Meeting du président du PDCI - Les performances de Gbagbo qui inquiètent Bédié
Comme lors des meetings qu'il a déjà animés, le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), Aimé Henri Konan Bédié, a sorti à nouveau ses muscles, le samedi 29 mars, à Yopougon, contre Laurent Gbagbo et le Front populaire ivoirien (FPI). Il s'est livré à un réquisitoire qui met en exergue la gabegie, les veines promesses à l'endroit de la population et la violence. En outre, il s'est offusqué de la participation du président Gbagbo aux festivités de la pâques ou Paquinou en pays baoulé.
Sur ce dernier point, Bédié accuse le chef de l'Etat ivoirien de s'auto-inviter aux retrouvailles chez le peuple baoulé dans le but de faire du recrutement alors qu'il perturbe la sérénité des populations en déversant dans les villages de nombreuses forces de l'ordre.
Sur le chapitre de la gabegie, le leader du vieux parti ivoirien affirme que Gbagbo et son épouse s'adonnent à des dépenses somptuaires sous le couvert de pseudovisites d'Etat à travers tout le pays. Et le président du PDCI d'en déduire qu'il s'agit, en réalité, de tournées de propagande partisane réalisées avec les moyens de l'Etat?.
Au cours de ses déplacements à l'intérieur du pays, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire ferait, de l'avis de Bédié, de fausses promesses aux populations qui ne croient pourtant plus à sa bonne foi. Il (Gbagbo) sème à tous les vents des promesses pour s'attirer les faveurs d'une opinion qui ne croit plus en lui, s'est-il réjoui devant ses militants. L'ex-chef de l'Etat s'est, par ailleurs, interrogé sur l'opportunité des réformes du président Laurent Gbagbo. Qui croit-il duper aujourd'hui, en créant, de façon inconsidérée, départements, sous-préfectures et communes dans un contexte de récession économique sans précédent !
Le président Bédié a ajouté, à ce tableau déjà sombre de l'action du FPI au pouvoir, le grief de violation des droits humains. Le sang a trop coulé depuis l'avènement du FPI au pouvoir. Trop de morts inutiles jalonnent le règne du FPI. () Je n'ai aucune goutte de sang sur mes mains.
Les propos de Bédié à ce meeting font penser à ceux d'un chef de l'Etat amnésique qui, une fois déchu, oublie ses propres actes à la tête de l'exécutif.
Ce qui fait peur
Comme à son habitude, Bédié a mis une teinte de tribalisme dans son meeting en s'élevant contre la participation du chef de l'Etat ivoirien, donc le président de tous les Ivoiriens, aux retrouvailles de pâques en pays baoulé, principalement à Béoumi. En réalité, N'Zuéba (sobriquet de Bédié) a peur de la percée de son adversaire Laurent Gbagbo dans le pays baoulé qu'il considère encore comme sa chasse gardée. Le président Gbagbo ne perturbe pas la sérénité des populations du centre. Bien au contraire, il leur apporte le développement que le PDCI et Bédié n'ont pas voulu leur donner. Un petit constat : l`électrification rurale est passée de 48 villages par an sous le PDCI à 157 villages électrifiés avec le président Gbagbo. Soit une différence de 109 localités, peut-on lire sur le site www.laurentgbagbo.net.
Et le peuple baoulé n'a pas été oublié dans ce programme de haute portée. Il a même bénéficié des plus gros investissements dans ce domaine.
C'est cette performance et la reconnaissance que cet acte a suscitée chez les Baoulé qui font peur au président du PDCI au point de lui faire perdre son contrôle au cours d'un meeting.
Autre fait qui fait que le président ivoirien est aimé des Baoulé : pendant ses 7 années passées à la tête du pays, Bédié avait abandonné Yamoussoukro, la ville natale de Félix Houphouet-Boigny au profit de Daoukro, son village. Une injustice que Laurent Gbagbo est en train de réparer par l'ouverture de grands chantiers tels que la maison des députés, les travaux de construction du Palais présidentiel, de l`Assemblée nationale. Des chantiers à travers lesquels l'actuel chef de l'Etat manifeste toute sa volonté de conférer à Yamoussoukro son réel statut de capitale politique.
