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Cherté de la vie : 100 milliards pour le plan d'urgence

Dégager une enveloppe de 100 milliards de F CFA, à savoir 40 milliards à la charge des institutions communautaires et 60 milliards à rechercher auprès des partenaires au développement pour le court terme. Mettre à la disposition de la Banque ouest africaine de développement (Boad), sur une période de 3 ans, 100 milliards de FCFA qui pourraient être utilisés pour lever un fonds de 300 milliards de FCFA afin de financer exclusivement les projets agricoles en vue d'accroître l'offre à moyen et long termes. Telles sont les décisions de cette réunion consacrée entièrement à la question de la hausse des prix des denrées alimentaires qui, en ce moment, provoque des remous sociaux dans plusieurs Etats. M. Charles Koffi Diby, le président du Conseil des ministres, a déclaré au point de presse de clôture que de larges échanges ont eu lieu pour prendre en compte la question qui se présente aujourd'hui. Et donc essayer de trouver des solutions appropriées. Les ministres ont convenu, a-t-il soutenu, de coordonner les actions face à la complexité et à la sensibilité des difficultés que pose la hausse du prix des denrées alimentaires et de l'énergie. Ceci en vue de consolider les actions déjà entreprises de façon individuelle. Car, a-t-il estimé, les subventions ne sauraient être des solutions durables à la hausse des prix des produits de première nécessité. Selon le président du Conseil des ministres de l'UEMOA, les mesures prises d'urgence par les Etats face à cette flambée des prix sont pour l'essentiel d'ordre fiscal. Donc elles induisent un manque à gagner sur les recettes budgétaires. Cette situation, a-t-il indiqué, n'est pas sans conséquence sur les équilibres budgétaires arrêtés, parfois de commun accord avec les partenaires au développement. Il s'est aussi inquiété de l'influence de l'inflation sur les économies. La hausse des prix ronge le niveau des croissances acquis après tant d'efforts accomplis et par conséquent aggrave la pauvreté, a-t-il dit. Pour M. Charles Koffi Diby, les Etats de l'Union doivent d'ici à trois ans, avoir la capacité de production de leurs besoins. Si nous réglons le problème de production alimentaire, nous pouvons juguler ceux liés à la hausse du prix du pétrole, a-t-il souligné. Un séminaire doit se tenir, le 25 juin 2008, à Dakar, pour poursuivre les réflexions et approfondir ces questions, par rapport à une stratégie de politique économique, au sein de l'Union.

La Côte d'Ivoire, faut-il le rappeler, a choisi de subventionner le riz, le sucre, le lait sur une période de trois mois à hauteur de plus de 5 milliards de F CFA, après les émeutes de la faim en mars et qui ont fait deux morts et plusieurs blessés. Des actions dont les résultats ne sont pas encore bien perceptibles sur les marchés.

Doua Gouly



La Boad commise à la levée des fonds

Le conseil des ministres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine qui s'est tenu mercredi à Abidjan, a autorisé la Banque ouest-africaine de développement (Boad) à lever sur le marché sous-régional des fonds d'une valeur de 100 milliards de francs CFA, pour contrer durablement la hausse des prix des produits de première nécessité, a déclaré M. Bio-Tchane, président de la Boad lors d'une conférence de presse. Ces fonds devraient aller au financement de projets agricoles dans les pays membres de l'Union. Avec ces 100 milliards, l'institution bancaire sous-régionale espère mener la riposte à la crise des prix des denrées alimentaires à hauteur de 300 milliards de francs CFA. Les Etats devraient dès à présent, tout faire pour se mettre dans des dispositions adéquates devant leur permettre de profiter de la mondialisation en exploitant à fond les potentialités disponibles au sein de l'Union. Par exemple, le Mali dispose aujourd'hui d'une superficie d'un million d'hectares dont environ 100 ha sont réellement exploités. Le Burkina tout comme d'autres pays de l'Union, regorgent d'énormes potentialités de production de contre saison. La Côte d'Ivoire, peut être un pays exportateur net de riz à court terme , a souligné le président de la Boad. Pour M. Bio-Tchane, les causes de la hausse des prix ne sont pas que conjoncturelles. Elles sont aussi structurelles et annoncent le passage à un autre niveau de prix. L'augmentation des prix a même été prévue par les institutions internationales à travers des études qui ont montré le déséquilibre entre la demande et l'offre. C'est la riposte à cette situation qui a été lente, déplore le patron de la Boad, qui attribue cette conjoncture économique aux effets pervers de la mondialisation.

David Ya

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