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Le chaos

Il y a des signes qui ne trompent pas. Et nous sommes loin, bien loin, de nous tromper lorsque nous écrivions dans ces mêmes colonnes que notre pays court à nouveau vers le chaos. Le disant, d'aucuns pourraient penser que nous sommes inutilement alarmistes. Ou tout simplement des oiseaux de mauvais augure. Mais à la réalité, Dieu seul sait la profondeur de notre attachement à la Côte d'Ivoire. Notre pays. De fait, tous les ingrédients sont réunis pour que la Côte d'Ivoire renoue à nouveau avec la violence. La même violence. Celle dont elle a été victime dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Et ce ne sont pas les signes qui manquent. Car, en affirmant la main sur le c?ur qu'en Irak les élections ont pu se tenir malgré la violence qui y fait rage, le président du RDR, de façon insidieuse, encourage les rebelles à ne pas désarmer. A maintenir le cap, jusqu'à l'issue des élections. Et comme entre Ouattara et les Forces nouvelles c'est un amour filial, on comprend qu'à quatre mois des échéances électorales, du leader du mouvement criminel et de ses compagnons, personne ne fait du désarmement une préoccupation majeure. Or il est de notoriété que l'Afrique, de façon générale, est un terreau de contestation des élections. Au Togo, l'on a encore en mémoire les violences qui ont émaillé le scrutin présidentiel. Encore que dans ce cas les contestataires, pour la plupart, n'étaient pas en armes. Il en va ainsi du Kenya où la violence est devenue le quotidien des populations. Imaginez donc un pays comme la Côte d'Ivoire, qui n'est pas sorti de la crise qui l'a défigurée, aux élections sans le désarmement des protagonistes d'hier ! Il n'est pas évident que les choses se passent sans affrontements fratricides. Etant entendu que les acteurs de la crise ivoirienne ont chacun une armée. A quel résultat veut-on arriver ? Que Ouattara et Bédié félicitent Gbagbo pour sa brillante victoire et vice-versa ? Il est encore temps que le désarmement se fasse. Cela pourrait nous éviter le chaos.

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