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Éditorial : Fréquentables!

Fiers Ivoiriens, le pays nous appelle, si nous avons dans la paix ramené la liberté. Notre devoir sera d'être un modèle de l'espérance promise à l'humanité. En forgeant unis dans la foi nouvelle, le pays de la vraie fraternité. Cette dernière strophe de l'hymne national, l'Abidjanaise, sonne comme un refrain qui accompagne et rythme la sortie de crise à travers les actes posés quotidiennement, tant par des acteurs nationaux qu'étrangers. Les plus sceptiques des Ivoiriens doivent se rendre à l'évidence: l'Accord politique de Ouaga a fait plus de bien à notre pays que toutes les autres solutions proposées. Aujourd'hui, force est de reconnaître que les Ivoiriens sont heureux et fiers d'avoir su répondre à l'appel de la paix; ils sont contents d'avoir ramené la liberté; ils espèrent redevenir un peuple modèle de tolérance, d'hospitalité et de solidarité; ils veulent continuer d'être une espérance promise à l'intégration africaine. Unis et forts, ils entendent, dans la foi nouvelle, forger le pays de la vraie fraternité. La Côte d'Ivoire, ses autorités politiques, ses populations, ses opérateurs économiques sont tous redevenus fréquentables. Les exemples foisonnent pour l'attester. Aujourd'hui, le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, arrive à Abidjan pour une visite de travail de 48 heures. Il va rencontrer le Président de la République (Laurent Gbagbo), le Premier ministre (Soro Guillaume), les principaux leaders politiques de l'opposition (Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara). Il va apporter le soutien ferme, franc et officiel de l'Onu à l'organisation d'élections transparentes, ouvertes à tous, justes et libres. Il va insister auprès des uns et des autres sur l'impérieuse nécessité d'assurer le succès de ces élections par le respect des normes démocratiques et le refus de la violence. C'est le sens de sa participation à la cérémonie de signature d'un code de bonne conduite par les partis politiques. Au-delà des articulations du programme, la visite du Secrétaire général de l'Onu est un message clair et net: les Ivoiriens, leur pays et leurs autorités sont redevenus fréquentables. Longtemps mis en quarantaine injustement, le Président Laurent Gbagbo retrouve, petit à petit, le rôle et la place qui lui sont dévolus par la puissance économique de son pays au niveau de l'espace UEMOA. Après moult tractations, le poste de la BCEAO a été attribué à un ressortissant du leader naturel de la zone. Le Chef de l'Etat, jadis ballotté de sommet en sommet, de capitale en capitale, est redevenu, avec l'Accord de Ouaga, maître de son destin et du jeu. Mieux, il propose désormais sa recette à l'ONU comme cas d'école à méditer afin de s'en inspirer.
Après les rencontres (furtives) avec Sarkozy, à New York et Lisbonne, le réchauffement des relations avec la France est devenu irrémédiable. La volonté politique a été clairement affichée par Abidjan qui a décidé de dégager six milliards de francs CFA pour indemniser les entreprises françaises sinistrées et trois milliards pour les écoles françaises. Au-delà des montants, il faut prendre en compte le souhait ardent de permettre le retour des Français et d'offrir à leurs enfants la possibilité de suivre l'enseignement donné dans leur pays d'origine. Parlant d'ailleurs des relations entre Paris et Abidjan, le Président Laurent Gbagbo a confié au quotidien français, Le Monde, du 19 avril dernier, ces propos forts: Elles n'ont plus la passion malsaine qu'un diplomate français appelait le phatos.Il suffisait que la Côte d'Ivoire dise quelque chose pour que la France se mette en branle, ou l'inverse. Il n'y a plus cette maladie-là. Les relations sont en voie de normalisation. Elles sont bonnes. Chaque jour apporte son lot de preuves de ce que la Côte d'Ivoire est redevenue fréquentable. Les personnalités étrangères inscrites sur la liste des audiences du Président de la République sont nombreuses. Il a accueilli, lundi dernier, le Secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme, Francesco Frangiali, venu annoncer aux autorités ivoiriennes qu'une action de promotion de la destination Côte d'Ivoire va être amorcée, dès septembre prochain. Il s'agira de redorer le blason de ce pays que certaines puissances malintentionnées ont inscrit sur la liste noire des destinations à éviter absolument. Ce même lundi 21 avril, Abidjan a abrité la cérémonie inaugurale du 31e Conseil de l'association de gestion des ports de l'Afrique de l'ouest et du centre. 