Diabolisation facile
La double absence d'Henri Konan Bédié, le président du Pdci-Rda et d'Alassane Dramane Ouattara, le président du Rdr à la cérémonie de la ?' flamme de la paix'', a fait d'énormes vagues. Diversement appréciée et commentée, la ?'défection'' physique des deux personnalités de la scène politique nationale a fait autant l'actualité sinon plus que la cérémonie elle-même. Certains y ont vu la preuve du refus des deux leaders de l'opposition à aller à la paix.
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En revanche, d'autres ont estimé qu'ils étaient dans leur logique puisque n'étant pas belligérants, ils avaient quelque raison à ne pas ?' gâcher'' la fête des deux ex-adversaires qui ont décidé de brûler leurs armes. Ainsi, si ceux qui se sont affrontés, décident, après la cessation des hostilités, de se débarrasser de leurs engins de mort, en quoi l'absence de tierces personnes peut-elle remettre en cause leurs engagements à aller à la paix ? Telle devrait être la problématique de l'absence de Bédié et de Ouattara à Bouaké le 30 juillet dernier. Oh, certes, on peut penser autre chose et tirer certaines conclusions de cette absence. Mais, ce ne seront jamais que des procès d'intention tant que les concernés n'auront pas donné la preuve effective de leur refus de la paix. Or, sur ce chapitre, l'un et l'autre ont, favorablement, accueilli l'Apo et apporté, officiellement, leur soutien au Premier ministre Guillaume Soro. Tout comme ils ont participé à la première réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC) créé par l'Apo. Et ils ont, tous les deux, fermement condamné l'attentat manqué contre le Premier ministre sur le tarmac de l'aéroport de Bouaké, le 29 juin dernier.
Il s'en suit que pour avoir été remarquée, leur absence au ?' bûcher de la paix'' n'en est pas moins un épiphénomène qui ne mérite pas toutes les proportions qu'on lui a données. Il est donc temps de redimensionner cette double absence en la mettant en rapport avec celle de Mme Simone Gbagbo et Mamadou Koulibaly. Le second, président de l'Assemblée nationale, est la deuxième personnalité de l'Etat, la première est l'épouse du président de la République, donc la première Dame du pays. Ce sont, comme on le voit, deux personnalités parmi les plus importantes du régime et de l'Etat. A ce titre, elles sont donc de facto partie prenante au processus de paix. Et plus encore dans le cadre de l'application de l'Apo qui se trouve être le fruit du dialogue direct auquel ont participé les Forces nouvelles et le clan présidentiel dont Mme Gbagbo et M. Koulibaly sont deux figures de proue. On pouvait, donc, raisonnablement, s'étonner, pour ne pas dire plus, de l'absence de ces personnalités présentées comme incarnant l'aile dure et pure du régime à la cérémonie de la flamme de la paix. Mais, non, c'est plutôt l'absence de Bédié et de Ouattara qui a l'événement. A quelles fins ? Allez savoir ! Et, au lieu de taper à droite, on fait, semblant de taper à gauche
On a, à l'évidence, voulu, comme à l'accoutumée, faire diversion afin d'occulter le vrai débat que pose l'absence du n°2 de l'Etat dont on connaît les envolées colériques et de la première Dame à Bouaké. Mais les observateurs avertis auront compris que les ?' ennemis de la paix'' ne sont pas toujours là où l'on croit. Ils peuvent être dans tous les partis et à tous les niveaux. Cessons donc la diabolisation facile de ceux qui ne pensent pas comme nous. Ils n'ont pas toujours tort. De même que nous n'avons pas toujours raison.
Honoré Sépé
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En revanche, d'autres ont estimé qu'ils étaient dans leur logique puisque n'étant pas belligérants, ils avaient quelque raison à ne pas ?' gâcher'' la fête des deux ex-adversaires qui ont décidé de brûler leurs armes. Ainsi, si ceux qui se sont affrontés, décident, après la cessation des hostilités, de se débarrasser de leurs engins de mort, en quoi l'absence de tierces personnes peut-elle remettre en cause leurs engagements à aller à la paix ? Telle devrait être la problématique de l'absence de Bédié et de Ouattara à Bouaké le 30 juillet dernier. Oh, certes, on peut penser autre chose et tirer certaines conclusions de cette absence. Mais, ce ne seront jamais que des procès d'intention tant que les concernés n'auront pas donné la preuve effective de leur refus de la paix. Or, sur ce chapitre, l'un et l'autre ont, favorablement, accueilli l'Apo et apporté, officiellement, leur soutien au Premier ministre Guillaume Soro. Tout comme ils ont participé à la première réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC) créé par l'Apo. Et ils ont, tous les deux, fermement condamné l'attentat manqué contre le Premier ministre sur le tarmac de l'aéroport de Bouaké, le 29 juin dernier.
Il s'en suit que pour avoir été remarquée, leur absence au ?' bûcher de la paix'' n'en est pas moins un épiphénomène qui ne mérite pas toutes les proportions qu'on lui a données. Il est donc temps de redimensionner cette double absence en la mettant en rapport avec celle de Mme Simone Gbagbo et Mamadou Koulibaly. Le second, président de l'Assemblée nationale, est la deuxième personnalité de l'Etat, la première est l'épouse du président de la République, donc la première Dame du pays. Ce sont, comme on le voit, deux personnalités parmi les plus importantes du régime et de l'Etat. A ce titre, elles sont donc de facto partie prenante au processus de paix. Et plus encore dans le cadre de l'application de l'Apo qui se trouve être le fruit du dialogue direct auquel ont participé les Forces nouvelles et le clan présidentiel dont Mme Gbagbo et M. Koulibaly sont deux figures de proue. On pouvait, donc, raisonnablement, s'étonner, pour ne pas dire plus, de l'absence de ces personnalités présentées comme incarnant l'aile dure et pure du régime à la cérémonie de la flamme de la paix. Mais, non, c'est plutôt l'absence de Bédié et de Ouattara qui a l'événement. A quelles fins ? Allez savoir ! Et, au lieu de taper à droite, on fait, semblant de taper à gauche
On a, à l'évidence, voulu, comme à l'accoutumée, faire diversion afin d'occulter le vrai débat que pose l'absence du n°2 de l'Etat dont on connaît les envolées colériques et de la première Dame à Bouaké. Mais les observateurs avertis auront compris que les ?' ennemis de la paix'' ne sont pas toujours là où l'on croit. Ils peuvent être dans tous les partis et à tous les niveaux. Cessons donc la diabolisation facile de ceux qui ne pensent pas comme nous. Ils n'ont pas toujours tort. De même que nous n'avons pas toujours raison.
Honoré Sépé