Aller au contenu
Le Patriote
· 2 min de lecture

Mangou, la comète de l'armée

Ce n'est pas un militaire, c'est un bolide ! Il va si vite qu'on a du mal à le saisir ! Le tout nouveau Général de Division, avec ses désormais trois étoiles, Philippe Mangou, est un recordman du métier des armes. Il en a gravi les échelons comme on gravit des escaliersroulants. C'est-à-dire, avec l'aisance d'un champion dans une catégorie inférieure. Cet officier général qui n'est plus loin de palper, à seulement 55 ans (il est né le 26 janvier 1952 à Treichville), le plafond de la carrière militaire, a fait son entrée dans l'armée le 1er octobre 1978 et, sans doute, dans la cour des grands 26 ans plus tard, c'est-à-dire, le 19 septembre 2002 quand la crise ivoirienne a éclaté.
Depuis cette date, le chef d'état major des armées qu'il est devenu deux ans plus tard, soit le samedi 13 novembre 2004, n'a plus cessé de voler de grade en grade.
Si le colonel major qu'il était en 2000, par ailleurs sous-directeur au ministère de la Défense, chargé de la doctrine et de l'emploi, avait peut-être pu croire peu en ces étoiles qui s'accumulent aujourd'hui sur ses épaules, sa nomination comme porte-parole des Forces de Défense et de Sécurité dès que les premiers coups de feu éclatent dans la nuit du 17 au 18 septembre 2002, lui met assurément la puce d'une ascension fulgurante à l'oreille. Car rien dès lors, ne l'arrête.
Au plus fort du conflit, au moment où les canons tonnent, il prend le commandement des troupes déployées sur le théâtre des opérations. C'est que, présenté comme un dur et un fidèle de Gbagbo, le Com-théâtre, ne se prive guerre de prises de position patriotiques et multiplie surtout des déclarations de défiance à l'égard de son patron, le chef d'Etat major, le Général Mathias Doué, qui se révèle alors comme l'homme d'une solution négociée entre les deux belligérants. Tout le contraire de Mangou qui brandit l'option du tout- guerre prôné par Gbagbo. C'est à juste titre que l'opération Dignité lui est confiée et que, de facto, il entre dans le système du chef de l'Etat. Un système qui le rend incontournable lorsqu'il s'agit des questions de défense et de stratégie pour anéantir l'ennemi et qui englouti Doué Mathias, chassé de son poste et qui ne trouve son salut que dans un exil d'où il n'est toujours pas revenu.
En près de cinq ans donc, ce fils de pasteur marié et père de six enfants est passé de lieutenant-colonel à colonel plein , puis à colonel major avant d'être nommé Général de Brigade, le 17 juin 2005. De sorte que sa nomination aujourd'hui comme Général de Division est la cinquième en cinq ans ! Soit une par an ! Un véritable exploit pour un homme dont les faits d'armes dans cette guerre ne sont, peut-être, pas si évidents que ça ! Il n'y a qu'à considérer que ce conflit qui a opposé les Fanci aux Fafn et dont les signes de règlement sont aujourd'hui réels, n'a finalement consacré aucun vainqueur. Vous avez dit une météorite au sein de notre armée ?
Koré Emmanuel

Dans cet article

Article publié par Le Patriote et référencé par 225.ci.