Affaire Béhanzin : Ce que dit le Procureur Tchimou
Le procureur de la République, Tchimou Raymond, explique pourquoi la justice ne peut pas s'autosaisir. Le Béninois Béhanzin Armand, soutenu dans ses propos par le président des intercesseurs pour la paix, M. Soumah Yadi, accuse de hautes personnalités tant politiques que religieuses, de pratiques fétichistes et d`occultisme. Pis, les informations confirmées de vive voix par ses auteurs et diffusées à travers un CD, font en ce moment l`objet d`un battage médiatique qui ne laisse personne indifférent. Le procureur de la République, M. Tchimou Raymond Féhou, que nous avons rencontré hier par rapport à la question, fait savoir qu`en tant que défenseur des lois de la République, deux options s`offrent à lui. La première porte sur les crimes liés à la révélation de Béhanzin indiquant avoir reçu des personnes nommément citées, des bébés qu`il a sacrifiés, dans le cadre de ses pratiques vaudous. La seconde option est relative au délit de diffamation, puisque toutes les personnes accusées par Béhanzin se disent calomniées. S`agissant des crimes, le chef du parquet d`Abidjan dit être effectivement fondé à s`autosaisir. Mais, il se garde d`adopter cette voie pour la simple raison que le rôle du parquet qu`il dirige est aussi et surtout de veiller et de préserver l`ordre public dans toutes ses dimensions. S`autosaisir à partir des affirmations de Béhanzin, amènerait les procéduriers à met-tre non seulement ce dernier aux arrêts pour nécessité d`enquête, mais aussi tous ceux qu`il dénonce dans cette affaire. Procéder ainsi pourrait, selon le procureur Tchimou, générer des troubles à l`ordre public, dans la mesure où la plupart des personnalités citées sont des leaders, drainant derrière eux du monde dans leur domaine d`activité. Quant à la diffamation, M. Raymond Tchimou soutient ne pas être habilité à s`autosaisir. La loi ne lui en donne le droit qu`en cas d`offense au Chef de l`Etat. Les poursuites en matière de diffamation, nécessitent une plainte préalable. C`est pourquoi, pour les personnalités se disant diffamées, le chef du parquet dit, attendre qu`elles viennent saisir par plaintes écrites le parquet, les services de police ou de gendarmerie pour lui permettre de mettre en ?uvre les procédures de poursuites pénales. Il indique qu`en plus de Béhanzin, le principal mis en cause, tous les autres acteurs que sont les confectionneurs et diffuseurs des CD vont, eux aussi, être interpellés en tant que complices. Le procureur Raymond Tchimou précise toutefois que par rapport à la gravité des faits évoqués par Béhanzin, il a ordonné auprès du directeur de la police criminelle, des enquêtes officieuses qui sont en cours. Le procureur de la République rassure aussi que le fait que Béhanzin ait quitté le pays ne constitue aucunement une entrave à la procédure.
Landry Kohon
Landry Kohon