Aller au contenu
Le Quotidien
· 16 min de lecture

Rentrée Parlementaire à Yamoussoukro: Mamadou Koulibaly assène ses vérités

Le Président de l'Assemblée nationale a au cours de la rentrée parlementaire lu un discours qui aborde avec courage les questions sensibles liées à la crise ivoirienne. Le QUOTIDIEN vous propose un large extrait de cette adresse.

Mesdames et Messieurs les députés, honorables membres du Parlement ivoirien, lorsque le 7 avril 2008, j'ai reçu une lettre du Président de la République Son Excellence Monsieur Laurent Gbagbo, dans laquelle le haut expéditeur exprimait le v?ux de nous voir tenir cette session à Yamoussokro, je n'avais pas songé que j'aurais eu à faire un discours.

Mais les discussions qu'il y a eu à la conférence des Présidents et l'occasion faisant le larron, je me suis permis de préparer un discours à l'attention de mes collègues, et au-delà de l'hémicycle, à l'attention de nos compatriotes.

L'envie de m'adresser à vous m'est venue quand j'ai relu les évolutions récentes de la vie politique de notre pays. Mes pensées ont été influencées par le code de bonne conduite signé par les partis politiques, les groupements, les forces politiques, et les candidats aux élections en Côte d'Ivoire, en présence du Secrétaire général des Nations unies et du Président de la République, le jeudi 24 avril 2008, là-bas à Abidjan.

Nous sommes entrés dans une nouvelle phase de l'évolution du processus de sortie de crise. Une date à été fixée par le gouvernement pour les élections présidentielles : le 30 Novembre 2008. Même si le décret reste silencieux sur les élections législatives, il apparaît évident que notre mandat prendra fin, très vraisemblablement, dans 10 mois. La tradition, si elle ne change pas, verra les élections législatives se dérouler 2 à 3 mois après les présidentielles. Le parlement fermera en Août, Septembre et Octobre. La prochaine ouverture se fera donc à la veille des élections présidentielles, environ un mois avant. Nous serons donc en principe en pleine campagne électorale, chacun de nous doté de sa carte d'identité et de sa carte d'électeur. Cette période sera spéciale et elle m'a inspiré quelques réflexions que je souhaite, avec votre permission, partager avec vous.

Avant tout, j'aimerais vous saluer et vous remercier de me donner cette occasion. J'espère ne pas vous la faire regretter.

Commençons, Mesdames et Messieurs, par le processus de sortie de crise. En général, les périodes postélectorales en Afrique sont suivies de violences, de représailles, d'emprisonnements, de guerre civile et parfois, hélas, de génocides.

L'Ethiopie en 2005 n'a pas échappé à cette règle d'or des élections en Afrique. Les violences au Kenya après les élections de 2007. Le cas du Zimbabwe est sous nos yeux en 2008. Partout la règle d'or est présente. Nos élections se dérouleront en 2008 et nous jouons de ce fait le destin de notre démocratie, l'avenir de notre Nation en construction face à cette règle d'or. Nous sommes donc engagés à travers un code de bonne conduite. L'article le plus décisif de ce code est de ce point de vue l'article 11. Et comment ?

La question se pose tout naturellement de savoir si nous allons nous entretuer d'ici à Novembre 2008 et / ou aux lendemains du 30 novembre ?

Fatalement ? Inexorablement ? Irrésistiblement ?

La réponse pour de nombreuses personnes est non. Je suis de celles là.

Et pourquoi est-il donc si optimiste, direz-vous ?

Réponses : Depuis le début de la crise, les assassinats, les exécutions sommaires, les violations des droits de l'homme n'ont jamais aussi baissé que maintenant. Les homicides, tout en continuant, ont eu tendance à baisser ces derniers mois, même si 2008 a vu de nombreuses tueries en zone rebelle. Cette zone est aussi la plus concernée par les dispositions de l'article 11 selon lequel : les signataires s'engagent à recourir au dialogue et tous autres moyens pacifiques et légaux dans le règlement de leurs différends. Ils s'interdisent d'entretenir et de financer des milices, des groupes d'autodéfense ou groupes paramilitaires. Ils s'engagent par ailleurs à ne pas manipuler ou instrumentaliser toute force armée.

