De la lune de miel au divorce
Le 1er novembre 2006, le conseil de sécurité de l'ONU décide sous instigation de la France de proroger le mandat du chef de l'Etat ivoirien. Laurent Gbagbo, à travers la résolution 1721 qui faisait du 1er ministre d'alors, Charles Konan Banny, le principal homme fort de la République de Côte d'Ivoire avec l'appui et le soutien de la communauté internationale. 12 heures après la décision des nations unies, le mentor de la refondation fait une adresse à la nation, pour opposer un niet au texte de l'ONU. Aidé par ses soutiens internes et externes, Laurent Gbagbo déchire la résolution 1721 et propose un mois plus tard, "le dialogue direct" avec le leader de l'ex-rébellion Guillaume Soro sous le parrainage du Président du Burkina-Faso, Blaise Compaoré. Après plusieurs mois d'échanges, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne signent le 04 mars 2007 à Ouagadougou un nouveau texte qui range au placard la résolution 1721. Guillaume Soro désigné 1er ministre par Gbagbo Laurent est chargé de former un nouveau gouvernement non sans peine le samedi 07 avril 2007. Quelques semaines après, la zone de confiance est supprimée et les soldats de l'ONUCI, appuyés par la Licorne, rejoignent leur base. Depuis plus rien. Le démantèlement des milices, la mise en place du centre de commandement intégré, les audiences foraines et l'identification, le désarmement des combattants ainsi que le redéploiement de l'administration connaissent un retard énorme. Le 12 juin 2007, la réunion du Cadre permanent de sécurité (CPC) en présence du facilitateur Blaise Compaoré à Yamoussoukro, dénonce la lenteur de l'exécution du processus de paix. Le 30 juillet 2007, main dans la main, Guillaume Soro et Gbagbo Laurent invitent les Ivoiriens à Bouaké en vue de célébrer la paix en présence de plusieurs chefs d'Etat africains. A l'occasion, le chef de l'Etat a officiellement déclaré que la guerre est terminée ! Ce qui voudrait dire que plus rien entraverait la marche glorieuse de la Côte d'Ivoire vers la paix. Plusieurs mois après, toujours rien de significatif pour aller aux élections. Et face aux actes de symboles qui ne font pas avancer le processus de paix, l'ONU qui refuse de se contenter de la petite paix, presse les belligérants en vue d'engager des mesures concrètes pour l'identification et l'inscription des électeurs, le désarmement, l'unification des forces de sécurité et la restauration de l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire. La fermeté de la dernière résolution du conseil de sécurité de l'ONU trouble la quiétude de Gbagbo Laurent et de Soro Guillaume. Depuis peu, le chef de l'Etat et son clan sont au labo pour tenir le levier. Dans son nouveau scénario, Laurent Gbagbo songe à remplacer son 1er ministre actuel, par un cadre du PDCI ou du RDR. Ceci pour encore gagner du temps et éviter que la communauté internationale impatiente, reprenne le dossier ivoirien.
Patrice Yao
Patrice Yao