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Election sans désarmement, une aventure risquée

Peut-on organiser les élections générales au cours de cette année 2008 alors que le désarmement n'est effectif ? Les acteurs politiques ivoiriens ont des réponses variées. Les ténors de l'opposition disent que c'est possible. L'ex-président de la République Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA, l'a récemment affirmé sur la radio Onuci FM. Après le 2ème congrès ordinaire du Rassemblement des Républicain, Alassane Dramane Ouattara a abondé dans le même sens dans des interviews accordées à des confrères. Le leader du RDR a illustré ses propos par l'exemple de l'Irak et de la République démocratique du Congo. Le parti présidentiel, le Front populaire ivoirien (FPI), ne s'est pas encore prononcé officiellement sur la question. Le N°1 du parti, Pascal Affi N'Guessan devra faire connaître sa position les jours prochains même si on sait que le FPI s'est toujours opposé à l'éventualité d'une élection sans désarmement. Konaté Navigué, leader de la jeunesse du FPI, lui, a déjà dit non. Au cours d'une assemblée générale le 2 février, il a déclaré qu'il n'est pas question d'envisager l'hypothèse d'une élection sans désarmement. Et le sommet de l'exécutif ? Côté primature, on reste prudent sur à la question. L'idéal est d'aller à des élections dans un pays démilitarisé. Mais votre inquiétude est justifiée quand on voit les retards et le délai?, a répondu lors de son dernier point de presse hebdomadaire Méité Sindou, porte-parole du Premier ministre Guillaume Soro. Et M. Méité de réaffirmer ce jour-là l'engagement de son patron à réaliser le désarmement et à organiser ensuite les élections dans un pays libéré des armes. Pour le moment, le Président de la République observe ce débat. Mais les observateurs de la scène politique ivoirienne ne devraient pas s'attendre que M. Gbagbo accepte d'engager son pays dans une aventure d'élection sans désarmement. Le bon sens et les expériences dans d'autres pays autorisent à ne pas encourager cette idée. Elle est même à proscrire. Ceux qui réclament des élections sans désarmement sont certainement ceux qui oeuvreront à une reprise des hostilités si les résultats ne les arrangent pas. Et ils n'iront pas chercher loin puisque les hommes seront là disposant des armes. Et quand on sait que beaucoup de personnes n'attendent qu'une opportunité pour des actions subversives, il faut avouer que la Côte d'Ivoire aura elle-même décidé de sa nouvelle déchirure.
Pourtant s'étant eux-mêmes approprié le processus de sortie de crise, les Ivoiriens devraient faire triompher leur intelligence pour une sortie de crise sans bavure.


Dan Opéli

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.