Que veut encore Gbagbo
Je voulais dire aux uns et aux autres que ma démarche est toujours politique. Quand je pose un acte, ne recherchez pas autre chose que de la politique. C'est le seul travail que je fais", a dit le Chef de l'Etat Gbagbo Laurent le mardi 13 février 2007, au terme du protocole d'accord entre Trafigura et l'Etat de Côte-d'Ivoire. Cette déclaration est loin d'être fortuite. Le Chef de l'Etat depuis 2000 a fait preuve de sa vision politique et souvent politicienne des choses. Dans toutes les situations et toutes les circonstances. Dans le cas d'espèce, si la rumeur sur sa volonté de se trouver un nouveau Premier Ministre issu des rangs du RHDP se confirme, cela ne peut relever que d'une autre politique politicienne qu'il compte exploiter à son seul profit. Une politique qui, disons-le, pourrait viser l'isolement des Forces Nouvelles, pour mieux les phagocyter ou à défaut leur mettre à dos la Communauté nationale et internationale.
Ce n'est plus un secret pour personne. L'accord de Ouagadougou qui était censé être l'ultime remède aux maux ivoiriens a du plomb dans l'aile. Et si rien n'est fait, il risque d'échouer lui aussi, s'il ne l'est déjà. A l'heure du bilan et au moment où la Communauté internationale tend à reprendre le dossier ivoirien en main, il faut un responsable désigné du blocage et de l'échec. Il va sans dire que le Chef de l'Etat ne se fera jamais hara-kiri en se laissant épingler comme l'obstacle. Le responsable, c'est le Premier Ministre Soro Guillaume qui a été le principal conducteur du processus. Le Chef de l'Etat aura tout loisir à brandir qu'il a fait sa part. Il a nommé le patron des Forces Nouvelles comme Premier ministre, il lui a permis de choisir ses hommes, il lui a mis les moyens à disposition, il est allé à Bouaké pour démontrer sa bonne foi. Il ne restait plus au Premier Ministre qu'à prendre toutes les mesures pour l'accomplissement du démantèlement des milices, le désarmement, l'intégration des deux armées, le redéploiement de l'administration, la réunification du pays, la réinsertion et la reconstruction. Sept mois après la signature de l'accord de Ouagadougou pensé, conçu et paraphé par les deux belligérants, qu'est-ce qui a été fait en dehors des symboles ? Le camp présidentiel aura loisir à dire que s'il recherche un nouveau Premier Ministre, c'est bien parce qu'il ne cautionne pas les allures du Premier Ministre Soro. Qui n'accélère pas le processus de sortie de crise. Par ailleurs, choisir un Premier Ministre dans les rangs du RHDP serait un fort lobbying pour remettre les partis politiques de l'opposition dans le jeu d'où le tandem Gbagbo Soro avait voulu les exclure avec le dialogue direct de Ouagadougou. Si le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI et le MFA reprennent les devants des débats politiques pour la sortie de crise, ils auront pour principal interlocuteur le FPI (un parti comme eux), les Forces nouvelles en seraient réduites à un rôle de simple protagoniste. Depuis un moment, la Communauté internationale exige que toute la classe politique ?uvre pour l'application de l'accord de paix. La nomination d'un Premier Ministre issu du RHDP montrerait que Gbagbo est plus ouvert que Soro. Aussi, si l'ONU doit frapper les obstacles à la paix, elle le fera beaucoup plus contre Soro et les Forces Nouvelles que contre Gbagbo et le camp présidentiel. Les Forces Nouvelles isolées seraient une proie facile à broyer.
Eddy PEHE
Ce n'est plus un secret pour personne. L'accord de Ouagadougou qui était censé être l'ultime remède aux maux ivoiriens a du plomb dans l'aile. Et si rien n'est fait, il risque d'échouer lui aussi, s'il ne l'est déjà. A l'heure du bilan et au moment où la Communauté internationale tend à reprendre le dossier ivoirien en main, il faut un responsable désigné du blocage et de l'échec. Il va sans dire que le Chef de l'Etat ne se fera jamais hara-kiri en se laissant épingler comme l'obstacle. Le responsable, c'est le Premier Ministre Soro Guillaume qui a été le principal conducteur du processus. Le Chef de l'Etat aura tout loisir à brandir qu'il a fait sa part. Il a nommé le patron des Forces Nouvelles comme Premier ministre, il lui a permis de choisir ses hommes, il lui a mis les moyens à disposition, il est allé à Bouaké pour démontrer sa bonne foi. Il ne restait plus au Premier Ministre qu'à prendre toutes les mesures pour l'accomplissement du démantèlement des milices, le désarmement, l'intégration des deux armées, le redéploiement de l'administration, la réunification du pays, la réinsertion et la reconstruction. Sept mois après la signature de l'accord de Ouagadougou pensé, conçu et paraphé par les deux belligérants, qu'est-ce qui a été fait en dehors des symboles ? Le camp présidentiel aura loisir à dire que s'il recherche un nouveau Premier Ministre, c'est bien parce qu'il ne cautionne pas les allures du Premier Ministre Soro. Qui n'accélère pas le processus de sortie de crise. Par ailleurs, choisir un Premier Ministre dans les rangs du RHDP serait un fort lobbying pour remettre les partis politiques de l'opposition dans le jeu d'où le tandem Gbagbo Soro avait voulu les exclure avec le dialogue direct de Ouagadougou. Si le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI et le MFA reprennent les devants des débats politiques pour la sortie de crise, ils auront pour principal interlocuteur le FPI (un parti comme eux), les Forces nouvelles en seraient réduites à un rôle de simple protagoniste. Depuis un moment, la Communauté internationale exige que toute la classe politique ?uvre pour l'application de l'accord de paix. La nomination d'un Premier Ministre issu du RHDP montrerait que Gbagbo est plus ouvert que Soro. Aussi, si l'ONU doit frapper les obstacles à la paix, elle le fera beaucoup plus contre Soro et les Forces Nouvelles que contre Gbagbo et le camp présidentiel. Les Forces Nouvelles isolées seraient une proie facile à broyer.
Eddy PEHE