Conflit foncier à Sahuyé (Sikensi) : Hubert Oulaye achète 60 hectares de forêt, la famille Gnangodoua sur le pied de guerre
Le feu couve à Sahuyé. Ce village situé dans la sous préfecture de Sikensi et peuplé d'environ 8000 âmes vit au rythme d'un conflit foncier. Il concerne plus précisément les membres d'une même famille : les Gnangodoua. Le point de discorde, une portion de forêt achetée, dit-on, par le ministre Hubert Oulaye. Mais de quoi s'agit-il exactement ? Le doyen Dagri N'dri Emmanuel est à couteaux tirés avec ses neveux parce qu'il se proclame, après la mort de ses frères, détenteur exclusif de la forêt de la grande famille. Une portion d'environ 1000 hectares qu'il veut, à lui seul exploiter, à en croire les autres membres de la famille. En outre, Dagri N'Dri Emmanuel a, toujours selon eux, vendu une partie de cette terre au ministre Hubert Oulaye pour la culture d'hévéa. Acte qui a amené une partie de la famille à traduire Dagri N'Dri Emmanuel devant le tribunal coutumier afin de le pousser à revenir sur sa décision. Premier échec des pourparlers
Devant l'ampleur de la situation, le chef de Sahuyé Tanau Laugau et la génération Sêtê (gérant du village) ont jugé urgent de régler le conflit qui divise la famille. Mais en vain parce que le doyen Dagri N'Dri Emmanuel refuse, soutiennent-ils, de reconnaître que la forêt appartient à toute la famille. Le chef que nous avons rencontré a d'ailleurs confirmé cette thèse. "Depuis des années, les parents avaient chacun sa portion de terre. Pour cela, j'ai proposé que chacun reste sur ses limites pour éviter les affrontements. Parce que les parents, avant leur mort, ont vécu en harmonie. Mais Dagri N'Dri Emmanuel a fait savoir que la place appartient à son père. Je lui ai expliqué que cela ne peut être possible. C'est sur cette proposition que nous nous sommes séparés". Mais à queue de poisson au regard des évènements qui ont suivi. "Quand ils sont partis, à tout moment, il y a des palabres entre les enfants de Dagri N'Dri et les autres. On a essayé de mettre de l'ordre dans la famille mais on n'y est pas parvenu. Et en début de 2008, on a appris que la forêt a été vendue à un ministre, M. Houbert Oulaye et une autre partie à un juge" a révélé le chef qui a pris sur lui le soin de convoquer à nouveau les parties.
Deuxième échec des pourparlers
Les villageois, au regard de ce qu'ils ont appris à savoir que la forêt (une partie) a été cédée au ministre Hubert Oulaye, ont convoqué une seconde fois les parties. Le chef qui a été l'un des initiateurs de cette rencontre explique le refus du doyen Dagri N'Dri Emmanuel à s'entendre avec ses neveux. "C'est cette terre qui nous nourrit. La vendre, c'est priver la famille de pain. Pour cela, le chef de terre nous a convoqué à une réunion. Ce jour-là, nous avons invité tous les villageois à cette réunion. Mais Dagri N'Dri Emmanuel a refusé de prendre part à la réunion. On a passé toute la matinée à l'attendre, il n'est pas venu. Finalement nous avons ensemble décidé de le mettre en quarantaine. C'est-à-dire ses enfants et lui ne sont plus autorisés à participer aux activités du village. Mais cette sanction ne l'a pas empêché de rester sur sa position et de continuer à exploiter la forêt. Ce comportement a failli provoquer un drame. Puisque les deux parties se sont affrontées sur les lieux et ont manqué d'user des armes à feu. Vu la gravité de cette affaire, on a été obligé de la porter devant la gendarmerie" a indiqué le chef Tanau Laugau. A en croire celui-ci, le doyen Dagri N'Dri Emmanuel a signifié aux forces de l'ordre que son père a acheté toute la forêt. Mais soutient toujours le chef : "Ce que je sais, c'est que le terrain de Sahuyé n'a jamais été acheté. Nous les originaires de Sahuyé, nous avons occupé cette portion par vagues. Il y en a eu trois (03) qui sont venues du pays baoulé. La première a créé un village qui s'appelait Walèbo. Le second village de la deuxième vague s'appelait Tiébissou et enfin le groupe de Gnangodoua. Donc il n'y a pas eu d'achat de terrain pour que quelqu'un devienne propriétaire terrien. C'est à l'arrivée des colons que les trois villages ont formé une seule entité et a pris le nom de Sahuyé" a poursuivi le chef qui a expliqué que Sahuyé signifie en baoulé, il n'y a plus de problème. Tous les autres intervenants ont soutenu la version du chef du village. C'est le cas de M. Kaménan Amani et N'Dja Yao Richard de la génération Sêtê. Ils ont, à leur tour, désavoué le doyen Dagri N'Dri Emmanuel. Tout comme d'ailleurs le vieux Koua Albert (doyen de la famille Gnangodoua). "C'est parce que je suis malade que cette affaire perdure. Autrement dit, Dagri N'Dri m'aurait déjà tué. Depuis 2006, j'ai porté plainte mais le problème demeure encore. On se connaît dans cette famille Gnangodoua. Il ne peut pas me dire que cette forêt lui appartient. Il a raison c'est parce que je suis malade qu'il agit ainsi" a-t-il regretté. Tous ces propos, Dagri N'Dri Emmanuel les a balayés. "Moi, je suis de Bingerville. Mon grand-père est de Bingerville. C'est lui qui a acheté cette terre. C'est mon village qui s'appelle Gnangodoua. Alors je ne sais pas pourquoi on m'attaque. Ceux qui m'attaquent sont des esclaves".
