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Le Quotidien
· 17 min de lecture

Interview : Alassane Dramane Ouattara, Président du RDR

Le président du RDR Alassane Dramane Ouattara a échangé hier avec les journalistes au cours d'un petit déjeuner de presse.

Monsieur le président, depuis trois mois que le congrès du RDR a eu lieu, il n'y a toujours pas de secrétaire général.

Non, mais la secrétaire générale arrive, donc il n'y a pas de changement. Il n'y a pas de nouveau secrétaire général.

Donc le Congrès n'a rien changé
Non, rien n'a changé. Le congrès a réglé des questions importantes relatives aux structures du parti. Nous avons créé un comité de direction qui est forcément opérationnel. Nous avons créé un secrétariat général qui commence à bien marcher. Nous avons créé la grande chancellerie qui est à pied d'?uvre pour préparer la décoration de nos militants. Toutes ces structures entrent dans le cadre de la restructuration du parti. Ces structures n'étaient pas statutaires et nous les avons validées au plan institutionnel. Evidemment, nous avons créé de nouveaux postes. Que ce soit des postes de vice-présidents ou de secrétaires généraux. Ces postes seront pourvus en temps opportun.

Quelle appréciation faites-vous de la visite du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire. Et que pensez vous de son idée de voir l'ONU certifier toutes les étapes du processus électoral ?
Le secrétaire général des Nations unies nous a fait un grand honneur. C'est vrai que l'ancien secrétaire général est également venu en Côte d'Ivoire. Je crois que c'est aussi la manifestation de la situation de crise que vit notre pays. Nous avons eu de bons entretiens. A partir de l'entretien que j'ai eu avec lui, je sais qu'il est satisfait de ses entretiens avec le chef de l'Etat et le Premier ministre. C'est une bonne chose. Nous avons revu ensemble les questions relatives au processus politique. Que ce soit la date du 30 novembre ou le chronogramme qui doit nous conduire à faire des élections démocratiques au 30 novembre. Nous avons également parlé du financement du processus. Connaissant la situation de l'Etat, nous ne pensons pas que l'Etat soit en mesure de financer ce processus prioritaire. Nous avons encouragé à aider au niveau des institutions internationales. Nous lui avons dit que nous aussi nous avions pris des contacts à cet effet. Nous avons aussi parlé de la sécurisation du processus. C'est important aussi bien pendant qu'après les élections. On a parlé des médias. On a demandé une couverture plus équilibrée des activités des acteurs politiques. Et aussi que la presse contribue à l'apaisement. Voilà les questions que nous avons abordées avec lui.
Etes-vous satisfait de son passage ?
Oui, je suis satisfait de régler les problèmes par une visite du secrétaire général des Nations unies. La responsabilité incombe d'abord aux acteurs ivoiriens. Mais surtout au président de la République et au Premier ministre. Donc, nous souhaitons qu'ils fassent tout pour que les élections aient lieu car nous en connaissons les conséquences pour le pays et pour les citoyens.

Pensez vous que les hautes institutions juridiques de la République peuvent en leur état actuel garantir des élections crédibles ?
Ecoutez, nous avons évoqué la question de la certification avec le secrétaire général de l'ONU. Nous avons indiqué que nous étions très attentif au travail du représentant spécial du secrétaire général, M. Choi, par rapport à la mission de certification qui lui a été confiée. Nous avons réitéré que nous avons une déception avec la suppression du poste de haut représentant pour les élections qui a été remplacé par ces deux entités. La certification par M. Choi et l'arbitrage par le facilitateur. Bien entendu le facilitateur n'est pas sur place mais il a un représentant en Côte d'Ivoire en la personne de M. Badini. Nous appelons donc ces deux personnalités à jouer pleinement leur rôle. Notre position est connue. Au niveau du RDR, au niveau de l'opposition, ces institutions ne sont pas légitimes. Pour la plupart, les mandats sont venus à expiration. Je crois que c'est un débat terrible maintenant puisque nous sommes à la veille des élections et que la certification et l'arbitrage sont confiés aux Nations unies. Nous souhaitons que les institutions qui ont créé les difficultés qui sont à l'origine des problèmes dans notre pays puissent se tenir à l'écart pour nous permettre de faire des élections démocratiques.