Gbagbo comme Mitterrand ?
Les conseils généraux, un pan du programme de gouvernement du président Gbagbo, ont vu le jour et fonctionnent. Ils permettent des réalisations de nombreux projets de développement local. N'zuéba se plaint de la création d'un grand nombre de départements en Côte d'Ivoire dans cette période de conjoncture. Il faut lui rétorquer que c'est en période difficile que le socialiste François Mitterrand, arrivé au pouvoir en 1981, a introduit l'idée de multiplier les départements et d'accentuer, dans une certaine mesure, la décentralisation. Il a fait prendre, une année après son arrivée à la tête de l'Etat français, une loi sur la décentralisation qui a donné une certaine autonomie aux départements et aux régions (cette loi a mis fin à toute velléité de l`État de maîtriser l`urbanisation et l`aménagement du territoire). Ce qui a permis à la France de faire un bond qualitatif vers le progrès. C'est exactement ce que le président Gbagbo est en train de concevoir en Côte d'Ivoire pour le bien-être des populations. L'école gratuite a été amorcée. Et ce sont ces réformes qui ont suscité la crainte des inspirateurs de la guerre du 19 septembre 2002. Des inspirateurs parmi lesquels certaines sources situent le président du PDCI. Et c'est justement cette guerre qui n'a pas permis la mise en application des autres chapitres du programme de gouvernement du président de la République. L'un des objectifs de la guerre à lui imposée était justement de ne pas le laisser appliquer son ambitieux programme sans précédent en Afrique. Alors où sont les vaines promesses que dénonce l'ex-président? Et puis, pourquoi Henri Konan Bédié fait preuve d'autant de mauvaise foi ? Il dénonce les créations de nouvelles communes et sous-préfectures pour cause de récession économique, mais il reste muet quand, dans cette même grisaille économique, l'Etat finance les partis politiques avec le PDCI en tête à hauteur de plusieurs centaines de millions FCFA chaque année depuis trois ans. Le successeur d'Houphouet-Boigny n'avait jamais fait droit à cette exigence démocratique alors que, selon lui, pendant son règne, le pays se portait mieux.
Pour ce qui est des dépenses somptuaires (excessives), il faut remarquer que c'est bien Bédié lui-même qui est l'adepte d'une telle pratique. Quand il était au pouvoir (1994-1999), Daoukro a bénéficié d'infrastructures trop ambitieuses pour la modeste bourgade que représente cette ville. Des sources concordantes indiquent que la ville natale de Bédié a bénéficié de crédits budgétaires de plusieurs milliards de F CFA pour des travaux de voirie et des travaux d`assainissement. Son faubourg de Pèpressou et Koukourandoumi, village de son épouse, gardent encore les signes de ces dépenses somptuaires et à caractère privé à partir des caisses de l'Etat.
Henri Konan Bédié parle, par ailleurs, du sang qui a trop coulé en Côte d'Ivoire et attribue ce drame au parti du président au pouvoir. Est-ce le fait de celui qui gouverne quand des personnes prennent des armes et viennent nuitamment tuer dans le but de prendre le pouvoir ?
Bédié se présente comme une blanche colombe aux mains propres, oubliant certainement les morts du boycott actif de 1995 qu'il doit avoir sur sa conscience. Des Ivoiriens qui ont eu pour seul tort de revendiquer plus de transparence dans le jeu électoral. La seule chose vraie qui ait été dite le 29 mars par Bédié, c'est la cherté de la vie. Mais, en politicien qui hait la sincérité, il n'a pas dit les raisons de la flambée des prix. Il n'a pas osé dire à ses militants que c'est un phénomène mondial lié au coût élevé du baril de pétrole.
