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Le Front
· 6 min de lecture

Interview - Commandant Issiaka Ouattara dit Wattao: " Gbagbo peut venir à Bouaké"

Absent du pays depuis quelque temps, pour un réexamen des soins de santé, le commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, chef d'état-major adjoint des forces armées des Forces nouvelles (Fafn) a été joint au téléphone par "Le Front". De l'accord de Ouaga, à la formation du gouvernement après la nomination du Sg des Forces nouvelles, Guillaume Soro au poste de Premier ministre, le commandant Wattao se prononce sur ces différents sujets dans cet entretien. Que pense-t-il de l'arrivée imminente du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo à Bouaké, ainsi que de Blé Goudé, lisez l'interview

Commandant, depuis deux mois vous vous êtes retiré en Europe pour des soins. Aujourd'hui, comment va le commandant Wattao ?

Aujourd'hui, le commandant Wattao se porte très bien. J'ai retrouvé les capacités de ma jambe à 99%. Je n'ai donc rien à dire. Ma santé est parfaite.

Après le dialogue direct, le Secrétaire général de votre mouvement Guillaume Soro a été nommé Premier ministre. Ensuite, il y a eu l'inauguration du centre de commandement intégré suivie de la suppression de la zone de confiance. Quels sont vos sentiments en tant que soldat ?

En tant que soldat, c'est d'abord une joie immense de voir mon premier chef, nommé Premier ministre. Ce qui est important. Que la paix revienne en Côte d'Ivoire. Nous en avons tous besoin. Et en tant que soldat, cela me permettra de vivre en toute liberté dans mon pays comme auparavant libre de nos mouvements. Vous voyez, notre souhait le plus absolu et le plus ardent est que la paix revienne. Si les deux belligérants ont accepté, aujourd'hui, de travailler ensemble, c'est le signe que nous avons fait un grand pas vers la paix. Et c'est la Côte d'Ivoire qui gagne. Les populations ivoiriennes et tous les voisins de la Côte d'Ivoire.

A propos de la suppression de la zone de confiance et la création du centre de commandement intégré, quel commentaire faites-vous ?

Cet acte est de haute portée. Car, il symbolise la réunification du pays. Pour la zone de confiance qui est une ligne verte, j'espère que des deux côtés, personne ne fera rien pour que ressurgisse cette sale guerre. Nous avons intérêt à respecter les accords. On n'a pas le droit de diviser la Côte d'Ivoire. C'est pourquoi, je salue la politique de paix de mon chef Soro et du président Gbagbo. Aujourd'hui, le démantèlement de cette zone permet à chaque Ivoirien d'aller là où il veut en toute quiétude.

Beaucoup de bruits ont couru sur le gouvernement que le Premier ministre Guillaume Soro dirige. Pensez-vous qu'il a les coudées franches pour mener à bien sa mission ? En d'autres termes, on lui reproche de faire la part belle au camp présidentiel en lui laissant les postes de la sécurité et de la défense.

Vous savez qu'en Côte d'Ivoire, rien n'est facile. On a beau faire, il y aura toujours des gens pour dénigrer ce qui est fait. Mais j'estime que ce n'est pas un soutien au camp présidentiel. Il faut plutôt aider le Premier ministre à résoudre le problème de la Côte d'Ivoire. Il en a les capacités intellectuelles. Comme je le disais, nous devons l'aider au lieu de prendre le temps à se plaindre des postes de telle ou telle personne. Je trouve que c'est trop mesquin et puéril même. Ces messieurs qui sont là sont des Ivoiriens. S'ils peuvent travailler dans l'intérêt de la Côte d'Ivoire pour ramener la paix dans le c?ur des Ivoiriens, ce sera l'essentiel pour toute la Côte d'Ivoire. Ce n'est pas le fait de se plaindre des portefeuilles, qui nous aidera à résoudre le problème. Le problème aujourd'hui, c'est d'aider le Premier ministre à résoudre le problème de la Côte d'Ivoire pour que tous les Ivoiriens vivent en paix, main dans la main, sans haine. C'est ce que nous recherchons aujourd'hui. Et nous avons intérêt à l'aider à réussir cette mission ; parce que ce sera le chaos, si nous échouons. Et tous les partis politiques ont intérêt à s'impliquer.

