Comment Ouattara peut-il s`en sortir?
Slate Afrique - Qui détient vraiment le pouvoir en Côte d'Ivoire, le président Alassane Ouattara ou son Premier ministre Guillaume Soro?
Christian Bouquet - Posée ainsi, la question induit une réponse mesurée, voire modulée. La légitimité du pouvoir se trouve chez Alassane Ouattara, élu président de la République à l'issue d'un scrutin démocratique que personne ne conteste plus guère. Il est donc implicitement le président de tous les Ivoiriens (ce que n'aurait pas été Laurent Gbagbo puisque le Conseil constitutionnel avait annulé les votes de 13 % de la population lors de la présidentielle de novembre 2010). De plus, depuis qu'il exerce effectivement sa fonction, Alassane Ouattara s'est entouré d'une équipe rapprochée qui lui assure progressivement l'autorité effective sur tous les secteurs. Un hebdomadaire titre même sur l'hyper-président.
Cependant, certains pensent que la réalité du pouvoir se trouve plutôt chez Guillaume Soro au motif qu'il a (ou aurait) orchestré la descente des ex-rebelles sur Abidjan (la capitale économique) et permis ainsi à Alassane Ouattara d'occuperde facto le fauteuil de président. Et il est vrai que Guillaume Soro est à la fois Premier ministre et ministre des Armées. De ce fait, il occupe le devant de la scène dans des secteurs sensibles comme la réorganisation des armées, la lutte contre les exactions et le racket, et quelques autres missions qui, pour la plupart, ne le rendront pas forcément populaire.
Pour autant, il ne fait probablement qu'appliquer les directives du président. On notera d'ailleurs que les personnalités civiles et militaires qui -dans un processus anachronique- ont fait allégeance au nouveau pouvoir après avoir soutenu le précédent, sont allés s'incliner devant Alassane Ouattara.
Enfin, Guillaume Soro sait qu'il a été positionné là où il est pour remettre la Côte d'Ivoire sur les bons rails d'ici aux législatives. Il sera remplacé ensuite. ... suite de l'article sur Slate Afrique
Christian Bouquet - Posée ainsi, la question induit une réponse mesurée, voire modulée. La légitimité du pouvoir se trouve chez Alassane Ouattara, élu président de la République à l'issue d'un scrutin démocratique que personne ne conteste plus guère. Il est donc implicitement le président de tous les Ivoiriens (ce que n'aurait pas été Laurent Gbagbo puisque le Conseil constitutionnel avait annulé les votes de 13 % de la population lors de la présidentielle de novembre 2010). De plus, depuis qu'il exerce effectivement sa fonction, Alassane Ouattara s'est entouré d'une équipe rapprochée qui lui assure progressivement l'autorité effective sur tous les secteurs. Un hebdomadaire titre même sur l'hyper-président.
Cependant, certains pensent que la réalité du pouvoir se trouve plutôt chez Guillaume Soro au motif qu'il a (ou aurait) orchestré la descente des ex-rebelles sur Abidjan (la capitale économique) et permis ainsi à Alassane Ouattara d'occuperde facto le fauteuil de président. Et il est vrai que Guillaume Soro est à la fois Premier ministre et ministre des Armées. De ce fait, il occupe le devant de la scène dans des secteurs sensibles comme la réorganisation des armées, la lutte contre les exactions et le racket, et quelques autres missions qui, pour la plupart, ne le rendront pas forcément populaire.
Pour autant, il ne fait probablement qu'appliquer les directives du président. On notera d'ailleurs que les personnalités civiles et militaires qui -dans un processus anachronique- ont fait allégeance au nouveau pouvoir après avoir soutenu le précédent, sont allés s'incliner devant Alassane Ouattara.
Enfin, Guillaume Soro sait qu'il a été positionné là où il est pour remettre la Côte d'Ivoire sur les bons rails d'ici aux législatives. Il sera remplacé ensuite. ... suite de l'article sur Slate Afrique