Aller au contenu
Le Temps
· 3 min de lecture

Les décaissements se font à compte-gouttes

Pour l'organisation des élections, l'Etat de Côte d'Ivoire a prévu à son budget 2008 une enveloppe de 86,7 milliards de FCFA. Dont 29,5 milliards de FCFA par l'Etat de Côte d'Ivoire et 57,2 milliards de dons. En outre, précise une source proche de la CEI. Rien que pour le 1er et le 2e tour de la présidentielle et les législatives. Il faut plus de 36 milliards de FCFA. A ce niveau, la Côte d'Ivoire doit contribuer à hauteur de 15 milliards. Et pourtant, elle est contrainte à faire face à ses charges incompressibles que sont les salaires de ses fonctionnaires, ses charges de fonctionnement et l'apurement de sa dette intérieure et le service de sa dette extérieure. Le budget pour les deux premières étapes des élections prend en compte les charges de fonctionnement des 430 CEI locales aussi bien sur toute l'étendue du territoire national qu'à l'étranger. Sans oublier l'achat des urnes certainement transparentes ou semi transparentes. Au niveau de l'Etat ivoirien, les dispositions sont prises en dépit des tensions de trésorerie pour mobiliser sa contribution. Malheureusement, à théoriquement deux mois de la présidentielle prévue pour juin 2008, les financements annoncés tombent à compte-gouttes dans le basket found ou le panier de fonds mis en place depuis environ un mois, pour récolter les fonds. Une opération de mobilisation de ressources qui est confiée et gérée par le Programme des Nations unies pour le Développement, (PNUD). A l'issue d'une rencontre avec les partenaires et les bailleurs de fonds, le 10 mars dernier, le Président Beugré Mambé Robert, a fait des précisions à la presse. Concernant le mécanisme de financement des élections. "Il y a, a-t-il dit, 10 milliards de FCFA dans le panier de fonds et qui seront gérés par le PNUD". En outre, au niveau des promesses faites lors de la table ronde des bailleurs de fonds tenue en juillet 20007, la concrétisation tarde si les choses ne sont encore au stade de la confirmation. Sur l'état de la situation des financements confirmés et qui attendent signature, sont annoncés le Japon pour 3,372 milliards de FCFA pendant que l'Union européenne (UE) viendra avec 3,607 milliards de FCFA. Le troisième décaissement est attendu du PNUD pour 260 millions de FCFA. Ce qui donne en tout un montant de 7, 239 milliards de FCFA. Il faut donc une course contre la montre pour mobiliser les 36 milliards de FCFA nécessaires pour l'organisation du premier et deuxième tour de la présidentielle et les législatives. Mais aussi rassurer définitivement certains partenaires comme la France dont l'ambassadeur en Côte d'Ivoire, SEM. André Janier, très optimiste désormais quant aux perspectives qui lui paraissent sérieuses indiquait : "Chaque partenaire va contribuer par étape parce que, nous voyons plus clair maintenant. Les perspectives paraissent heureuses. Nous avons compris depuis longtemps que c'était la priorité. On est avancé vous aurez bientôt de bonnes surprises". Rappelons qu'à la faveur de la table ronde des bailleurs de fonds, la partie française avait annoncé une contribution de 10, 895 milliards de FCFA pour le financement des programmes post-crise, dont seulement plus de 575 millions de Fcfa mobilisés à ce jour. L'optimisme de M. Janier n'est cependant pas total surtout qu'il s'accroche à certains détails comme bien d'autres bailleurs de fonds. Il précise : "Nous avons demandé que le PNUD qui va gérer le panier de fonds, explique bien quels efforts financiers exactement sont sollicités de la part de la communauté internationale. Et à partir de ces montants, quelle opération particulièrement restera à financer. A partir de ce moment, il n'y aura pas de problèmes, pour que chacun puisse s'engager au-delà de simple parole". Par ailleurs, certaines bonnes intentions qui tiennent à accompagner la Côte d'Ivoire pour rapidement sortir de la crise, s'explique difficilement le rôle de premier plan accordé au PNUD surtout que l'action de mobilisation des fonds confiée à cette structure n'est que du bénévolat, car on parle d'une affaire de commission qui oscille entre 13 et 14%. Sur les ressources à mobiliser ou mobilisées.

Bamba Mafoumgbé
bamaf2000@yahoo.fr

Dans cet article

Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.