Il est donc raisonnable d'estimer que cette baisse de la violence va continuer et nous éloignera du domaine de définition de la règle d'or. Mais au-delà de cette profession de foi exprimée par l'article 16 les signataires s'engagent à appliquer de bonne foi, la présent code de bonne conduite et reconnaissent que les élections sont le seul moyen pour un parti politique, un groupement politique, une force politique ou un candidat de conquérir le pouvoir et pour tout électeur d'exprimer son choix.

Il y a aussi le fait que nous connaissons les déterminants de la règle d'or et donc que nous allons, en toute responsabilité, prendre nos dispositions, tous, autant que nous sommes, et chacun à son niveau, pour éviter les pièges de la règle d'or des violences postélectorales en Afrique. Il se pose alors la question du mode d'opération du code. Quel est son mode d'emploi ?

Les élections présidentielles qui tournent à la violence ont toutes, des traits que la science politique connaît très bien aujourd'hui. La philosophie politique elle-même, lorsqu'elle étudie les transitions démocratiques en Afrique, a identifié les caractéristiques principales et dispose de connaissances éprouvées sur les leviers de la violence postélectorale sur le continent.

En première place de ces caractéristiques, il y a le fait que le pays vont aux élections dans une ambiance de faiblesse institutionnelle marquée par la corruption endémique de ceux-là même qui doivent assurer l'ordre et le respect de l'Etat, le non respect des lois, des règlements, des tribunaux et la faiblesse des commissions électorales supposées indépendantes.

En second lieu, il y a que dans la plupart de ces pays les règlementations foncières sont soit inappropriées, soit inappliquées. Elles sont par contre, malheureusement très souvent, de puissants moyens du clientélisme politicien. La question de la terre, mal gérée est utilisée par les politiciens pour attiser les haines tribales. La grande majorité des populations africaines étant agricole, la terre est leur principal facteur de production. Et nous ne donnons pas encore de la valeur à la terre ; ce capital dormant.

Nous avons la possibilité de moderniser notre agriculture. La clé se trouve dans la loi foncière de notre pays. La terre doit être considérée comme une marchandise valorisable et à valoriser. Qu'elle puisse être vendue et que la procédure d'acquisition du titre foncier rural puisse se faire très simplement et très rapidement par l'Etat qui rendra la terre aux populations. Nous devons faciliter l'immatriculation des terres rurales et leur échange sur un marché libre. L'agriculture dans notre pays a besoin que les riches, les gens qui ont l'argent, s'y investissent et y développent de grandes exploitations avec des ouvriers agricoles disponibles en grande quantité. Le destin naturel de nos paysans doit être de devenir des ouvriers agricoles dans de très grandes exploitations de droits privés.

Cela ne dépend que de nous. Nous ne devons pas avoir peur du progrès. Il nécessite des changements de concepts, de pratiques et de méthodes. Mais en aucun cas le changement ne doit nous effrayer. La terre dans notre pays n'est pas valorisée. Dans l'évaluation de la richesse des populations, la terre rurale entre pour une valeur quasiment nulle. Comment peut-on être propriétaire de 322.000 km2 de terre et se proclamer pauvre ? Nous pouvons y mettre fin. Nous devons être audacieux.

Enfin, la dernière caractéristique, et non des moindres, est qu'il y a que dans tous les cas le tribalisme et l'ethnicisme sont utilisés à des fins politiques électorales. Les forces et les faiblesses de partis politiques sont présentées comme si elles étaient celles des groupes ethniques des principaux leaders en compétition. Critiquer un parti, commenter les propos d'un leader politique sont tout de suite présenté par ses partisans comme une attaque contre le groupe ethnique, la tribu, la région et même parfois la religion de cette personne qui elle-même ne s'émancipe pas du piège en question puisqu'elle compte là-dessus pour optimiser son gain électoral. L'article 10 du code de bonne conduite nous engage à rompre cette pratique.

Nous savons donc ce qu'il nous faut faire pour ne pas tomber dans le côté obscur des élections. La corruption, le tribalisme et les faiblesses institutionnelles sont nos ennemis communs à tous, sans distinction de partis.

