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Bagarre autour du renouvellement des comités de base Pdci à Bouaké - Les raisons de la bastonnade de Allou Konan

Le doyen des députés du parlement ivoirien, l'honorable Allou Konan, a été rudoyé à Bouaké le week-end dernier, à l'occasion du renouvellement des comités de base Pdci-Rda d'un des quartiers de la cité. Il a porté l'affaire devant les hautes instances du parti qui devra trancher dans les tout prochains jours.

Le parti de Henri Konan Bédié est en difficultés à Bouaké. Le doyen Allou Konan, membre influent du Pdci-Rda dans la région de la Vallée du Bandaman, vient de subir, selon ses dires, la furia de militants de l'ancienne unique section du quartier Sokoura de Bouaké dirigée par le jeune Diabaté Mamadou, et qui, à la faveur du renouvellement actuel des comités de base, est scindée en quatre.
Ici, un doigt accusateur est porté vers Jean-Claude Kouassi, président du Conseil général de Bouaké, Konan Jacques, 1er vice-président du même Conseil, Konan Konan Denis, ancien Maire de la Commune et Frondo Yao Michel, député de Djèbonoua.

Jean-Claude Kouassi et Konan Konan Denis indexés
Tout commence le vendredi 13 Avril 2007 au cinéma le Capitol. Ce jour-là, une réunion se tient entre militants du plus vieux parti aux fins de sensibiliser les différents candidats à la présidence des comités de base, sur la nécessité de privilégier le consensus.
Le délégué départemental de ce parti, Joseph Kouamé Kra, se fait entourer de Konan Konan Denis et d'autres cadres originaires du département. Les plus jeunes candidats, qui veulent en finir avec l'hégémonie du ''vieux lion de la savane'', Allou Konan, ne l'entendent pas de cette oreille. Idem pour les quelques anciens qui, frustrés jadis par les positions du doyen Allou quand il s'est agi de les soutenir en des occasions, veulent ''en découdre'' avec lui.

Des militants soudoyés
Selon des informations de sources concordantes en provenance de la capitale de la Vallée du Bandaman, des sommes importantes sont déversées sur ''les militants et sympathisants'' du doyen Allou. Une des candidates, Kouakou N'Dri Valérie du comité ''Chaîne avion'', relevant de la section Centrivoire, aurait reçu la somme de 120 000 Fcfa des mains de Konan Jacques, un des partisans du consensus prôné. Pareille à Belleville où, dans la cour du chef des Baoulé du quartier, nanan Sakiè, des votants ont reçu, en présence de témoins, la somme de 240 000 Fcfa.
Toute cette générosité, en prévision, disent ses détracteurs, de voter pour les hommes de Jean-Claude Kouassi, soutenu par des barons, notamment son premier vice-président et Yoerg Michel, anciennement premier adjoint au Maire konan Konan Denis et membre du Conseil général actuel. Le dernier cité ne serait pas en reste. En présence du député Koffi Mathurin, le Délégué départemental confirme cela à Allou Konan.

Allou Konan rudoyé et chassé
Samedi 14 avril, à l'Epp Sokoura, se tiennent les élections. Alors que le doyen Allou se rend en ces lieux pour le contrôle du vote, il est chassé par le jeune Secrétaire général, Diabaté Mamadou. Il va même plus loin en lui demandant de quitter les lieux, au risque de perdre sa vie. Ce que ''le Vieux Lion de la savane'' fait. Déjà, il recevait des coups des militants hostiles. Il a déposé une plainte au Pc du rond point de la Cathédrale, dans les locaux de l'ex-Préfecture de police. Poursuivant, il a saisi les instances dirigeantes du Pdci à Abidjan afin de les prévenir des dérives constatées sur le terrain politique de Bouaké.
Interrogés, Konan Konan Denis et Diabaté Mamadou disent ne pas se reconnaître dans ses allégations. Si le dernier a confirmé d'avoir interdit l'accès de ''sa zone'' à Allou Konan, sous peine de représailles, l'ex-Maire de Bouaké dit être rentré juste après la réunion du cinéma Capitole. Et qu'ainsi, il a été informé, par téléphone, que le doyen aurait été, effectivement, rudoyé.

Konan Konan Denis s'explique
Cependant, tout ex-maire qu'il est, et député de la Commune depuis trois législatures, sa culture politique ne lui permettrait pas de verser dans de telles pratiques. Son bilan à la tête de la Commune, de 1995 à 2000 parle pour lui. Il dit ne point avoir peur d'un quelconque adversaire politique à Bouaké, puisqu'au temps de la transition militaire, il a été le seul cadre du Pdci à n'avoir pas rejoint les militaires au pouvoir. Et cela, les militants du département entendent le lui signifier au moment opportun.
Tous nos efforts pour rentrer en contact avec Jean-Claude Kouassi sont demeurés vains.
Une réunion prévue à cet effet, en debut de semaine prochaine à Bouaké, pourrait aplanir les divergences.
L.N.

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