Le président du PDCI était à Soubré. On a lu dans certains journaux que votre parti était est en train de se vider
Nous ne considérons pas que nous sommes en pré-campagne. Nous avons fait une lecture très simple de la situation. Nous ne savions pas quand est-ce que nous aurions des élections. Donc rien ne sert à courir, il faut partir à temps. Nous avons attendu que la date soit fixée. De manière à se faire crédible à la Commission électorale indépendante (CEI). C'est ce qui a été fait donc, pour le 30 novembre. Et c'est donc maintenant que nous allons nous organiser pour entrer en campagne. Mais vous savez, la politique ne se limite pas à la campagne électorale. Nous avons nos responsables qui sont sur le terrain tous les week-ends et quelquefois dans la semaine. Nous estimons qu'il faut être très proche des populations parce qu'il faut être très proche de leurs souffrances par des contacts, mais aussi par des messages concernant le futur. Les rassurer que nous sommes en mesure d'améliorer le sort des Ivoiriens le moment venu. Et par conséquent, cette tournée est très bien. C'est notre façon de faire la politique. Nous n'avons rien à dire à ce sujet. Maintenant, dire que quelques militants ici ou là peuvent décider de manière spectaculaire d'aller dans tel ou tel parti. Nous avons eu l'expérience de ces situations, et je pense que c'est une tempête dans un verre d'eau. Nous sommes confiants. Le RDR est un parti solide qui a des élus, des Secrétaires départementaux sur l'ensemble du territoire. Il y a des sections et des comités de base. Le RDR a une colonne vertébrale. Nous n'avons pas de difficultés. Si quelqu'un se sent bien avec nous, nous sommes heureux d'accueillir cette personne. Mais si d'autres ne se sentent pas libres à nos côtés, ils sont libres de leur choix, libre d'aller ailleurs. Quels que soient les motifs, nous n'en faisons pas un problème. Mais vous pouvez constater qu'il y a beaucoup plus d'arrivées au RDR que de départs.

Au cours du Congrès du RDR, vous avez demandé aux Forces nouvelles de rejoindre votre parti. Quelle réponse vous ont-elles donné ?
Je pense que les FN ont fait connaître leur position de manière publique. Elles attendent d'être aux lendemains des élections, puisqu'elles considèrent qu'elles ont un rôle d'arbitre à jouer. Donc c'est aux FN qu'il faut à nouveau poser la question si vous le souhaitez.

Vous êtes déçu de cette réponse ?
Ah non, je l'ai dit. Je suis un démocrate quelle que soit leur position. Je ne peux qu'en prendre acte.

Comment avez-vous trouvé le problème de la cherté de la vie et la réaction des populations ? Quelle est la position de votre parti. Etes vous d'accord avec le gouvernement ? Avez-vous des propositions à faire ?
Je pense qu'il y a des responsables du parti qui ont réagi. Ce ne sont pas les jeunes seulement qui l'ont fait. Je pense que Mme Maférima a fait une interview par rapport à l'aspect technique de la demande qui est trop forte, disons les dépenses publiques qui sont trop fortes qui ont entraîné des dérapages de prix au plan macro-économique. Je ne voudrais pas rentrer dans les détails. Ensuite Amadou Soumahoro qui a été ministre du Commerce a fait une interview pour expliquer comment les circuits de distributions et le racket peuvent entraîner l'inflation. Personnellement je considère que ces questions sont difficiles parce qu'on ne peut pas tout simplement accabler un gouvernement parce que ce n'est pas forcément un problème africain, ivoirien ou des pays en voie de développement. Il est dû à la flambée internationale des cours des matières premières. Ce que je note, c'est que le gouvernement peut prévoir. Ce qui est certain, c'est que cette augmentation des prix était prévisible. Et d'ailleurs, heureusement pour nous que nous sommes arrimés sur l'Euro qui a un effet déflateur sur les prix. Avec l'appréciation forte de l'Euro et la baisse inacceptable du dollar. Mais toujours est-il que si l'Euro n'était pas à ce niveau, l'inflation aurait été plus forte. Alors, nous pensons qu'il y a quelque chose à faire. Au niveau de la demande, il faut que les dépenses publiques soient mieux gérées et orientées pour que les effets soient plus productifs. Ce sont des questions que je connais. Je pourrais passer des heures à vous en parler. Aussi du côté de l'offre, quand nous étions aux affaires de 1990 à 1993, nous avions mis en place un programme d'autosuffisance en matière de riz. Et si ce programme avait pu être là plus tôt, c'est sûr qu'aujourd'hui on n'aurait pas de problème en matière d'importation de riz. Mais ce sont des questions difficiles, ce sont des questions d'actualité. Je pense que la population en souffre parce que dans nos pays en voie de développement, 60 à 80% du revenu des ménages va à l'alimentation. C'est tout de même des montants considérables et une cause pour laquelle il faut soulager les populations. Il faut subventionner les plus défavorisés, je pense qu'il n'y a pas d'autres méthodes. Le gouvernement devrait réorienter ses dépenses et donner la priorité à la subvention des plus défavorisés pendant une longue période.