Nous n'avons qu'à mettre fin à la corruption, à sortir de la prison du tribalisme et à prendre les dispositions pour renforcer nos institutions et l'autorité de l'Etat. Mais est-ce possible ? De nombreux ivoiriens pensent que oui. Il n'y a pas de raison de douter de nous. Cinq ans de guerre nous ont montré ce que notre bêtise peut nous imposer comme contraintes ; ce à quoi elle peut nous conduire. Nous avons fait notre expérience de la violence, de la guerre, et de leur cohorte de malheurs en tout genre. Nous n'avons pas besoin de prolongation. Il nous faut appliquer intégralement l'article 11 du code de bonne conduite.

Si l'accord de Ouaga n'est pas très clair sur le point du désarmement au point d'enclencher des polémiques entre les rebelles et les loyalistes fortement amplifiées par la presse ; le code de bonne conduite exige dans son article 11, l'interdiction morale de la rébellion, comme connue sous le nom de MPCI.

L'engagement moral de ne point manipuler ou instrumentaliser toute force armée, à ne pas financer et entretenir des milices ; des groupes d'autodéfense ou des groupes paramilitaires. Le désarmement n'est donc plus une exigence politique, il est maintenant devenu une exigence morale. Nous n'avons plus qu'à nous fier à la bonne foi de rebelles. Ils doivent nous donner la preuve de cette bonne foi en appliquant intégralement l'article 11 du code ; mais vont-ils l'accepter ? Nous n'en savons rien. Mais regardons ensemble. J'invite les députés ivoiriens à s'investir tous dans la stricte application du code de bonne conduite. Car il n'y a pas d'autres moyens.

La CEI, selon le code, doit veiller à la stricte application du code et prendre le cas échéant les mesures adéquates. C'est le lieu de signaler à la CEI que le MPCI, le MPIGO et le MJP entretiennent des groupes paramilitaires, financent des milices et instrumentalisent des forces armées. La rébellion est désormais moralement inacceptable, elle ne peut plus après avoir signé le code de bonne conduite, avoir de justification pour ne pas désarmer. Elle n'a pas le droit de tricher avec le code : c'est sa bonne foi qui est en cause.

D'ici les élections, si nous ne mettons pas de l'ordre nous augmenterons hélas les risques de violences postélectorales. Et cela en principe ne nous arrange pas.

La guerre de succession au premier Président de la République ivoirienne nous aura conduits à un coup d'Etat et à une multitude de tentatives de coups d'Etat. Nous savons aujourd'hui ce que coûte une rébellion, aussi bien pour les populations des zones occupées que pour celles des zones non occupées par la rébellion. Personne n'y a échappé même si certains parmi nous se sont bien enrichis par l'économie de guerre, la contrebande, les trafics en tout genre et la corruption à grande échelle.

Si pendant plusieurs années, les planteurs de coton du Nord de la Côte d'Ivoire n'ont pas été payés et se sont donc appauvris tandis que ceux qui les ont pris en otage s'enrichissaient des fruits de leurs butins, nous savons aussi que près de 400 travailleurs de l'usine Cotivo à Agboville, dans le sud, ont perdu leur emploi par manque d'intrants cotonniers qui leur arrivaient traditionnellement du Nord. Maintenant nous avons tous appris, en tout cas pour ceux qui savent apprendre de leurs erreurs, qu'aucun d'entre nous ne peut mélanger le pays et s'en tirer sans conséquences dommageables.

Dans une Nation, les citoyens sont en interconnexion par le biais de liens juridiques, géographiques, sentimentaux, économiques et politiques. Lorsque nous mettons à la disposition d'un seul d'entre eux des biens collectifs (sécurité, justice, défense,) nous le faisons automatiquement pour tous.

Il en est de même pour les maux collectifs : la pollution, la guerre, la violence, la maladie, etc.

Notre expérience de la violence et des pertes sèches qu'elle entraîne devrait nous éloigner de cette option. Ne nous faut-il pas simplement faire confiance au bon sens des politiciens et à la raison de leurs troupes qui sont promptes à se lancer dans la rue sans trop y réfléchir, pour en découdre alors qu'elles sont pour l'essentiel les premières victimes des déboires et les derniers bénéficiaires des hypothétiques gains de la sorcellerie des marchandages postélectoraux en Afrique ?

