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La nébuleuse

Pillage grandeur nature et véritable nébuleuse. Les Ivoiriens ne trouveraient pas de mots justes et forts pour dénoncer la gestion scabreuse des organes de régulation de la filière café-cacao créés de toutes pièces par les refondateurs. Cependant, ils attendent avec impatience de connaître toute la vérité. C'est pourquoi le procureur Tchimou Raymond a tenu un point de presse, hier, au parquet d'Abidjan vers 17h.Il s'est agi, pour lui, d'indiquer à l'opinion nationale, le niveau d'avancement de son enquête sur saisine du chef de l'Etat Laurent Gbagbo. Vingt deux (22) personnes faisant l'objet de présomption, elles se font entendre depuis quelque temps par le juge d'instruction. Inévitablement, il pourrait y avoir des confrontations susceptibles de fournir au magistrat des informations pour enrichir le dossier. Jusqu'à hier, des présomptions graves pesaient, selon le procureur, sur ces personnes-là. Dès lors, elles ne seraient plus présumées coupables mais pratiquement inculpées. D'où la nécessité pour le parquet de les placer sous mandat de dépôt. Dans cette affaire, la justice dont le capital crédit a été fort entamé, trouvera certainement l'occasion de se réhabiliter. Mais ce ne sera pas chose aisée car certains présumés coupables entretiennent des rapports privilégiés avec le chef de l'Etat. Vaincre ou périr, c'est le dilemme devant lequel se trouvent d'une part la justice, d'autre part mandants et mandataires de la filière. D'aucuns disent même que ce séisme avait touché le palais et franchi, pourquoi pas, le seuil de ses portes. Si bien que dès les premières secousses perçues par la population et ébruitées par la presse, le chef de l'Etat avait fait mettre en place un comité interministériel qui lui était rattaché pour colmater les brèches. Vaine diversion ! L'hémorragie des devises dues n'a pu être maîtrisée et la filière s'est trouvée exsangue par la faute de planteurs urbains au détriment des vrais planteurs de la brousse. Par ailleurs, on constate sur la liste des vingt deux (22) personnes interpellées par le parquet, l'absence de Zoungrana Placide alors qu'il est le tout puissant patron de l'Autorité de régulation du café et du cacao (Arcc). Logiquement, on aurait dû l'interroger aussi pour nécessité d'enquête. A l'image de Zoungrana, Alphonse Douaty, étant entendu qu'il était ministre de l'Agriculture. En son temps, faut-il le rappeler, il avait manifesté une certaine désapprobation vis-à-vis du gouvernement suite à un réaménagement technique. Comme quoi, il y a vraiment les uns et les autres, dira-t-on. Alors questions : d'où vient-il que le chef de l'Etat diligente une enquête sachant clairement que nombre de ses principaux collaborateurs sont trempés jusqu'au coup ? A moins qu'il veuille ruser avec le peuple comme il sait si bien le faire. Pour sûr, le peuple attend impatiemment la vérité. Rien que la vérité !
MARC KOFFI

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