Racket des Fds : Dénoncer, c'est déjà agir
"Le racket, le fléau qui affame la population", "haro sur le racket des Fds ", " Gbagbo a parlé, rien n'a changé : les prix n'ont pas baissé"Tels sont les titres qui ont barré la "une" de certains confrères, hier. Une rapide revue de presse permet de décrypter le pessimisme et l'esprit apocalyptique qui habite une certaine presse. C'est peut-être de bonne guerre pour ces confrères, de noyer leurs plumes dans la désinformation et l'amalgame. Ecrire que, " Gbagbo avoue son impuissance : " Je ne peux pas arrêter la flambée des prix", c'est réduire à l'excès, la pensée de cet homme d'Etat. Car, il est démontré que l'inflation ou la flambée des prix des denrées de premières nécessités qui s'observe ici et là, en occident comme en Afrique, est liée à des causes exogènes, connues de tous. Tant que le pétrole, pour ne citer que cette matière-là, continue à voir son prix plafonné, les gouvernants et les peuples seront soumis à ce dérèglement du marché national, pour ceux des pays qui ne sont pas exportateurs de ce produit. Cela ne veut nullement dire que les Etats et les populations doivent croiser les bras ou se caresser le nombril en espérant (ou attendant) que la providence vienne de nulle part pour corriger ce déséquilibre. Personne n'a en occurrence, de recettes magiques pour endiguer le mal. Au Sénégal, au Burkina, au Cameroun, en Italie, pour ne citer que ces pays-là, des mesures pour enrailler la flambée des prix, ont été prises. Des réflexions sont (ont été) menées pour circonscrire au mieux le mal. Et les résultats sont là. Pour paraphraser un homme d'Etat, la question de la flambée des prix est tellement importante qu'on ne saurait la laisser entre les seules mains des gouvernants. C'est le sens du dialogue social entre Gbagbo et les partenaires sociaux (associations des consommateurs, industrielles, etc.). D'où la création d'un comité tripartite pour le suivi des décisions prises ou à prendre Pour en revenir au racket des Forces de Défense et de sécurité (Fds), le Président Gbagbo en est si conscient qu'il a intégré cette donne dans son diagnostic des " émeutes de la faim ". Il n'y a qu'à revisiter ses discours, quarante huit heures après le déclenchement des manifestations de rue, contre la cherté de la vie, pour s'en rendre compte. Des mesures ont été rendues publiques, d'autres n'ont pas besoin de publicité pour être effectives et efficaces sur le terrain. On ne saurait dénoncer publiquement un fléau, sans penser à court, moyen et long terme, à sa thérapie. Autrement dit, la guerre contre le racket des corps habillés sera la prochaine bataille à mener. Si elle ne l'est déjà. Et tous les citoyens du pays sont invités à y contribuer. Surtout que les mesures prises par les FDS elles-mêmes, pour juguler le mal, ne semblent pas emporter l'adhésion de tous. On se souvient que Baby Adolphe, alors DG de la police nationale avait déclaré la guerre contre les racketteurs " (cf Frat Mat du 16 février 2001). Avant la crise déclenchée en septembre 2002. Le ministre de l'intérieur et de la décentralisation, le Pr Yao N'dré, lui emboîtera le pas. A l'occasion du baptême de la promotion 2001-2003 des officiers de police, il invitera les policiers à " servir et non pas se servir ". Surtout que la Côte d'Ivoire était dans une situation de turbulence : "Pardon, je vous demande pardon arrêtez le racket. C'est un petit comportement qui n'honore pas la tenue que vous portez". (FM du 15 février 2003). On passera sous silence, le séminaire organisé à l'école de police à l'attention des policiers eux-mêmes, pour trouver des voies et moyens susceptibles d'aider à endiguer le mal. Sans oublier la rencontre de Grand-Bassam entre, opérateurs économiques et Fds, à l'initiative du CEMA, le général Mangou, de l'Oic, des transporteurs et de la chambre de commerce et d'industrie. Pour plancher sur des bases d'un travail consensuel. Des résolutions ont été prises. Qui butent sur l'arrogance de quelques brebis galeuses, sur le terrain. C 'est justement à l'endroit des racketteurs invétérés que le commissaire du gouvernement sortira de ses gongs pour mettre " fin à l'état de grâce dont jouissent les FDS " : " L'ère des militaires est finie, pendant cinq ans, ils ont été choyés en raison de la situation sociopolitique parce qu'ils étaient à l'avant-garde du combat pour la sauvegarde des institutions de la République. Maintenant que les hommes politiques ont fait l'effort de nous donner la paix, nous ne pouvons plus continuer de souffrir leurs caprices et déviations " (FM du 2 août 2007). Sans bruit, le ministère de la Sécurité s'est souvent séparé de policiers véreux. Celui de la défense en fait autant. "Ange Kessy arrête deux policiers en plein racket " (Frat Mat du 24 janvier 2008). Le tribunal militaire connaît des affaires où des FDS impliquées dans des délits des rackets sont sanctionnées de façon exemplaire, sans que la presse, n'en fasse écho. De même qu'à la justice, le bâtonnier a souvent sanctionné des avocats véreux, sans que cela soit étalé sur la place publique. Alors, ce n'est pas juste de laisser croire que le chef des armées, dont les collaborateurs (ministres, généraux, responsables) agissent conformément à la loi, par délégation de pouvoir, " cautionne les bêtises de son armée ". Surtout que le Président se bat pour le bien-être de ses concitoyens. Il ne saurait fermer les yeux sur une pratique qui fait perdre à l'Etat, "plus de 18 milliards FCFA par an ".
Francesca Adeva
francescaudrey@yahoo.fr
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