Il y a déjà eu trop de morts dans cette longue transition qui suit son cours depuis 1993. Chacune des personnes mortes pendant cette crise, que ce soit par ses impacts directs ou bien par ses effets indirects, est une mesure de notre pauvreté ; pauvreté matérielle, pauvreté naturelle et pauvreté spirituelle.

Il n'y a de richesses que d'hommes, disent les sages des pays qui ont réussi à exorciser les violences postélectorales. Sommes-nous capables de sagesse ? Telle est la question de fond à ce sujet.

Je reste optimiste sur nos capacités à nous comporter comme des êtres réfléchis pour ne pas corrompre le processus électoral, pour consolider l'Etat et pour ne pas exploiter les diversités tribales et les questions foncières à des fins politiques. Il ne dépend que de nous que cela se fasse et il n'y a aucune raison de douter de nous-mêmes. Et nous avons le temps de remédier à nos défaillances par des mesures vigoureuses et immédiates.

Donner l'exemple et faire des exemples. Telle pourrait être la règle. Les Africains comme tous les hommes réagissent aux incitations. Une négligence bénigne peut avoir des conséquences catastrophiques à court, moyen et long terme. Des mesures énergiques bien ciblées peuvent avoir des effets bénéfiques. Le chaos nous guette et nous pouvons nous payer le luxe de nous y laisser tomber fatalement, sans réaction, sans anticipation, sans ambition.

Nous pouvons dès maintenant faire lever tous les barrages routiers, les check points, les lieux de contrôle de routine sur toute l'étendue du territoire. Le commerce en sera soulagé, les populations aussi. A quoi cela nous sert-il de définir la fluidité routière par l'instauration de surtaxes multiples sur nos routes sinon renchérir les marchandises destinées à notre consommation ?

Les élections libres, transparentes, propres, sécurisées et je ne sais quoi d'autres sont incompatibles avec les barrages routiers sur l'ensemble du territoire électoral. La liberté de circulation est nécessaire aux élections et les barrages routiers sont des entraves à cette liberté d'aller et venir à tout instant et partout.

Mais cet optimisme reste quand même prudent puisque toutes les étapes du processus ne dépendent pas de nous. Une partie du processus sort de notre contrôle, du contrôle de l'Etat et elle est importante.

Il s'agit de celle qui est indépendante des intérêts politiques et relève des puissantes technologies de production des listes électorales, de fabrication des cartes d'électeurs et des cartes d'identité, toutes choses nécessaires au processus électoral. Très souvent, en Afrique, lorsque de nouvelles cartes se préparent pour aller aux élections et que leur fabrication ne relève point du gouvernement mais des commissions électorales et des soi-disant partenaires techniques, une source prépondérante de violence se retrouve exogenéisée. Or la production de la liste électorale, si elle est male faite et comporte de nombreuses erreurs, conduira à des contestations violentes par tous les candidats, tous les états-majors et tous les militants de tous les bords.

Lorsque les cartes d'électeurs sont telles que le même numéro de carte est attribué à plusieurs personnes ou que plusieurs cartes ont le même numéro d'identification, alors les contestations violentes ne manquent pas.

En règle générale ces deux protestations ne se font pas contre les soi-disant opérateurs techniques mais hélas, ce sont les militants adverses, les leaders concurrents qui s'accusent les uns les autres alors que ni les uns, ni les autres ne sont, dans les faits, responsables, auteurs ou coauteurs des défaillances constatées à posteriori dans le travail confié à grand frais à ceux qui, tout en clamant qu'ils ne font pas de politique, ne sont pas moins des agents catalyseurs du succès ou de l'échec de nos élections en Afrique. Nous devons en prendre garde. Tous nous pouvons être des victimes des incompétences, des légèretés ou de la cupidité les opérateurs techniques. Le sachant, il nous faut aller au-delà et veiller à ce que les engagements pris par les uns dans les cahiers de charges et les codes de bonne conduite soient respectés. Nous respecter, respecter les autres et faire respecter nos conventions mutuelles. Telle devrait être la règle. Tous nous ne devons en aucun cas prendre pour agent comptant les engagements verbaux. Nous devons être le plus proche possible du travail des opérateurs et éviter que par leur faute nous ne nous entretuions pas encore une fois lors des élections présidentielles à venir. Nous ne pouvons pas dire que cela n'a jamais existé. Des expériences fâcheuses ont eu lieu ailleurs, nous avons intérêt à ne pas nous illusionner sur le pouvoir de la technologie. Le sachant, nous serons vigilants. Il vaut mieux pour nous prévenir les fautes que d'en subir les conséquences dommageables. Nous devons mettre notre fois à l'épreuve ().

