Un conseil constitutionnel peu crédible
La transparence des prochaines consultations électorales préoccupe plus d'un Ivoirien. En dehors de l'environnement délétère qui entoure cette échéance, il y a la crédibilité de certaines institutions qui sont impliquées dans l'organisation de ces élections. Notamment, le conseil constitutionnel que préside le juge Yanon Yapo. Un magistrat qui ne tarit pas d'éloges à l'égard de Laurent Gbagbo qu'il n'hésite pas de qualifier de sauveur , son sauveur. L'on a encore en mémoire l'apologie de Laurent Gbagbo faite dans un discours laudateur par le président du Conseil constitutionnel le jour de son investiture. Ce jour là, l'ancien juge de la cours d'appel d'Abidjan, a présenté l'actuel chef de l'Etat comme le messie d'une Côte d'Ivoire en déperdition . Un tel magistrat peut-il réellement dire le droit contre le gré de son ami Gbagbo ? C'est moins sûr. Laurent Gbagbo lui-même dit à qui veut l'entendre que le natif de Grand Acouzin est un ami à lui. Le 4 janvier dernier, recevant les populations de Grand Acouzin, le chef de l'Etat a remis en scelle son ami Yanon devant ses parents. Il a rappelé qu'il a connu l'homme en 1992 quand il avait été arrêté à la suite d'une marche de protestation. A ceux qui lui reprochent d'avoir nommé un ami à ce poste hautement sensible, le chef de l'Etat répond : Yanon est mon ami, mais et alors ? En plus de son président le Conseil constitutionnel est composé de personnalités dont l'accointance avec le pouvoir Fpi n'est plus à démontrer. Il s'agit principalement de René Dégni Ségui, anciennement conseiller juridique de Gbagbo, Barouan Marie-Agathe, Thalmas Tayoro Dominique Suzanne. Ainsi marqué par la présence des proches de Gbagbo, le conseil constitutionnel a été récusé dans sa forme actuelle par les signataires de Marcoussis, précisément ceux regroupés au sein du G7 à la réunion de Prétoria 1 en Afrique du Sud. Le G7 a estimé que l'institution n'aura pas la force nécessaire de trancher dans l'équité les éventuels contentieux électoraux. C'est le même schéma qui s'est présenté au Kenya en décembre dernier, lorsque la Commission électorale (ECK) a été mise à l'écart après avoir subi des pressions énormes. Et depuis, le Kenya est plongé dans la violence. La Côte d'Ivoire ne doit se payer le luxe d'organiser des élections à la kenyanne. Aussi, faut-il que toutes les conditions soient réunies pour des élections transparentes et démocratiques. Mieux vaut prévenir que guérir, dit l'adage.
I.B. Kamagaté
I.B. Kamagaté