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11/04

Il y a trois ans, novembre 2004 Il y a trois ans, à quelques jours près, nous étions proches de la libération et, à quelques jours près, nous avions ou pensions encore avoir des amis.
Trois ans après novembre 2004, il est de bon aloi que ce soit la paix. Tout le monde peut s'en réjouir, et ce n'est que raison. Que reste-t-il de novembre 2004 et des espoirs de la Chiraquie, désespoir de la Côte d'Ivoire ? Quelques commémorations, peut-être; quelques souvenirs certainement pour certains, qu'ils soient d'un camp ou de l'autre; des morts, des blessés, des traumatisés ; et un traumatisme que personne ne veut prendre l'initiative de soigner, non pas faute de moyens, mais pour certainement raison d'Etat ou secret défense.
Qui payera le coût de ces tristes jours de novembre 2004 ? Qui règlera l'ardoise et épongera le passif ? Qui assumera l'irresponsabilité de l'espoir de la paix ?
Dignité n'était pas un vain mot, c'était un comportement. L'oublier, c'est se renier et peu y sont prêts. L'oublier ne serait que trahir, ou que trahison.
En novembre 2004, les seules zones d'ombre qui persistent sont celles qui concernent le bombardement du camp Licorne de Bouaké, la destruction et les incendies des écoles françaises, la destruction de la flotte aérienne militaire d'un Etat souverain qui n'était pas en guerre avec ceux qui ont agi en parlant de réagir, de réaction, pour tout dire, de légitime défense, donc de bon droit. Ainsi exonérer de toute culpabilité, les politiques chiraquiens s'exonèrent de toute culpabilité, de toute indemnisation, de tout remboursement, de tout remord. Tout ce qui a été détruit, vies humaines, biens matériels, n'est qu'un accident de l'histoire, une fantaisie pour ceux qui n'ont rien perdu. Quand reverrons-nous voler nos Mi 24 kakamou ? Peut-être pour la fête de l'indépendance (tcha-tcha) ?
P.S : S'il doit y avoir la guerre, qu'elle ait lieu de mon temps afin que mon enfant connaisse la paix, Thomas Peyne.
Emmanuel Grié (manu_grie@yahoo.fr)

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