Et puis, quand on a fini d'écouter le président du PDCI faire des critiques dénuées d'honnêteté, on attend qu'il fasse des propositions dans le domaine de la santé, de l'éducation, de l'économie. En vain. Oh que si ! Une seule : un appel au soulèvement populaire contre Laurent Gbagbo.
Serge Armand Didi sardidi@yahoo.fr
Sur ce dernier point, Bédié accuse le chef de l'Etat ivoirien de s'auto-inviter aux retrouvailles chez le peuple baoulé dans le but de faire du recrutement alors qu'il perturbe la sérénité des populations en déversant dans les villages de nombreuses forces de l'ordre.
Sur le chapitre de la gabegie, le leader du vieux parti ivoirien affirme que Gbagbo et son épouse s'adonnent à des dépenses somptuaires sous le couvert de pseudovisites d'Etat à travers tout le pays. Et le président du PDCI d'en déduire qu'il s'agit, en réalité, de tournées de propagande partisane réalisées avec les moyens de l'Etat?.
Au cours de ses déplacements à l'intérieur du pays, le chef de l'Etat de Côte d'Ivoire ferait, de l'avis de Bédié, de fausses promesses aux populations qui ne croient pourtant plus à sa bonne foi. Il (Gbagbo) sème à tous les vents des promesses pour s'attirer les faveurs d'une opinion qui ne croit plus en lui, s'est-il réjoui devant ses militants. L'ex-chef de l'Etat s'est, par ailleurs, interrogé sur l'opportunité des réformes du président Laurent Gbagbo. Qui croit-il duper aujourd'hui, en créant, de façon inconsidérée, départements, sous-préfectures et communes dans un contexte de récession économique sans précédent !
Le président Bédié a ajouté, à ce tableau déjà sombre de l'action du FPI au pouvoir, le grief de violation des droits humains. Le sang a trop coulé depuis l'avènement du FPI au pouvoir. Trop de morts inutiles jalonnent le règne du FPI. () Je n'ai aucune goutte de sang sur mes mains.
Les propos de Bédié à ce meeting font penser à ceux d'un chef de l'Etat amnésique qui, une fois déchu, oublie ses propres actes à la tête de l'exécutif.
Ce qui fait peur
Comme à son habitude, Bédié a mis une teinte de tribalisme dans son meeting en s'élevant contre la participation du chef de l'Etat ivoirien, donc le président de tous les Ivoiriens, aux retrouvailles de pâques en pays baoulé, principalement à Béoumi. En réalité, N'Zuéba (sobriquet de Bédié) a peur de la percée de son adversaire Laurent Gbagbo dans le pays baoulé qu'il considère encore comme sa chasse gardée. Le président Gbagbo ne perturbe pas la sérénité des populations du centre. Bien au contraire, il leur apporte le développement que le PDCI et Bédié n'ont pas voulu leur donner. Un petit constat : l`électrification rurale est passée de 48 villages par an sous le PDCI à 157 villages électrifiés avec le président Gbagbo. Soit une différence de 109 localités, peut-on lire sur le site www.laurentgbagbo.net.
Et le peuple baoulé n'a pas été oublié dans ce programme de haute portée. Il a même bénéficié des plus gros investissements dans ce domaine.
C'est cette performance et la reconnaissance que cet acte a suscitée chez les Baoulé qui font peur au président du PDCI au point de lui faire perdre son contrôle au cours d'un meeting.
Autre fait qui fait que le président ivoirien est aimé des Baoulé : pendant ses 7 années passées à la tête du pays, Bédié avait abandonné Yamoussoukro, la ville natale de Félix Houphouet-Boigny au profit de Daoukro, son village. Une injustice que Laurent Gbagbo est en train de réparer par l'ouverture de grands chantiers tels que la maison des députés, les travaux de construction du Palais présidentiel, de l`Assemblée nationale. Des chantiers à travers lesquels l'actuel chef de l'Etat manifeste toute sa volonté de conférer à Yamoussoukro son réel statut de capitale politique.
Gbagbo comme Mitterrand ?
