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Le Temps
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Politique du riz en Côte d`Ivoire / Kouassy Oussou, (Dg de l'Economie) - "Notre objectif, ramener les importations à 5 mille tonnes"

Plusieurs structures avaient été créées pour accompagner les producteurs de riz. Notamment la SODERIZ qui n'existe plus. Quelles incidences l'absence d'une telle structure a eu sur la productivité ?
Elle avait une stratégie globale de développement de la filière. A côté de la SODERIZ qui organisait la collecte et la transformation du riz, il y avait à l'époque la Société d'Assistance technique pour la Modernisation agricole en Côte d'Ivoire, (SATMACI) qui s'occupait de l'encadrement et du conseil agricole. Donc c'était une approche qui était intégrée. Bien évidemment, la disparition de la SODERIZ a causé d'énormes problèmes au développement de la filière. Principalement, des problèmes de débouchés. Parce qu'il n'y a pas d'usines et de décortiquéries. De la même façon, l'encadrement des riziculteurs n'est plus systématique. Il faut récréer cela. Dans le contexte actuel, on doit créer des structures qui impliquent à la foi l'Etat et le secteur privé. C'est que le séminaire que nous venons d'organiser a recommandé. Sans oublier la création d'un cadre institutionnel qui permette à l'Etat et au secteur privé de jouer son rôle, y compris les importateurs. Comment moderniser donc les moyens de transformation du riz local ?
C'est aussi une des questions à laquelle le séminaire s'est attelé. La transformation doit se rapprocher du lieu de production du riz paddy. Pour se faire, il faut bien évidemment recourir bien évidemment à des usines qui sont modernes. Qui sont non seulement équipées comme des séchoirs automatiques et des peseuses. Mais qui permettent d'obtenir du riz de qualité recherchée. Nous n'oublions pas les équipements qui nous permettent de stoker dans de meilleures conditions aussi bien le riz paddy que le riz blanchi, en quantité et entre deux saisons. Donc des silos dans chaque département et partant, réguler le stock. Les Ivoiriens comprennent mal aujourd'hui, que leur pays possède autant d'atouts et que l'importation du riz dépasse la production nationale. Effectivement, c'est une anomalie qu'il faut corriger. Nous sommes arrivés à cette situation parce qu'une organisation qui était en place, a été remplacée par une situation de fait. Un mécanisme ne s'est pas mis en place pour remplacer la SODERIZ. Nous convenons avec nos compatriotes pour dire que c'est une anomalie. Pour une denrée qui peut être produite chez nous avec les terres, l'expérience et une population active qui dépasse le demi million. Que va-t-il se passer avec le prélèvement qui sera fait sur le riz importé ?
Ce prélèvement a été institué par la loi, à travers l'annexe fiscale à loi de finance 2007. Mais compte tenu de l'état relatif d'impréparation, le ministre de l'Economie et des Finances a suspendu la mesure. En attendant qu'il y ait ce séminaire pour que nous réfléchissions sur la configuration du fonds à mettre en place. Le pari de l'autosuffisance peut être atteint pas aujourd'hui, mais à brève échéance. Si tout ce que nous avons prévu de faire, nous arrivons à le faire dans le cadre du séminaire. Si le gouvernement arrive aussi à mettre en place, ce qui est prévu. A brève échéance, nous devons pouvoir aller vers une amélioration de position extérieure relativement au riz. Nous avons fait des simulations qui nous permettent dans une décennie de revenir à notre position de 1977. A cette date, la Côte d'Ivoire importait 5 mille tonnes seulement par an. A côté des 900 mille tonnes que nous importons aujourd'hui, ce n'est vraiment rien.

Par Bamba Mafoumgbé
bamaf2000@yahoo.fr

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Article publié par Le Temps et référencé par 225.ci.