Depuis un moment l'artiste Alpha Blondy s'attaque à vous et votre parti. Quels commentaires faites-vous ?
Aucun

Vous affirmez avoir pris des contacts pour le financement des élections. Peut-on en savoir davantage ?
Nous avons pris des contacts avec des Institutions traditionnelles de financement et aussi avec des partenaires privilégiés de la Côte d'Ivoire. Tout le monde doit contribuer à faire en sorte que le financement soit obtenu. Déjà, lorsque j'étais à Washington l'année dernière, dans le cadre d'une invitation du Conseil d'administration, j'avais informé le chef de l'Etat que je prendrai des contacts avec la direction générale du fonds pour aider à l'approbation du programme avec le Fonds monétaire international (FMI). Etre opposant ne veut pas dire qu'il faut tout simplement être contre tout. Il faut aider le pays à avancer. C'est ce que j'essaie de faire dans le cadre de mes relations internationales.

Croyez vous que la Côte d'Ivoire est à l'abri de ce qui s'est passé au Kenya ?
Je crois qu'il ne faut pas être pessimiste. Il faut considérer que les peuples prennent le temps des expériences des autres. Nous avons vu tout de même les effets dommageables, de la manière dont les choses se sont passées au Kenya et maintenant au Zimbabwe. Nous sommes à la veille d'une véritable catastrophe et nous devons faire en sorte qu'en Côte d'Ivoire les élections soient démocratiques et transparentes. La réponse est simple, il faut tout simplement que le peuple se prononce, il ne faut pas poser d'obstacle au vote, etc. Tout doit être fait de manière transparente et efficace. Les candidats doivent pouvoir participer à la compétition, les électeurs doivent pouvoir voter. C'est à l'issue de cela que ceux qui ont été battus reconnaîtront la victoire de celui qui a gagné. C'est dans ce état d'esprit que nous (le RDR) sommes. Nos frères des autres partis sont dans cet état d'esprit. A partir de là on ne peut pas aller de crise en crise.

Le code de bonne conduite peut-il, selon vous, garantir des élections sans heurts ?
J'estime que ce n'est qu'un premier pas, il faut l'encourager () Les partis signataires de Marcoussis ont signé ce document. C'est une bonne évolution () Je crois que nous devons croire en cette sortie de crise, nous devons tous y contribuer de manière quotidienne. C'est la devise que nous avons au niveau du RDR.

Je voudrais revenir sur le secrétariat général du RDR
Vous semblez très intéressé par le fonctionnement du RDR. Eh bien, venez au RDR. Je vous ai dit que le Congrès (du RDR) a pris de grandes décisions. En ce qui nous concerne, le plus important est en préparation. Je n'aime pas le terme en ordre de bataille. Maintenant que la date des élections a été fixée, ma seule préoccupation c'est d'organiser la campagne électorale. C'est de mettre en place mon équipe de campagne, de faire en sorte que tout ce qui est possible soit fait. Quant au secrétariat général, je suis très satisfait du travail de Mme le Secrétaire général, elle a été ovationnée par les militants et je ne vois pas d'intérêt à un changement.

Qui sera votre directeur de campagne ?
Permettez que je m'adresse à mon comité directeur qui se réuni en septembre. Nous allons travailler à régler toutes ces questions dans les meilleurs délais.

Etes-vous satisfait du déroulement des audiences foraines ?
Nous considérons que les premiers résultats des audiences foraines sont bons puisque à ma connaissance il y a plus de 500 mille personnes qui ont obtenu leurs jugements supplétifs, en plus de 100 mille qui les ont obtenus avant la procédure actuelle. Donc c'est 600 mille au total. Nous estimons que cela représente presque la moitié des personnes sans papiers selon les estimations qui ont été faites en septembre. Nous avons constaté dans certaines régions que des villages entiers n'ont pas pu participer à cette opération. Notre souhait c'est qu'il y ait une extension des audiences foraines au lieu de les arrêter en mi-mai comme cela semble être le cas. D'autant plus que la date des élections qui étaient prévues en juin est reportée au 30 novembre. Donc on peut se donner encore un ou deux mois pour que le maximum de personnes puisse obtenir leurs jugements supplétifs.