Les conseils généraux, un pan du programme de gouvernement du président Gbagbo, ont vu le jour et fonctionnent. Ils permettent des réalisations de nombreux projets de développement local. N'zuéba se plaint de la création d'un grand nombre de départements en Côte d'Ivoire dans cette période de conjoncture. Il faut lui rétorquer que c'est en période difficile que le socialiste François Mitterrand, arrivé au pouvoir en 1981, a introduit l'idée de multiplier les départements et d'accentuer, dans une certaine mesure, la décentralisation. Il a fait prendre, une année après son arrivée à la tête de l'Etat français, une loi sur la décentralisation qui a donné une certaine autonomie aux départements et aux régions (cette loi a mis fin à toute velléité de l`État de maîtriser l`urbanisation et l`aménagement du territoire). Ce qui a permis à la France de faire un bond qualitatif vers le progrès. C'est exactement ce que le président Gbagbo est en train de concevoir en Côte d'Ivoire pour le bien-être des populations. L'école gratuite a été amorcée. Et ce sont ces réformes qui ont suscité la crainte des inspirateurs de la guerre du 19 septembre 2002. Des inspirateurs parmi lesquels certaines sources situent le président du PDCI. Et c'est justement cette guerre qui n'a pas permis la mise en application des autres chapitres du programme de gouvernement du président de la République. L'un des objectifs de la guerre à lui imposée était justement de ne pas le laisser appliquer son ambitieux programme sans précédent en Afrique. Alors où sont les vaines promesses que dénonce l'ex-président? Et puis, pourquoi Henri Konan Bédié fait preuve d'autant de mauvaise foi ? Il dénonce les créations de nouvelles communes et sous-préfectures pour cause de récession économique, mais il reste muet quand, dans cette même grisaille économique, l'Etat finance les partis politiques avec le PDCI en tête à hauteur de plusieurs centaines de millions FCFA chaque année depuis trois ans. Le successeur d'Houphouet-Boigny n'avait jamais fait droit à cette exigence démocratique alors que, selon lui, pendant son règne, le pays se portait mieux.
Pour ce qui est des dépenses somptuaires (excessives), il faut remarquer que c'est bien Bédié lui-même qui est l'adepte d'une telle pratique. Quand il était au pouvoir (1994-1999), Daoukro a bénéficié d'infrastructures trop ambitieuses pour la modeste bourgade que représente cette ville. Des sources concordantes indiquent que la ville natale de Bédié a bénéficié de crédits budgétaires de plusieurs milliards de F CFA pour des travaux de voirie et des travaux d`assainissement. Son faubourg de Pèpressou et Koukourandoumi, village de son épouse, gardent encore les signes de ces dépenses somptuaires et à caractère privé à partir des caisses de l'Etat.
Henri Konan Bédié parle, par ailleurs, du sang qui a trop coulé en Côte d'Ivoire et attribue ce drame au parti du président au pouvoir. Est-ce le fait de celui qui gouverne quand des personnes prennent des armes et viennent nuitamment tuer dans le but de prendre le pouvoir ?
Bédié se présente comme une blanche colombe aux mains propres, oubliant certainement les morts du boycott actif de 1995 qu'il doit avoir sur sa conscience. Des Ivoiriens qui ont eu pour seul tort de revendiquer plus de transparence dans le jeu électoral. La seule chose vraie qui ait été dite le 29 mars par Bédié, c'est la cherté de la vie. Mais, en politicien qui hait la sincérité, il n'a pas dit les raisons de la flambée des prix. Il n'a pas osé dire à ses militants que c'est un phénomène mondial lié au coût élevé du baril de pétrole.
Et puis, quand on a fini d'écouter le président du PDCI faire des critiques dénuées d'honnêteté, on attend qu'il fasse des propositions dans le domaine de la santé, de l'éducation, de l'économie. En vain. Oh que si ! Une seule : un appel au soulèvement populaire contre Laurent Gbagbo.
Serge Armand Didi sardidi@yahoo.fr