Mauritanie : L'UE examine des mesures contre les militaires
L'ultimatum lancé par l'Union européenne pour un retour à l'ordre constitutionnel a expiré depuis hier. Des mesures appropriées contre le Haut conseil d'Etat mauritanien dirigé par le général Mohamed Ould Abdel Aziz. La communauté internationale, sous l'égide de l'Union européenne, agite depuis jeudi, à en croire l'Afp et Rfi, ces mesures prévues dans le cadre de l'article 96 de l'accord de Cotonou, selon un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Frédéric Desagneaux. Faut-il le rappeler, l'Union européenne a donné, le 20 octobre dernier, un mois au Haut conseil d'Etat en vue d'un retour à l'ordre constitutionnel, après l'éviction, le 6 août dernier, par des militaires du président élu, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Rejetant les pressions, la Mauritanie a en retour demandé la poursuite des discussions avec l'UE pour sortir de la crise. Le Haut conseil d'Etat mène, par ailleurs, une vaste campagne en vue de faire comprendre les enjeux véritables du changement du 6 août. Il organise, à cet effet, à Nouakchott, des meetings très fréquentés. Récemment, le président déchu a été transféré de la villa où il vivait depuis son renversement à Nouakchott jusqu'à son village natal, à 250 km de la capitale. Où il peut recevoir qui il veut, quand il veut, selon le gouvernement mauritanien. L'UE juge cependant insuffisantes ces mesures et réclame la libération de Sidi Ould Cheikh. D'où les mesures appropriées qu'elle entend prendre. Mais Paris n'a pas détaillé en quoi consisteraient ces mesures appropriées qui sont évoquées. Toutefois, l'on pense que ces sanctions pourraient prendre la forme d'une suspension des relations diplomatiques. Face à la pression de l'UE et de l'Union africaine (UA) qui tient jeudi une réunion à Addis Abeba avec des représentants de l'UE, l'Onu, l'Organisation internationale de la Francophonie (Oif), la Ligue arabe et l'Organisation de la conférence islamique (Oci), le ministre mauritanien de la Communication, Mohamed Ould Moïne, s'indigne. Jeudi à Paris, il a fait à l'Afp cette déclaration : Mon pays est un Etat souverain et indépendant. Ce qui signifie que personne, je dis bien personne, n'a le droit de prendre des décisions concernant mon pays et personne n'est le tuteur de mon pays. Pendant ce temps, le président déchu pense aux institutions de son pays. Dans un discours diffusé par la chaîne de télévision Al-Arabiya, il a déclaré être prêt à discuter de l'avenir des institutions de la Mauritanie, une fois le putsch mis en échec. Son Premier ministre, Yahya Ould Ahmed Waghf, accusé par ailleurs avec dix autres personnes d'avoir manigancé le faillite d'Air Mauritanie, a été déféré devant la justice de Nouakchott.
Ernest Aka Simon
Ernest Aka Simon