Est-il vrai qu'une partie de l'aile militaire était opposée à l'arrivée du Secrétaire général à la primature ?

C'est un pur mensonge. C'est d'ailleurs grotesque ! Personne n'était opposé à cette nomination. Parce qu'après cinq ans de guerre, aucune solution n'ayant été trouvée, il fallait chercher une autre solution. Et je ne vois pas qui pouvait être contre cela. Pas même un chef de guerre. Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire a besoin de paix et nous ne sommes pas prêts à nous tirer dessus. Nous sommes tous Ivoiriens et aucun Ivoirien ne tirera sur son frère. Et on constate aussi que c'est la position de la population ivoirienne.

Le chef de l'Etat a annoncé une visite à Bouaké. Vous avez été pressenti pour diriger les opérations de sécurité. Et aujourd'hui, vous êtes à l'extérieur. Comment comptez-vous y prendre ?

C'est vous qui m'informer. D'ailleurs, il n'y a pas de problème, je me mettrai à la disposition du président Gbagbo pour sa sécurité. J'attends les recommandations du général Bakayoko. Si c'est effectivement à moi qu'il veut confier cette tâche, il m'en informera.

Le président Gbagbo vient de prendre une ordonnance d'amnistie. Quelles sont vos impressions ?

Cette ordonnance vient à propos. Il nous faut de part et d'autre une dose de confiance et de sincérité. Ce gage-là, la Côte d'Ivoire en a besoin. N'eût été cette ordonnance d'amnistie, chacun serait encore retranché dans sa tanière. Aujourd'hui, je suis très content qu'il y a eu cette ordonnance d'amnistie.

Est-ce qu'avec l'ordonnance d'amnistie, vous êtes aujourd'hui prêt à venir circuler à Abidjan ?

Chez moi, il n'y a pas de problème. Puisque l'amnistie est là. Maintenant, s'il y a des gens qui s'attaquent à moi, ce sera là le problème. Ce sera un problème de personnes. Sinon, moi je suis prêt à venir à Abidjan. C'est mon pays. Tout comme Blé Goudé peut venir à Bouaké sans problème. Personne ne va le toucher tout omme Gbagbo peut le faire aussi. Si on s'y oppose, c'est qu'on n'est pas prêt pour la paix. Si on est prêt pour la paix, on doit aller jusqu'au bout.

A propos de Blé Goudé, vous lui avez, semble-t-il, adressé une invitation pour venir à Bouaké ?

Oui ! c'est affirmatif. Je lui ai adressé une invitation. Dès que je rentre, je ferai tout pour que son arrivée puisse être effective. Car nous sommes vraiment prêts pour la paix.

Les populations de Bouaké sont, semble-t-il, opposées à la visite de Laurent Gbagbo dans vos zones. Quel message leur adressez-vous ?

Pour le moment, je n'ai pas cette information. Si c'était le cas, je dirais au président Laurent Gbagbo de laisser le Premier ministre Soro sensibiliser la population. Ce serait mieux pour nous tous pour ne pas qu'il y ait des heurts. Vous savez, une population n'est pas facile à sensibiliser. Il faut aller pas à pas et surtout trouver les mots justes pour apaiser le c?ur de chacun. Que le président vienne à Bouaké, Korhogo, il n'y a pas de problème. Toutefois, il doit laisser le Premier ministre sensibiliser tout le nord pour faciliter les choses.

Quel mot, vous avez à dire au terme de notre entretien ?

Au terme de notre entretien, j'aimerais saluer tous les partis politiques de Côte d'Ivoire qui ont fait preuve d'hauteur d'esprit pour qu'aboutisse l'accord. Je salue aussi le président Compaoré qui a mis tous les moyens pour qu'ait lieu le dialogue direct, pour que vienne la vraie paix en Côte d'Ivoire. J'invite toutes les populations à aller à la paix pour redonner à notre pays son rayonnement d'antan. La Côte d'Ivoire doit avancer. Et nous avons besoin de tous les fils de ce pays pour réussir cette mission. Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !

Recueillis au téléphone par Déless Goué
Coll. CK.K.

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Article publié par Le Front et référencé par 225.ci.