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Notre Voie
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Mots pour Maux - Effets de serre, température et détérioration planétaire

La hausse de la température planétaire est due à l'effet de serre. Il s'agit d'un phénomène par lequel des radiations émises par la terre lui sont renvoyées par son atmosphère surchargée de gaz dits "à effet de serre". Ces gaz sont le dioxyde de carbone (CO2) et le méthane (CH4) auxquels il faut ajouter les vapeurs d'eau et les oxydes d'azote. Le dioxyde de carbone provient notamment de l'activité industrielle basée sur l'utilisation des combustibles fossiles, à savoir le charbon, le gaz naturel et les produits pétroliers, ainsi que le transport automobile et aéronaval. Les feux de brousse, les incendies de forêts, le brûlis lié à la culture itinérante, les éruptions volcaniques constituent, aussi, une source. Les quantités émises dans le monde par l'activité industrielle sont estimées à 6 milliards de tonnes et représentent l'essentiel des émissions. Le méthane, quant à lui, a pour principales origines les transformations chimiques naturelles dans les rizières aquatiques, l'exploitation des gisements de pétrole et de gaz naturel, ainsi que les déjections et urines des ruminants.
La concentration actuelle du CO2 dans l'atmosphère (380 ppm ou parties par millions) s'est accrue de 35 % depuis l'ère industrielle, soit un taux de 2 % par an. Selon la tendance observée aujourd'hui, cette charge sera de 500 ppm, considérées comme le seuil qui enclencherait la "fin du monde".
S'agissant du méthane, sa concentration s'est accrue de 150 % (Science & Vie n° 1035). Au niveau planétaire, il a été mesuré une hausse moyenne de température de 0,6°C entre 1900 et 2000, en rapport avec l'effet de serre. Les projections font état d'une hausse de 1,5 à 6 °C d'ici 2100, selon les régions du globe (Science & Vie n° 1061).
Les conséquences sont nombreuses, notamment : (i) la dilatation des océans et la fonte des glaciers et des couvertures neigeuses, suivies d'une élévation du niveau des mers (15 à 95 cm) et de submersion des îlots et des franges des villes côtières ; (ii) l'apparition de courants océaniques anormalement chauds illustrés par El Niño apparu initialement sur les côtes du Pacifique ; (iii) la montée généralisée des phénomènes extrêmes (sécheresses, vagues de froid, inondations, tempêtes, tornades, cyclones, etc.).
Le cyclone Katrina qui a frappé l'Amérique en août 2005 est un "phénomène extrême" illustratif qui a fait 1300 morts. Il est considéré comme la catastrophe naturelle la plus coûteuse depuis les années 1940. Le nombre de victimes des inondations dans le monde est passé, depuis 30 ans, de 740 millions de personnes à 2,5 milliards de personnes, faisant de chacun de nous une victime potentielle. Au cours de l'été 2003, l'Europe centrale et méditerranéenne a enregistré des températures persistantes comprises entre 35 °C et 45 °C. Des forêts ont brûlé en Espagne, au Portugal et en France. Il y eut aussi perte en vies humaines, principalement en France où il a été dénombré 15 000 morts. A l'horizon, le paludisme risque de s'intensifier, alors qu'il fait déjà trois millions de morts par an dans le monde. La surface de la calotte glaciaire arctique s'est rétrécie de 15 % depuis 1950 et la banquise de cette région connaît une ponction similaire. Le volume des glaciers alpins a diminué de 50 % entre 1860 et 2000. C'est autant de signes irréfutables.
Au niveau de l'Afrique, on observe : (i) une baisse des débits moyens des cours d'eau, et des niveaux des plans d'eau ainsi qu'un rétrécissement de ceux-ci ; (ii) une baisse des nappes phréatiques avec, pour conséquence, la difficulté d'accès à l'eau par creusement de puits ; (iii) un rétrécissement des neiges "éternelles" du Kilimandjaro, condamnées à disparaître dans un futur relativement proche ; (iv) un nombre de plus en plus élevé des victimes de la canicule dans les pays du Sahel lors des températures supérieures à 43 °C. A Gagnoa (Cote d'Ivoire), la température moyenne de la période 1971-2000 est de 26,4 °C, alors que celle de la période 1950-1969 est de 26 °C, soit une hausse de 0,4 °C (cf. Encyclopédie générale de la Côte d'Ivoire, NEA, 1978).
Concernant les cours d'eau africains, l'institut de recherche français, IRD, fait état d'une baisse de 30 % à 50 % des débits entre 1970 et 1995. S'agissant des plans d'eau, il ressort que les 20 000 km? du lac Tchad se sont réorganisés en un complexe marécageux, répartis en plusieurs sous bassins isolés totalisant une superficie moins étendue. Alors que l'Afrique de l'Est et une partie de l'Afrique australe s'engageaient dans une longue période sans pluie en 2000, le Mozambique renouait avec le cycle des inondations dévastatrices. Djibouti, qui est un pays aux conditions quasi sahariennes, a, par deux fois, vu des eaux de pluies tout ravager sur leur passage, en faisant plusieurs dizaines de morts, entre 1994 et 2004. Un rapport de l'ONG Christian Aid estime que les victimes des changements climatiques sur le continent pourraient atteindre 180 millions de personnes d'ici 2100. Déjà 40 millions de personnes sont affectées par la désertification et l'insécurité alimentaire qui l'accompagne.

Responsabilités inégales

Les nations industrialisées sont les premières pollueuses de la planète. L'Occident consomme onze (11) fois plus d'énergie par habitant que les pays du Sud dont les émissions ne dépassent pas 0, 4 t de carbone par habitant. Les pays riches produisent 50 % des rejets de CO2. Les Etats-Unis, à eux seuls, produisent 24 % du total mondial et la Zone Euro 10 % (Citron Vert, 2006). Deux autres nations sont en train de faire leur entrée dans la cour des grands émetteurs. Il s'agit de la Chine et de l'Inde, qui affichent des taux de croissance autour de 10 %, avec des besoins énergétiques énormes. L'Afrique subsaharienne (sans l'Afrique du Sud) participe à l'augmentation de la concentration atmosphérique de CO2 pour 1,6 %. Les sources, par ordre décroissant, sont (i) les défrichements agricoles ; (ii) le bois et le charbon de bois ; (iii) les combustibles fossiles (produits pétroliers, gaz naturel). L'Afrique du Sud est le premier producteur de gaz à effet de serre sur le continent et il est le 13ème dans le monde. Son secteur de transport contribue pour 24 % dans ses émissions totales.
Si la responsabilité des pays du Sud dans l'émission des gaz nuisibles reste limitée, il n'en est pas de même pour ce qui est de la déforestation. Or celle-ci prive le globe d'un important aspirateur de CO2. En effet, les forêts peuvent stocker jusqu'à 15 tonnes de carbone par hectare et par an dans leur masse. La forêt guinéenne est presque entièrement détruite. Quant aux grandes sylves congolaises et amazoniennes, elles connaissent un recul mal contenu par les pouvoirs locaux.

Par Ildefonse Ndabalishye (Consultant, expert en Systèmes agricoles et en Développement rural)

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Article publié par Notre Voie et référencé par 225.ci.