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Notre Voie
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Tourner la page

Le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, disait le jeudi 28 février 2008, devant le parlement sud africain que les accords de défense signés il y a plus de 50 ans sont aujourd'hui obsolète. Ce qui traduit sa volonté de rupture d'avec la Françafrique et ses succédanés. Les jeunes générations d'Africains trouvent, quant à eux, inadmissible que, 48 ans après les indépendances, certains pays du continent continuent d'être quasiment inféodés à la France. Et leurs dirigeants qui agissent tels des gouverneurs locaux? pour Paris.
Sarkozy veut tourner la page. Il l'avait annoncé à Cotonou (Bénin), l'a réaffirmé maladroitement à l'Université Cheick Anta Diop de Dakar (Sénégal), avant de se ressaisir au Cap (Afrique du Sud). Même si la parenthèse du limogeage de Jean Marie Bockel, Secrétaire d'Etat français à la Coopération et à la Francophonie, laisse planer un réel sentiment de scepticisme sur cette rupture tant attendue.
Pour avoir exigé la mort de la Françafrique, M. Bockel s'est vu dégommé par Sarkozy du poste de la Coopération et de la Francophonie pour celui, sans enjeu, des Anciens combattants. A la grande satisfaction des Françafricains au pouvoir dans certains pays du continent.
Tourner la page de la Françafrique, c'est non seulement rompre avec les pratiques abjectes et mafieuses? qui ont cours dans les sphères politique (soutien aux partis uniques de fait, fraude électorale, combat subtil contre la démocratie) et économique (lutte pour la sauvegarde du monopole), mais surtout rompre avec les indépendances sous haute surveillance de l'armée française?, pour reprendre les termes de la star ivoirienne de reggae, Alpha Blondy.
Par leur présence dans les pays africains, les troupes françaises témoignent de la pérennité de l'ordre ancien. Si Sarkozy veut effectivement faire accepter le message à tous que les temps ont changé?, la preuve visible de cette assertion serait que les bases militaires françaises disparaissent du continent africain, car elles sont l'illustration du caractère obsolète des accords signés il y a 50 ans.
Quand il dit que le 43ème Bataillon d'infanterie marine (BIMA) basé à Abidjan doit fermer, le président ivoirien est donc sur la même longueur d'onde que le président français.


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

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