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Cherté de la vie : De la responsabilité du peuple ivoirien

Un régime socialiste qui était pourtant censé apporter un mieux-être aux populations et qui les affame. Après leur avoir promis, dans l'opposition, monts et merveilles. Indubitablement, le régime de la refondation aura montré son indifférence face aux difficultés des Ivoiriens. Et la cherté des produits de première nécessité est la preuve que ceux qui sont au pouvoir sont plus des hommes d'affaires que des politiciens, qui se préoccupent des conditions de vie de leurs compatriotes. Sous la Refondation, ils sont devenus des propriétaires de superettes, de magasins, de boutiques et autres commerces qui fleurissent dans Abidjan et qui, comme le dit si bien l'artiste, ont fait disparaître tous les espaces verts. Ils contrôlent les marchés du riz, du poisson et même du vivrier. En un mot comme en mille, ils sont plus des hommes d'affaires que des dirigeants politiques. C'est pourquoi, il n'est pas faux de croire que les augmentations intempestives des prix des denrées de première nécessité ne sont pas faites pour leur déplaire. D'autant plus que cela leur permet de régler leurs impôts et autres taxes sur leurs marchandises. Ce qui a provoqué la colère des Abidjanais. Et quelques quartiers de la capitale ont connu des manifestations des femmes contre la vie chère. Comme si elles s'étaient passées la consigne, celles-ci ont paralysé certaines voies publiques pour se faire entendre. Des manifestations qui n'ont pas connu de grands succès vu leur caractère spontané. Ce qui a fait que pendant que les communes comme Cocody, Port-Bouët, Yopougon étaient en ébullition, d'autres vaquaient à leurs occupations. Ne sachant même pas ce qui se passe dans la commune voisine. Qu'est-ce qui peut bien expliquer le fait que les populations de certaines communes se soulèvent contre la vie chère et que d'autres se montrent indifférentes comme si les denrées coûtaient moins cher dans ces communes dont les populations ont décidé de rester chez elles ? Il ne s'agit pas ici de vouloir appeler qui que ce soit à un quelconque soulèvement ou à une quelconque insurrection. Mais de dénoncer le comportement de certains, face à la misère que vit tout le monde. Sans distinction de race, ni de parti politique. La cherté de la vie tient-elle compte de l'appartenance des uns et des autres? Il s'est trouvé des voix pour soutenir que ces femmes et ces jeunes gens qui étaient dans les rues étaient téléguidés par des mains obscures. Or, il est de notoriété qu'un "homme qui a faim n'est pas un homme libre", selon le tout premier Président de la République, feu Félix Houphouët-Boigny. Malheureusement, en Côte d'Ivoire, on tue ceux qui marchent pour dire qu'ils ont faim. Kouadio Arsène Junior âgé de 18 ans et en classe de 2nde A, et Séa François, ont été tués par des policiers lors des manifestations. Le ministre Désiré Tagro qui a rendu une visite de compassion aux familles éplorées a tenté de justifier les actes des policiers." Pour le ministre Désiré Tagro, le décès du jeune Kouadio Arsène Junior est un regrettable accident, car les balles qui ont été utilisées lors des dernières manifestations sont pour disperser des foules sont conventionnelles. Notamment les grenades lacrymogènes dont l'une a atteint le jeune homme à la tête. ''Notre souci est de libérer la voie publique, lors des manifestations, en dispersant les manifestants à l'aide des gaz lacrymogènes qui rendent l'air irrespirable. Les moyens utilisés étaient donc conventionnels'', a-t-il indiqué. S'agissant du décès du jeune Séa François, atteint mortellement par trois balles, le ministre a souhaité que le mis en cause, qui, dit-on, ferait partie des FANCI, un militaire, soit retrouvé.()" a rapporté le journal ''Notre Voie'' du FPI, dans son édition d'hier. Des balles conventionnelles qui tuent sur le champ. Il s'en est fallu de peu pour que le ministre Désiré Tagro dise que les deux jeunes gens qui ont été tués, sont morts de façon conventionnelle.
Paul Koudou

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