Les ex-rebelles dans la tourmente - 167 pro-IB s`évadent de la prison de Bouaké
La ville de Bouaké est encore gagnée par la psychose. Plusieurs prisonniers pro-Ib seraient évadés de la prison civile. Les faits. Bouaké, longtemps secoué par des règlements de compte entre pro-Soro et pro-IB, connaîtra-t-il l`accalmie un jour ? Depuis hier, des patrouilles suspectes ont cours dans l`ex-capitale de la rébellion ivoirienne. De nombreux pick-up surmontés d`armes d`assaut A-51 ont fait leur réapparition dans les rues de la ville. La traque ou une chasse aux fugitifs est organisée. Mais cette battue n`est pas faite pour rassurer les populations trop habituées aux tueries entre rebelles. Selon nos sources, il ressort que la présence manifeste de ces véhicules qu`on n`a plus sortis depuis l`avènement de l'Accord politique de Ouagadougou (APO), ne laisse personne indifférent. Avec des FN qui quadrillent la ville. Même si, la branche militaire refuse d`ébruiter la nouvelle, des indiscrétions font état d`un malaise chez les hommes de Soro, depuis hier. En effet, des détenus incarcérés dans la prison de Bouaké ont, dans la nuit du mardi au mercredi, creusé un long tunnel qui leur a permis de prendre la poudre d`escampette, sans être vus de leurs geôliers. C`est avec surprise et consternation que les autorités pénitentiaires FN, ont découvert hier, aux environs de 9heures du matin, le bâtiment de détention, vide de son monde. Les fugitifs, au nombre de 167, seraient des pro-IB. A titre de rappel, un conflit mortel, avait opposé il y a peu, les hommes du sergent-chef déserteur des FANCI, Ibrahim Coulibaly dit IB, à ceux du Secrétaire général des "forces nouvelles", M. Guillaume Soro. Une guerre de leadership de laquelle le Premier ministre ivoirien était momentanément sorti victorieux. Que présage l`évasion spectaculaire des hommes de IB ? Déjà, une semaine avant cet incident, des détenus se seraient plaint de la maltraitance dont ils étaient victimes, de la part du chef de guerre et ancien ministre FN, Tuo Fozié, nommé plus tard, Directeur de la Police, de la Gendarmerie et des Forces paramilitaires, en zones CNO. L`homme préparait-il ainsi les esprits des détenus à ce qui est arrivé finalement dans les bâtiments A et B de la prison, trouvés vides ? En tout cas, de source proche de la branche militaire basée à Bouaké, les évadés auraient bien mûri leur idée. D`abord, ceux du bâtiment B ont rejoint les co-détenus du bâtiment A. En creusant un tunnel. Puis, une fois ensemble, ils ont réalisé cette même prouesse, mais cette fois-ci, pour se retrouver hors de l`enceinte carcérale. Et, comme par enchantement, malgré les bruits et autres va-et-vient de gardes pénitentiaires, personne ne les aurait entendu. A la vérité, la stratégie des prisonniers a fait mouche. En effet, pendant que certains creusaient, d`autres chantaient, dansaient ou hurlaient, concomitamment. Histoire de distraire les gardiens des lieux. Au grand dam des hommes du Général Bakayoko, qui comme des carabiniers, toujours en retard d`une guerre, sont depuis lors, aux trousses des 167 fugitifs. Question : Comment la fuite d`une telle marée humaine a-t-elle pu échapper à la vigilance des forces dites nouvelles ? A moins qu`elle ne cache quelque chose de suspect, au moment où la Côte d`Ivoire, engagée dans le processus de sortie de crise, vient de pousser un ouf de soulagement, depuis que la date de l`élection présidentielle, annoncée pour fin novembre 2008, est connue de tous. L`évasion de la prison de Bouaké ne fait-elle pas partie des stratégies des ennemis de la paix pour remettre Ouaga en cause ? Sûrement que les interrogatoires et une enquête poussée, auprès de la vingtaine de détenus qui a refusé de prendre part à cette fuite collective, permettra de faire la lumière sur cette autre affaire rocambolesque. Surtout qu`on apprend que les détenus restés sur place, ont pris cette décision, pour ne pas que les parents résidents à Bouaké et environs, soient victimes de représailles, de la part des FN restées fidèles à Guillaume Soro. De peur de créer une peur panique dans la ville de Bouaké, les Bakayoko et Shérif Ousmane, gardent le silence sur cette évasion. Dans la discrétion, ils ont changé les gardiens de la prison. Sans pour autant expliquer, pourquoi, les Dozo qui à l`époque, jouaient ce rôle, ont plié bagage. Les populations commencent à se douter de quelque chose
Frimo D. Koukou
Koukoudf@yahoo.fr
Frimo D. Koukou
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