh ?
C'est un professionnel libéral dont la formation technique est doublée d'une formation juridique surtout en matière foncière. Il assure une mission de service public, avec délégation de puissance publique en matière de propriété foncière. Pour ainsi dire le géomètre expert est le pilier principal du foncier. C'est à lui qu'il faut faire appel pour effectuer des lotissements dans nos villes et villages. Que revêt exactement pour vous la cérémonie des 2 et 3 août consacrant la pose de la première pierre de votre siège ?
Cette cérémonie est d'une grande importance pour nous, géomètres experts de Côte d'Ivoire. Parce que d'abord, nous pensons que construire une maison c'est faire preuve de maturité, de responsabilité et ensuite de promotion de la profession sans égal en Afrique et dans le monde entier. Notre intention, c'est d'être la plaque tournante au niveau de toute l'Afrique. C'est du jamais vu en Afrique. Même en Europe pour avoir ce genre de bâtiment pour une maison de géomètre, c'est très rare pour ne pas dire qu'il n'y en a pas. Ils ont des sièges mais pas dans cette dimension. Vous êtes donc des privilégiés ?
Nous serions privilégiés si on arrive à le construire. Mais je pense que nous arriverons à le reconstruire avec nos partenaires et nous souhaitons bien sûr que l'Etat nous appuie aussi dans ce sens. Parce que nous voulons hisser le flambeau de la Côte d'Ivoire au firmament. Et nous voulons que dans notre secteur d'activités que la Côte d'Ivoire soit la plaque tournante. Et si par exemple, vous l'imaginez, tous les différents secteurs d'activités du pays sont au firmament, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera vraiment un pays développé. Vous souhaitez une aide de l'Etat, il est aujourd'hui question de relance économique, de la reconstruction de la Côte d'Ivoire. Quelle partition peut jouer véritablement l'ordre des géomètres experts dans ce processus post-crise ?
Pour la relance des activités du pays, nous pensons que le point fondamental, c'est le foncier. Et nous, les géomètres experts, nous sommes les piliers du foncier. Dans ce pays, nous savons que la crise que nous vivons a un relent basé sur le foncier, quand nous nous levons tous les matins et que nous venons au travail, nous ne faisons que du foncier. Donc dans ce pays, il n'y a pas mieux que les géomètres experts pour travailler sur le foncier. Alors, nous pourrons, dans le cadre de cette importante relance de la Côte d'Ivoire, aider l'Etat à régler tous les problèmes du foncier. Il suffit seulement que l'Etat nous fasse confiance et qu'il nous appelle. Et nous voulons dire aussi que pour la pose de cette première pierre, nous avons invité le président et l'ordre des géomètres experts de France. Il est à la tête de près de 2000 géomètres experts. Ils sont précisément 1892. Combien êtes-vous en Côte d'Ivoire ?
Nous sommes 26 géomètres experts. Nous avons également invité le président de la fédération des géomètres francophones, qui compte 19 pays dans le monde. Je peux citer la France, le Canada, la Belgique, la Suisse, le Liban, la Côte d'IvoireNous avons par conséquent un réseau d'experts dans le monde. Ce qui veut dire que si l'Etat accepte de nous confier le travail, nous pouvons dans la mesure du possible faire appel à toutes ces compétences-là pour nous aider à résoudre le problème. Nous n'avons donc pas peur d'affronter ce problème du foncier au niveau de notre pays. Avez-vous entrepris des démarches vers l'Etat pour lui exposer vos compétences ?
Je voudrais vous rappeler qu'au forum pour la réconciliation, nous avons fait des propositions concernant le foncier. Peut-être que si on nous avait écoutés en son temps, on aurait évité ce dérapage. Nous essayons de passer des informations sur le foncier, dans notre journal interne, "géomètre expert info". Dans le 1er numéro, nous avons parlé de nos frontières qui ne sont pas délimitées, pour attirer l'attention de l'Etat, du danger que nous courons quand nos frontières ne sont par délimitées. Parce que par exemple, comme on l'a dit dans ce journal, on découvre du pétrole ou un gisement très important, au niveau de nos frontières, ça devient un problème, source de convoitise et peut-être même de guerre. Nous allons vers l'Etat, dans toutes nos actions, pour que nous puissions avancer dans le domaine du foncier. En conclusion, vous êtes incontournables dans le processus de reconstruction du pays ?
En réalité, nous sommes vraiment incontournables. Pour peu que l'Etat s'en rende compte. Mais si l'Etat veut le faire sans tenir compte des géomètres, le problème va demeurer. En fait, nous ne le souhaitons pas. Pensez-vous que l'Etat ne sache pas votre rôle dans le processus ?
Je ne peux pas faire l'injure à l'Etat de dire qu'il ne connaît pas l'importance de cet ordre. Après l'indépendance en 1960 au cours des 10 ans qui ont suivi, l'Etat a créé l'ordre des géomètres experts de Côte d'Ivoire. Ce qui veut dire que l'Etat connaît notre importance. Peut-être qu'il néglige un peu cet aspect. Nous voulons l'interpeller pour qu'il repositionne les géomètres experts, parce que tout part du foncier. Dans les pays développés, tout part du foncier, tout le développement part de ce domaine. On doit faire la réforme agraire. Si tout est cadastré, le développement va se relancer. Individuellement, si vous avez une parcelle avec un titre foncier, vous pouvez demander à la banque de vous donner un prêt qui puisse vous permettre de faire une agriculture mécanisée et si toute la Côte d'Ivoire pratique une agriculture, c'est le développement pour le pays.
Propos recueillis par Parfait Tadjau

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