60 hectares à Hubert Oulaye
pour une durée de 45 ans
"Je ne vends pas de forêt. J'ai donné 60 hectares à Hubert Oulaye. Pour faire la culture d'hévéa, il exploitera cette superficie de 60 hectares pendant 45 ans. Les ressources, nous les partagerons en trois (03). Il gardera deux (02) parties et moi, une partie" a précisé le vieux Dagri N'Dri Emmanuel. Un contrat qui n'est pas dans son ensemble du goût de la famille Gnangodoua et même de tout le village Mise en garde
" Que M. Hubert Oulaye sache que la famille Gnangodoua a besoin de terre pour se nourrir, c'est une famille qui vit aussi. Nous lui demandons de se retirer de cette affaire sinon il y aura un affrontement. Il y aura un affrontement entre les membres de la famille et aussi entre nous et ses man?uvres qui sont sur le terrain. Que le ministre Hubert Oulaye s'attende à quelque chose. Il veut récupérer notre terre parce qu'il a de l'argent. Nous n'allons pas céder aussi facilement. Nous sommes prêts à mourir pour cette forêt" a menacé M. N'Dja Yao Richard, membre de la famille, membre également de la génération Sêtê de Sahuyé. Intervention de la gendarmerie
Pour calmer les ardeurs, la gendarmerie de Sikensi a été sollicitée. Elle a diligenté une enquête en vue de déterminer qui est propriétaire de cette forêt et qui ne l'est pas. D'ailleurs le commandant de brigade M. Zadi Touaphi Lazare que nous avons rencontré concernant cette enquête a indiqué : "La procédure n'est pas finie. On attend que les parties nous fournissent des papiers, les éléments qui prouvent qu'ils sont propriétaires de la forêt". Par ailleurs, Il a informé qu'une fois ces formalités remplies, l'affaire sera transmise au parquet.
Djè KM
Cathycelio@yahoo.fr
Devant l'ampleur de la situation, le chef de Sahuyé Tanau Laugau et la génération Sêtê (gérant du village) ont jugé urgent de régler le conflit qui divise la famille. Mais en vain parce que le doyen Dagri N'Dri Emmanuel refuse, soutiennent-ils, de reconnaître que la forêt appartient à toute la famille. Le chef que nous avons rencontré a d'ailleurs confirmé cette thèse. "Depuis des années, les parents avaient chacun sa portion de terre. Pour cela, j'ai proposé que chacun reste sur ses limites pour éviter les affrontements. Parce que les parents, avant leur mort, ont vécu en harmonie. Mais Dagri N'Dri Emmanuel a fait savoir que la place appartient à son père. Je lui ai expliqué que cela ne peut être possible. C'est sur cette proposition que nous nous sommes séparés". Mais à queue de poisson au regard des évènements qui ont suivi. "Quand ils sont partis, à tout moment, il y a des palabres entre les enfants de Dagri N'Dri et les autres. On a essayé de mettre de l'ordre dans la famille mais on n'y est pas parvenu. Et en début de 2008, on a appris que la forêt a été vendue à un ministre, M. Houbert Oulaye et une autre partie à un juge" a révélé le chef qui a pris sur lui le soin de convoquer à nouveau les parties.