Enfin le dernier point de nos réflexions, puisé de l'actualité de notre crise, concerne l'intégration régionale. Notre intégration dans la sous-région après cette guerre ne peut se contenter des schémas anciens de l'UEMOA et de la CEDEAO et de l'UA. Nous devons aller au-delà. Nos économies, individuellement, sont facilement utilisables les unes contre les autres. Certains pays peuvent se révéler comme de véritables sanctuaires pour la déstabilisation des proches ou lointains voisins. Les pays se battent rarement en Afrique les uns contre les autres. Mais des ressortissants d'un pays peuvent très facilement, avec ou sans la complicité d'un autre pays, utiliser ce dernier comme sanctuaire pour aller déstabiliser leur pays d'origine. Dans ce cas, on parlera de rebelles ou bien, s'ils vont déstabiliser des pays tiers, ce sont des mercenaires.

Pour lutter contre cette gangrène qui défie en Afrique la démocratie, les droits et autorités des pays, il ne reste que l'intégration. Mais les schémas habituels doivent évoluer. Il ne devrait plus s'agir de créer des clubs et des commissions de technocrates mais de faire le grand pas en avant au seuil de la prospérité et de l'intégration de nos peuples, et plus seulement celle de nos Etats.

Les parlements de l'UEMOA, de la CEDEAO, et de l'UA devraient cesser d'être des institutions riquiqui et mettre à leur place de véritables parlements des Unions et représentations des peuples et non des Etats.

Les députés élus siègeraient pour contrôler un gouvernement supranational avec un budget fédéral adopté par le parlement de l'Union. Cela aussi est possible. Nous devons y songer et la mondialisation nous en donne l'occasion.

Voilà Mesdames et Messieurs, les réflexions que j'ai voulu partager avec vous ce matin (ndlr : mercredi dernier). Certes d'autres questions importantes existent, mais, il me fallait faire des choix. Et j'ai choisi de m'exprimer sur les questions qui sont d'ordre général sans prétention d'exhaustivité et sans vouloir non plus être trop long.

Nous irons visiter les chantiers d'Etat en cours à Yamoussoukro. C'est le lieu de remercier et féliciter le président de la République pour son implication personnelle dans la mise en route et l'avancement des chantiers. Les parlementaires ivoiriens par ma voix lui adressent leurs encouragements à continuer, tout en gérant la sortie de crise, à suivre et à s'investir dans la construction de la capitale politique engagée en 1983. Avec les travaux en cours, le point de non-retour pourrait être atteint. Il conviendrait alors que nous adoptions en Côte d'Ivoire un projet cadre du transfert de la capitale dans cette ville et que les dépenses en infrastructures soient programmées systématiquement année par année avec leur coût d'entretien et que ce projet engage tous les gouvernements à venir pour qu'à un moment donné les compétences de la capitale politique soient complètement exercées par cette ville et sans aucune concurrence avec Abidjan.

Maintenant pour finir, je voudrais vous dire qu'il est impérieux aujourd'hui de sortir complètement de la logique de guerre et entrer dans l'ambiance d'élection. Il serait loisible que nous aidions les finances de l'Etat à faire face aux nombreuses contraintes que lui impose le programme de sortie de crise.

Et ici je me permets une suggestion des plus honnêtes. Pourquoi ne pas arrêter maintenant les surcharges liées aux primes alimentaires de guerre encore appelées haut les c?urs dont les arriérés s'accumulent et qui sont aussi une bonne source de tensions chez nos forces de sécurité et de défense ?

Y mettre fin et payer d'ici les élections, les arriérés pourraient faire baisser et les tensions de trésorerie de l'Etat, et les tensions sociales dans les casernes. Sortir de la logique de guerre, c'est aussi cela. Mais ce n'est qu'une suggestion.

Merci d'avoir accepté l'invitation. Je vous souhaite bon séjour et une agréable visite dans notre capitale politique.

Merci de votre attention.

Dans cet article

Article publié par Le Quotidien et référencé par 225.ci.