Mots pour maux
L'Onu face à ses responsabilités
Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (Onu) rend visite à la Côte d'Ivoire, aujourd'hui. Ban ki Moon qui effectue un périple sous-régional, dans cette partie de l'Afrique de l'Ouest très malade de ses crises politiques, économiques et alimentaires, se rappelle son devoir de gendarme de l'ordre mondial. Déjà, à la moitié de son mandat de quatre ans largement entamée, le Sud coréen ne se réveille-t-il pas un peu tardivement d'un profond sommeil volontaire qu'il s'est imposé ? Voilà un an et demi que les conflits piétinent en Afrique sans que l'Onu n'impose l'ordre, sans même donner l'espoir d'un lendemain de paix. La République démocratique du Congo, la Somalie, le Kenya et le Zimbabwe qui vient de déterrer les armes de guerre génocidaires, sont autant d'aveux d'impuissance de l'organisation internationale. Que dire du dossier ivoirien ? Une démission quasi avérée. Tout s'est passé comme si le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et son copain sud-africain Thabo M'Beki ont préparé une mise à l'écart systématique de l'Onu. Il leur a suffi de convaincre Blaise Compaoré sur le bien fondé d'un dialogue direct dans la crise ivoirienne. Et le tour a été vite joué. Depuis, le processus électoral ne laisse entrevoir aucune lisibilité à moyen terme. Tout le monde est dans la merde. C'est ce décor peu reluisant que présente la Côte d'Ivoire au moment où arrive le secrétaire général de l'Onu. Il faut le dire tout net : ce n'est jamais trop tard de recommencer et l'Onu doit reprendre le dossier où il a failli. La sécurisation et la certification des élections ouvertes à tous les candidats. M. Ban Ki Moon doit savoir que les conditions d'une élection libre ne sont pas réunies. Dans la partie sud, les milices n'ont jamais remis les armes. L'Ouest de la Côte d'Ivoire demeure leur retraite et le demeurera pendant plusieurs années encore. Dans les zones centre nord-ouest (CNO), les ex-rebelles ne sont pas, en réalité, prêts à déposer les armes. Sur près de 30.000 ex-combattants, seulement une centaine est assurée d'être réengagée dans la nouvelle armée, qui elle même n'existe qu'en théorie. Sans résoudre ces problèmes, la Côte d'Ivoire court d'aller à des élections où les électeurs vont aux urnes les armes sous les tempes. Que dire des cartes d'électeurs et listings électoraux ? Rien ne présente une démarche sérieuse ici pour des scrutins fixés à fin novembre 2008. Même dans deux ans, les acteurs actuels ne peuvent conduire le processus électoral à terme. L'Onu doit prendre ses responsabilités. Un point, un trait.
degonto2000@yahoo.fr
Le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (Onu) rend visite à la Côte d'Ivoire, aujourd'hui. Ban ki Moon qui effectue un périple sous-régional, dans cette partie de l'Afrique de l'Ouest très malade de ses crises politiques, économiques et alimentaires, se rappelle son devoir de gendarme de l'ordre mondial. Déjà, à la moitié de son mandat de quatre ans largement entamée, le Sud coréen ne se réveille-t-il pas un peu tardivement d'un profond sommeil volontaire qu'il s'est imposé ? Voilà un an et demi que les conflits piétinent en Afrique sans que l'Onu n'impose l'ordre, sans même donner l'espoir d'un lendemain de paix. La République démocratique du Congo, la Somalie, le Kenya et le Zimbabwe qui vient de déterrer les armes de guerre génocidaires, sont autant d'aveux d'impuissance de l'organisation internationale. Que dire du dossier ivoirien ? Une démission quasi avérée. Tout s'est passé comme si le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et son copain sud-africain Thabo M'Beki ont préparé une mise à l'écart systématique de l'Onu. Il leur a suffi de convaincre Blaise Compaoré sur le bien fondé d'un dialogue direct dans la crise ivoirienne. Et le tour a été vite joué. Depuis, le processus électoral ne laisse entrevoir aucune lisibilité à moyen terme. Tout le monde est dans la merde. C'est ce décor peu reluisant que présente la Côte d'Ivoire au moment où arrive le secrétaire général de l'Onu. Il faut le dire tout net : ce n'est jamais trop tard de recommencer et l'Onu doit reprendre le dossier où il a failli. La sécurisation et la certification des élections ouvertes à tous les candidats. M. Ban Ki Moon doit savoir que les conditions d'une élection libre ne sont pas réunies. Dans la partie sud, les milices n'ont jamais remis les armes. L'Ouest de la Côte d'Ivoire demeure leur retraite et le demeurera pendant plusieurs années encore. Dans les zones centre nord-ouest (CNO), les ex-rebelles ne sont pas, en réalité, prêts à déposer les armes. Sur près de 30.000 ex-combattants, seulement une centaine est assurée d'être réengagée dans la nouvelle armée, qui elle même n'existe qu'en théorie. Sans résoudre ces problèmes, la Côte d'Ivoire court d'aller à des élections où les électeurs vont aux urnes les armes sous les tempes. Que dire des cartes d'électeurs et listings électoraux ? Rien ne présente une démarche sérieuse ici pour des scrutins fixés à fin novembre 2008. Même dans deux ans, les acteurs actuels ne peuvent conduire le processus électoral à terme. L'Onu doit prendre ses responsabilités. Un point, un trait.
degonto2000@yahoo.fr