Selon vous, quelle sera la configuration de la sphère politique au soir du 30 novembre prochain ?
Ecoutez, les Ivoiriens vont voter. Je souhaite que les élections soient paisibles, que véritablement le processus qui va y conduire soit un processus équitable. De sorte que les Ivoiriens puissent se dire voila celui qui a été élu et donc nous nous mettons à sa disposition pour sortir la Côte d'Ivoire des difficultés actuelles.
Etes-vous pour un schéma où le vainqueur gouverne et les perdants s'opposent, un schéma à la ATT au Mali ou un autre schéma ivoirien ?
J'ai fait connaître ma position de manière publique. J'ai dit que j'ai beaucoup admiré la transition sud-africaine. Quand j'étais directeur général adjoint du fonds, j'ai effectué ma première mission en Afrique du Sud. J'ai constaté à cette époque que tous les ministres que j'avais connu à l'Economie et aux Finances et même à la banque centrale et dans d'autres institutions étaient les mêmes. Le président Mandela avait reconduit les ministres du gouvernement De Clerck pendant une certaine période pour maintenir la stabilité de son pays. En ce qui me concerne, gouverner seul n'est pas possible. Il faut le faire avec tout le monde et pas à des postes de faire-valoir. Mais à des postes de responsabilité. J'ai dit publiquement au congrès que notre ambition en gagnant les élections sera d'avoir un gouvernement d'union nationale avec les autres partis et de faire en sorte que ces partis aient des portefeuilles importants de souveraineté, qu'ils se sentent véritablement dans l'équipe sur une certaine période pour permettre à la Côte d'Ivoire de sortir de la crise.

Comment voyez-vous la candidature de l'ex-DG des douanes ?
Tout citoyen peut être candidat, donc je n'ai pas d'observation sur cette candidature.

Pensez-vous que la date du 30 novembre sera respectée ?
Concernant la fixation de la date pour le premier tour, nous pensons qu'il y a beaucoup de volonté de la part du Premier ministre. Il fait un travail important et remarquable. Nous souhaitons que cette date soit réalisée. C'est d'ailleurs ce message que nous avons fait part au secrétaire général des Nations unies. Nous lui avons dit que c'était l'essentiel. Il y a l'aspect politique, mais n'oubliez pas l'aspect social et l'aspect économique. Nous ne pouvons pas demeurer dans cette situation d'incertitude qui empêche de gros investissements. Nous assistons à la détérioration des infrastructures et nous sommes à la veille des problèmes majeurs sur de gros investissements. Il faut que les investisseurs nationaux comme étrangers soient persuadés qu'il y a une certaine visibilité pour revenir. Ce n'est pas tout que les institutions internationales reviennent. Il faut que le privé comme le public investissent. Nous sommes désireux que les élections aient lieu cette année pour faire de bons investissements à partir de 2009. La Côte d'Ivoire en a besoin, les Ivoiriens en ont besoin.

Je voudrais revenir sur l'identification censée aboutir à la délivrance des papiers indispensables pour le vote. Finalement, les audiences foraines n'ont plus délivré de certificats de nationalité, mais seulement des jugements supplétifs. On sait que de nombreux jeunes électeurs auront à voter cette fois. Alors craignez-vous des tensions?
Nous devons travailler à ce qu'il n'y ait pas ce genre de tension. C'est pourquoi je disais tout à l'heure qu'il fallait féliciter le Premier ministre. Il a réussi à faire en sorte que les audiences foraines délivrent des jugements supplétifs à 500 mille personnes sans qu'il y ait de véritables tensions. Ceci est possible dans le cas de l'enrôlement et ensuite des élections. Nous devons tous travailler, notamment les leaders politiques, les partis politiques, à donner des messages à leurs partisans, à chaque citoyen, pourvu qu'il puisse exercer son droit de citoyen. Nous craignons tous des violences ici et là dans certaines zones où la cohabitation était difficile. Il faut travailler à ce que la paix revienne et cette ambiance d'apaisement, de réconciliation se consolide. Il faut que la presse nous aide. C'est à ce prix que nous aurons de bonnes élections, des élections propres comme le dit le chef de l'Etat.

