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Le Temps
· 5 min de lecture

Lutte contre le Racket / Le commissaire du gouvernement passe à la vitesse supérieure - Des commissaires de police dans le viseur de Ange Kessi

Le commissaire du Gouvernement et ses hommes viendront-ils à bout du racket de certains éléments des FDS ? Déjà 12 présumés coupables sont en instance de jugement. Un véhicule de patrouille traque les malfrats en tenue... La guerre contre le racket est vraiment déclarée !
Ils ne se cachent même plus ", " ils se moquent de nous ", " tout ça, pour des jetons "Les populations ivoiriennes expriment au quotidien, leur dégoût du comportement de certains éléments des FDS. Le racket est devenu pour ces corps habillés, une monoculture. Au point où, les premiers responsables des Institutions de la République en viennent à hausser publiquement le ton et à pousser par la même occasion, un cri de c?ur aux adeptes de l`enrichissement illicite. Le Président de la République, SEM. Laurent Gbagbo, la gorge nouée par la douleur, devant l'état piteux du mythique footballeur ivoirien et africain, N'dri Laurent Pokou alias l`homme d`Asmara. Cette célébrité, icône des ivoiriens, a été sauvagement battu par les forces dites de l`ordre, " parce qu`il n`avait pas un billet de banque parmi les pièces du véhicule soumis au "contrôle" (?) de routine". Compatissant au drame de ce citoyen, le chef de l`Etat n`attend pas moins, les conclusions de l`enquête ouverte afin que les responsables de cet acte de barbarie, soient sanctionnés conformément à la rigueur de la loi ivoirienne. Au-delà du cas Pokou qui a suscité tant d`émotion ces temps- ci, ils sont nombreux, les anonymes, quotidiennement victimes d`autres concitoyens qui eux, sont momentanément investis de la puissance publique. Et qui en abusent.
Le Premier ministre Guillaume Soro, ne manque pas, dans ses déclarations publiques, d`en appeler à l`esprit civique et républicain des Forces de défense et de sécurité. Laurent Dona Fologo, Président du Conseil économique et social, lors de la 2e session, en a fait un point essentiel de son intervention : " Il faut, martèlera-t-il, trouver un remède au racket ". A ce propos justement, sans même attendre l`interpellation des responsables politiques du pays, on apprend des différentes entités de la police et de l`armée ivoirienne, qu`une tourmente ravageuse s`est emparée des unités. Les agents zélés ou peu vertueux, sont gagnés par la peur panique. Parce qu`ils ont été informés des dispositions musclées prises par le commissaire du gouvernement, pour ramener dans les plus bref délais, le seuil de cette forme délictueuse puante (racket), au niveau du tolérable, à défaut de son endiguement total. Déjà, est en circulation, un véhicule de patrouille contre le racket des FDS. Pour traquer tous les malfrats en tenue. Ceux-là mêmes qui sont devenus experts en tracasseries routières, brimades et autres violations des droits humains commis aux barrages et corridors. On le voit bien ! Ces patrouilles qui résultent des résolutions de Bassam sont, dit-on, permanentes et interviendront chaque fois qu`elles sont requises. Le district d`Abidjan, n`est pas le seul concerné. Selon un officier de l`armée, "les patrouilles pourront se transporter sur toute l`étendue du territoire de la Côte d`Ivoire ". L`objectif visé étant de sensibiliser les agents commis au barrage au respect de l`éthique militaire, à porter secours à toute personne victime de racket, brimade, tracasserie et autres voies de fait par lesdits agents. De même que, la répression sera de mise, afin de battre en brèche l`idée d`impunité qui règne sur la question. Bien entendu, cela se fera après avoir constaté, réuni les preuves, arrêté, verbalisé et déféré devant le tribunal militaire, tout agent convaincu de racket, extorsion de fonds, violations graves de droits humains. Douze (12) agents sont actuellement détenus à la Maison d`arrêt militaire d`Abidjan (Mama), leur procès s`ouvre dès la reprise des audiences criminelles, le 23 avril prochain. Au nombre des personnes à juger, figurent deux éléments du CeCOS qui ont donné la mort à un chauffeur de Gbaka, courant mars 2008 et dont les faits, à cette époque, avaient provoqué de violentes manifestations et paralysé la commune de Yopougon. "Tous les jours pour le voleur, un jour pour le propriétaire" dit l`adage. En tout cas, les " racketteurs " encore en sursis, ne devraient point crier victoire. Même si pour narguer les autorités militaires du pays, ils se tordent de rire en évoquant le fait que, " un véhicule de patrouille contre le racket, ça peut faire quoi et peur à qui même ", " on a déjà entendu ça ", " vous allez voir, on va parler au début et après, il n`y aura rien ", " on nous accuse comme si la corruption et le racket dans le pays-là, c`est nous seulement". Les présidents des Institutions qui crient leur ras-le-bol, face au phénomène du racket, doivent elles aussi avoir à l`esprit que, " la plus belle femme du monde ne peut donner que ce qu`elle a "en propre. Autrement dit, que vaut une politique criminelle si les autorités qui sont investies de cette mission, manquent de moyens, en la matière ? On apprenait l`année dernière, à la faveur des procès sur les bavures et autres délits ayant causé de graves et dangereuses atteintes à la tranquillité, à la sécurité et à l`économie que le Tribunal militaire d`Abidjan, ne dispose d`aucun moyen de mobilité. Constat toujours d`actualité. De sorte que les patrouilles et autres déplacements liés à cette mission sont assurés par les magistrats du parquet militaire désignés par le commissaire du gouvernement selon un tour de service hebdomadaire. Ces magistrats militaires se déplacent à bord de leur véhicule personnel et communiquent à l`aide de leurs propres téléphones mobiles. Des limites objectives à leur travail. Eux qui estiment que la question sécuritaire est tellement importante, que tous les ivoiriens devraient en faire leur cheval de bataille.
A cet effet, en plus des numéros verts communiqués aux populations, celles-ci sont dorénavant invitées à photographier, à filmer à l`aide de la caméra de leur portable (cellulaire), tout agent de sécurité qui serait en train de se compromettre, dans l`exercice de ses fonctions.
Face aux tracasseries routières, le général Gui-Bi Poin qui reçoit constamment des messages radio des responsables en charge de la lutte contre les dérives militaires, sait comme bien d`autres responsables des FDS, qu` " il y a des dysfonctionnements qu`on ne peut pas nier. Le racket est réel.95% de nos barrages n`ont aucune raison d`être () Tout se passe comme si tout le travail de police, c`est sur la route ", a fustigé cet officier supérieur de l`armée. Regrettant, par ailleurs, que les agents ne respectent pas leur territoire de compétence. Dans l`entourage du commissaire du gouvernement, on travaille à trouver à ce niveau, des solutions. L`idée de responsabilité en cascade (comme en matière de délit de presse), n`est pas exclue au niveau des FDS. Autrement dit, des commissaires de police qu`on voit rarement sur le terrain, ne serait ce que pour constater le travail de leurs agents, pourraient désormais être entendus, en cas d`inculpation de leurs agents. Une batterie de mesures prises depuis le 17e étage de la Tour A (cité administrative) qui indique bien, la détermination du colonel Ange Kessi et de ses hommes, à faire baisser ce phénomène de racket absolument dégradant pour les Forces de défense et de sécurité. Et parfaitement nuisible à l`économie ivoirienne et attentatoire aux libertés individuelles.

Douh-L.Patrice
pdouh@yahoo.fr

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.