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Le Patriote
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Les dessous d'un voyage

Le président ivoirien sera reçu aujourd'hui par son homologue sud-africain. Le communiqué présidentiel qui a annoncé ce voyage état des discussions que devra avoir Laurent Gbagbo avec Mbéki sur le processus de sortie de crise. Cet entretien se déroule "dans le contexte des efforts du continent pour assister le peuple ivoirien dans son effort de consolidation du processus de paix", a précisé le ministère des affaires étrangères dans un communiqué. A cet effet, Gbagbo doit informer Mbeki, médiateur durant la crise ivoirienne, sur "l'application de l'accord de paix de Ouagadougou, le processus national d'identification, le processus de DDR (désarmement et réinsertion des ex-combattants) et les préparatifs des élections prévues cette année". Même si ce voyage du chef de l'Etat s'inscrit dans l'ordre normal des choses, il n'en demeure pas moins qu'il cache beaucoup de non-dits. En effet, le président sud-africain a été longtemps le médiateur dans la crise ivoirienne. Son aura et sa personnalité lui ont permis d'arracher à Gbagbo quelques acquis et dissuader l'ex-rébellion de l'usage de la force pour résoudre la crise. C'est dire que Mbéki est respecté par les deux ex-belligérants et même par le président Blaise Compaoré, l'actuel facilitateur de la crise ivoirienne. L'actuel locataire du Palais se rend chez son homologue Mbéki avec trois requêtes en poche. Primo, le report des élections, secundo, le désarmement des ex-rebelles avant les élections, et enfin la question de l'INS qu'il entend coûte que coûte mettre au-dessus de l'opérateur technique dans la confection des titres d'identité et documents électoraux. Pour avoir gain de cause, le chef de l'Etat ivoirien entend mettre dans la balance une autre revendication qui a l'air d'une menace à l'encontre de Soro. En effet, selon des sources bien informées, le woody dira à Mbéki que si les élections ne sont pas tenues d'ici octobre 2008, Soro devra en tirer toutes les conséquences. Entendu qu'il devra assumer son échec de conduire le processus à son terme. Il devra alors faire place à un autre pour terminer le travail. E n clair, Gbagbo prépare l'après Ouaga.
I. B. Kamagaté

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Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.