Vous affirmez être optimiste pour les élections. Alors qu'une grande partie des Ivoiriens est beaucoup réservée concernant la date du 30 novembre. Alors croyez-vous vraiment en cette date-là ?
Vous dites que je suis optimiste. Non. Je comprends en même temps les hésitations d'une partie importante de la population parce que des délais ont été annoncés qui n'ont pas été tenus. C'était décembre 2007, ça n'a pas été possible, ensuite mars 2008, à l'issue d'un cadre permanent de concertation à Yamoussoukro. A l'époque nous avons dit que ce n'était pas possible. Mais ça sera possible plus tard. En mars, il y a eu l'évaluation. Après cela, le chef de l'Etat et le Premier ministre se sont rencontrés à Ouagadougou pour les accords complémentaires à l'issue desquels ils ont décidé de la date de juin. Maintenant c'est le 30 novembre. La différence avec novembre, c'est qu'un travail préalable a été fait. D'abord le 30 novembre est une date qui a été proposée par la Commission électorale indépendante, après que toutes les discussions aient eu lieu sur les étapes et sur les besoins de financement. Le gouvernement a pris les décrets qui s'imposaient et les questions des financements ont bien avancé. Au regard de tout cela, je me dis que c'est possible. Mais, il se peut qu'il y ait aussi des retards. Qu'adviendra-t-il s'il y avait des retards ? Ecoutez, en ce moment là, nous évaluerons la situation. Je ne veux pas m'engager sur un chemin pessimiste en disant que ça ne se fera pas. Nous allons évaluer la situation. Mais je ne vais pas m'engager aujourd'hui sur un chemin pessimiste en disant que ce n'est pas possible. Ce n'est pas ma manière de faire. Nous allons nous engager maintenant dans la campagne parce que nous pensons que cette date est crédible. Si elle ne l'était pas, nous n'aurions rien fait, nous aurions continué nos activités normales de parti politique sur le terrain. C'est ce que nous avons fait jusqu'à présent. Le RDR n'a pas mis en place de directeur de campagne jusqu'à présent, parce que nous savions que ces différentes dates ne correspondaient pas à grand chose. Maintenant le 30 novembre est une date crédible, nous allons nous engager dans la préparation des élections.

Lors d'une sortie, le président de la République a dit qu'il n'y a pas d'opposition en Côte d'Ivoire. Il a estimé qu'étant au gouvernement, vous étiez tous comptables de la santé du pays. Que répondez-vous ?
Je ne peux pas me réjouir de l'état actuel du pays. Je pense qu'il cherchait à dire : tel est responsable. Ce n'est pas ma préoccupation. A l'occasion de la campagne, je vais tout simplement dire à nos compatriotes ; voilà ce que j'ai fait pendant que j'étais Premier ministre et chef du gouvernement et voici ce que je peux apporter si je suis élu. Je considère que c'est ce que les Ivoiriens attendent. Leurs problèmes sont des problèmes d'actualité, ce ne sont pas des problèmes du passé. Les souffrances sont quotidiennes et je crois que les Ivoiriens auront à se dire : si j'avais seulement mille FCFA (1000 FCFA) dans ma maison et que je voudrais faire fructifier cet argent, si j'avais un lopin de terre à cultiver, si je devais le confier à quelqu'un à qui je devrais le confier. A qui nous devons confier la Côte d'Ivoire pour sortir de cette situation pour ramener la prospérité, pour faire en sorte que le lendemain soit meilleur. Donc le passé ne m'intéresse pas beaucoup, c'est surtout l'avenir.

Que répondez-vous à ceux qui disent que le RDR est essoufflé et que Alassane Ouattara n'a plus d'argent ?
Quand on est conscient de ce qu'on veut faire, on n'agit pas par rapport à ce que les autres considèrent que vous devez faire. Nous avons une stratégie, elle est en place. Nous avons un chronogramme et nous avons décidé de travailler sans dévier par rapport à cette stratégie. Je suis confiant que ce sera la bonne stratégie. Nous en reparlerons dans quelques mois, notamment au soir du 30 novembre 2008.

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Article publié par Le Quotidien et référencé par 225.ci.