Deuxième échec des pourparlers
Les villageois, au regard de ce qu'ils ont appris à savoir que la forêt (une partie) a été cédée au ministre Hubert Oulaye, ont convoqué une seconde fois les parties. Le chef qui a été l'un des initiateurs de cette rencontre explique le refus du doyen Dagri N'Dri Emmanuel à s'entendre avec ses neveux. "C'est cette terre qui nous nourrit. La vendre, c'est priver la famille de pain. Pour cela, le chef de terre nous a convoqué à une réunion. Ce jour-là, nous avons invité tous les villageois à cette réunion. Mais Dagri N'Dri Emmanuel a refusé de prendre part à la réunion. On a passé toute la matinée à l'attendre, il n'est pas venu. Finalement nous avons ensemble décidé de le mettre en quarantaine. C'est-à-dire ses enfants et lui ne sont plus autorisés à participer aux activités du village. Mais cette sanction ne l'a pas empêché de rester sur sa position et de continuer à exploiter la forêt. Ce comportement a failli provoquer un drame. Puisque les deux parties se sont affrontées sur les lieux et ont manqué d'user des armes à feu. Vu la gravité de cette affaire, on a été obligé de la porter devant la gendarmerie" a indiqué le chef Tanau Laugau. A en croire celui-ci, le doyen Dagri N'Dri Emmanuel a signifié aux forces de l'ordre que son père a acheté toute la forêt. Mais soutient toujours le chef : "Ce que je sais, c'est que le terrain de Sahuyé n'a jamais été acheté. Nous les originaires de Sahuyé, nous avons occupé cette portion par vagues. Il y en a eu trois (03) qui sont venues du pays baoulé. La première a créé un village qui s'appelait Walèbo. Le second village de la deuxième vague s'appelait Tiébissou et enfin le groupe de Gnangodoua. Donc il n'y a pas eu d'achat de terrain pour que quelqu'un devienne propriétaire terrien. C'est à l'arrivée des colons que les trois villages ont formé une seule entité et a pris le nom de Sahuyé" a poursuivi le chef qui a expliqué que Sahuyé signifie en baoulé, il n'y a plus de problème. Tous les autres intervenants ont soutenu la version du chef du village. C'est le cas de M. Kaménan Amani et N'Dja Yao Richard de la génération Sêtê. Ils ont, à leur tour, désavoué le doyen Dagri N'Dri Emmanuel. Tout comme d'ailleurs le vieux Koua Albert (doyen de la famille Gnangodoua). "C'est parce que je suis malade que cette affaire perdure. Autrement dit, Dagri N'Dri m'aurait déjà tué. Depuis 2006, j'ai porté plainte mais le problème demeure encore. On se connaît dans cette famille Gnangodoua. Il ne peut pas me dire que cette forêt lui appartient. Il a raison c'est parce que je suis malade qu'il agit ainsi" a-t-il regretté. Tous ces propos, Dagri N'Dri Emmanuel les a balayés. "Moi, je suis de Bingerville. Mon grand-père est de Bingerville. C'est lui qui a acheté cette terre. C'est mon village qui s'appelle Gnangodoua. Alors je ne sais pas pourquoi on m'attaque. Ceux qui m'attaquent sont des esclaves".
60 hectares à Hubert Oulaye
pour une durée de 45 ans
"Je ne vends pas de forêt. J'ai donné 60 hectares à Hubert Oulaye. Pour faire la culture d'hévéa, il exploitera cette superficie de 60 hectares pendant 45 ans. Les ressources, nous les partagerons en trois (03). Il gardera deux (02) parties et moi, une partie" a précisé le vieux Dagri N'Dri Emmanuel. Un contrat qui n'est pas dans son ensemble du goût de la famille Gnangodoua et même de tout le village Mise en garde
" Que M. Hubert Oulaye sache que la famille Gnangodoua a besoin de terre pour se nourrir, c'est une famille qui vit aussi. Nous lui demandons de se retirer de cette affaire sinon il y aura un affrontement. Il y aura un affrontement entre les membres de la famille et aussi entre nous et ses man?uvres qui sont sur le terrain. Que le ministre Hubert Oulaye s'attende à quelque chose. Il veut récupérer notre terre parce qu'il a de l'argent. Nous n'allons pas céder aussi facilement. Nous sommes prêts à mourir pour cette forêt" a menacé M. N'Dja Yao Richard, membre de la famille, membre également de la génération Sêtê de Sahuyé. Intervention de la gendarmerie
Pour calmer les ardeurs, la gendarmerie de Sikensi a été sollicitée. Elle a diligenté une enquête en vue de déterminer qui est propriétaire de cette forêt et qui ne l'est pas. D'ailleurs le commandant de brigade M. Zadi Touaphi Lazare que nous avons rencontré concernant cette enquête a indiqué : "La procédure n'est pas finie. On attend que les parties nous fournissent des papiers, les éléments qui prouvent qu'ils sont propriétaires de la forêt". Par ailleurs, Il a informé qu'une fois ces formalités remplies, l'affaire sera transmise au parquet.
Djè KM
Cathycelio@yahoo.fr