300 délégués venus d'Afrique et d'Europe ont pu, en dehors des séances de travail, voir, sentir Abidjan, parcourir ses artères; goûter à la cuisine ivoirienne si riche et si variée. Ils ont eu la chance de juger, par eux-mêmes, l'ambiance des nuits chaudes abidjanaises, mais aussi et surtout comparer la réalité du terrain avec les préjugés des reportages partisans qu'ils ont vus sur certaines chaînes de télévision. Ceux que nous avons surpris dans le hall de la Tour de l'Ivoire en étaient à se demander ce qu'aurait été ce pays s'il n'avait pas vécu la parenthèse douloureuse et honteuse de cette guerre fratricide. Est-il nécessaire de citer le tour cycliste de la paix couru en zones gouvernementale et C.N.O avec des athlètes français, autrichiens, italiens, sénégalais, gabonais, marocains, rwandais, tunisiens, burkinabè, ivoiriens en mars? Doit-on revenir sur la première édition de la Can des locaux confiée à la Côte d'Ivoire? Faut-il rappeler le congrès euro-africain de cancérologie qui a réuni, au début du mois d'avril, 265, des spécialistes à Abidjan? Doit-on signaler qu'après l'Union internationale de la presse francophone qui a tenu ses 39es assises avec l'élection de notre compatriote Dan Moussa comme président mondial, le 10e anniversaire du RIArC, Réseau des instances africaines de régulation de la communication va se tenir bientôt en Côte d'Ivoire?
La liste n'est pas exhaustive, mais elle démontre à souhait que la Côte d'Ivoire, son peuple et ses autorités sont redevenus plus que fréquentables. La plus belle victoire de la Côte d'Ivoire réside cependant ailleurs: il s'agit de la liberté d'aller et de venir garantie aujourd'hui à tout le monde, sur tout le territoire. Ces dernières semaines, de nombreux leaders politiques ont sillonné le territoire du nord au sud, d'est en ouest en passant par le Centre. Sans subir d'entraves majeures. Les Ivoiriens redécouvrent la patrie de la vraie fraternité, un pays de tolérance, d'amour et de solidarité. Après avoir vécu les affres de la guerre et de la division, ils entendent l'appel à la paix de leur pays. C'est le sens à donner aux tournées politiques qui se déroulent dans la quiétude et la sécurité pour les différentes délégations des partis politiques. Nous voulons revenir sur deux exemples qui méritent méditation. Affi N'Guessan a communié en toute liberté avec les populations de Kong (militantes du FPI ou pas). Mme Gbagbo s'est rendue à Prépressou, le village du président du PDCI, Henri Konan Bédié, pour y saluer, en privé, son grand frère Bédié Koffi. Aujourd'hui, il est pratiquement loisible à chacun de circuler librement sur l'ensemble du territoire. Ces deux cas de tolérance entre adversaires doivent devenir l'exemple à suivre. La démocratie va de pair avec l'esprit de tolérance, le droit à la différence. Lors de sa visite dans le nord, le Président Gbagbo a rendu visite aux familles d'Alassane Ouattara et de Soro Guillaume à Ferké. En tournée dans la région des Savanes, Affi N'Guessan a animé un meeting dans le village de Soro Guillaume. Les Ivoiriens se rappellent que le Premier minis-tre a pour sa part, effectué deux sorties, fort remarquées, à Gnaliépa pour saluer la mère du Chef de l'Etat et à Mama où il a déjeuné avec le Président Gbagbo. En déplacement à Gagnoa pour la promotion de son livre sur Ado, le ministre Cissé Bacongo est allé saluer Allou Eugène dans son village. Tous ces gestes de décrispation et d'apaisement doivent interpeller les journalistes : éviter de vouloir créer des tensions inutiles en présentant ces tournées comme des défis lancés à tel adversaire ou des bastilles à conquérir. Il convient d'en finir avec les notions d'affront à laver, de mythe à briser, de fiefs à préserver
Laissons les Ivoiriens, qui sont redevenus fréquentables, se fréquenter. En toute fraternité!
En toute liberté ! En toute indépendance!



Par Jean-Baptiste Akrou

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