Le discours du mépris
Les syndicats, notamment ceux des enseignants, fer de lance de l'opposant historique Laurent Gbagbo n'oublieront pas de sitôt les paroles fortes, dures et méprisantes prononcées pas le Chef de l'Etat ivoirien à l'occasion de la célébration de la 121e fête du travail. Il s'en est fallu de peu en effet, pour que Laurent Gbagbo disent à ses ex-collègues enseignants "Mais diantre, allez vous faire f... !" Tant il en a marre des cris de détresse répétés et des revendications sociales de ces derniers. Avec un mépris souverain, digne des grands dictateurs qu'a connus le 20e siècle, Laurent Gbagbo a craché à la figure des travailleurs, le jour même de leur fête, ces propos durs et de désespoir "Avec moi, vous n'aurez jamais ce que vous demandez". Et ces enseignants, qui sont à la base de ce que nos écoles et universités sont devenues, ces enseignants qui depuis 1990 professent plus la politique et la révolte n'auront leurs yeux que pour pleurer. Toutes les promesses qu'on leur avait fait miroiter sont rangées aux calendres grecques. Ils n'auront rien comme tous les planteurs de café-cacao, les élèves, les étudiants, les médecins, les infirmiers. La raison évoquée, il n'y a pas d'argent. Mais au même moment on constate que le train de vie de l'Etat va augmentant. Le budget de souveraineté de Gbagbo, "le Président qui se prolonge" selon Sarkozy qui était de 60 milliards de francs en 2006 n'a même pas été rendu public cette année 2007. Que fait-on en outre de l'argent de notre pétrole? Pourquoi a-t-on 50 millions à offrir aux magistrats de la Cour Suprême et du Conseil constitutionnel pour leur prime d'installation et pas un radis pour les enseignants qui assurent pourtant l'éducation de nos enfants ? Gbagbo méprise-t-il autant l'avenir de ce pays qui passe nécessairement par une bonne éducation de sa jeunesse ? Possible car la Côte d'Ivoire est l'un des rares pays au monde où des élèves peuvent rester bloqués à la maison durant 3 mois sans qu'aucun parent d'élèves ne lève le petit doigt. Pour tous les sacrifices consentis par nos travailleurs au cours de cette dure période de crise, ces derniers ne méritent pas qu'on leur dise ce que Gbagbo a osé leur cracher à la figure, hier.
Akwaba Saint Clair
Akwaba Saint Clair