Développement - Un demi-siècle environ après son indépendance - Pourquoi la Côte d'Ivoire est à la traîne
La crise économique des années 1980, l'instabilité politique à partir de 1990 et la mal gouvernance sont, entre autres, les obstacles au développement de la Côte d'Ivoire qui a d'énormes potentialités économiques.
La Côte d'Ivoire est le pays-phare de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Elle représente 40% de cette union comprenant 8 pays. De 1960 à 1970, grâce à des actions concrètes, la Côte d'Ivoire va réaliser un miracle économique et se positionner comme l'un des Etats africains qui pouvait sortir du sous-développement. Mais près d'un demi-siècle après son indépendance acquis le 07 août 1960, le miracle ivoirien s'est transformé en mirage. La locomotive de l'Uemoa est devenue un tigre en papier. Plus de la moitié de la population est frappée par la pauvreté. Le chômage des jeunes ne cesse de croître. Sur une population de 17 millions d'habitants, près d'1 million de jeunes sont sans emploi. Les denrées alimentaires de base sont inaccessibles pour près de 600.000 personnes selon le Pam. En un mot, la situation socio-économique de la Côte d'Ivoire tombe de charybde en scylla. Les raisons de cette vertigineuse chute sont nombreuses. Il y a
La crise économique des années 1980
d'abord la crise économique des années 1980. En effet, après les dix années de croissance économique vraie entre 1960 et 1970, le début des années 1980 va mettre fin à ce que tous les observateurs ont qualifié de miracle ivoirien. La baisse drastique des prix des matières premières agricoles, notamment de café-cacao qui constituent le pilier de l'économie ivoirienne, va plomber la croissance de cette économie encore fragile. A cela il faut ajouter la hausse du prix des produits pétroliers au plan international. Conséquence : la Côte d'Ivoire qui importe du pétrole va davantage débourser de l'argent pour avoir ce produit important.
L'autre motif des difficultés économiques de ce pays est l'instabilité politique.
L'instabilité politique à partir de 1990
La Côte d'Ivoire durant plusieurs décennies après son indépendance était considérée comme un havre de paix. Ce qui a amené de nombreux investisseurs à y affluer pour saisir des opportunités d'affaires. Mais, cette accalmie va faire place aux troubles dès les années 1990 avec l'amorce du multipartisme. Pis, le décès du premier chef d'Etat, Félix Houphouet-Boigny en 1993, va contribuer à alourdir l'atmosphère socio-politique. Et pour cause, sa succession ouvre la boîte de Pandore. La guerre de succession entre M. Henri Konan Bédié, alors président de l'Assemblée nationale, successeur légal et M. Alassane Ouattara Premier ministre du président Félix Houphouet-Boigny, perçu comme un successeur potentiel, fait rage. Ce qui pourrit l'atmosphère socio-politique. C'est dans ce contexte que survint le premier coup d'Etat, le 24 décembre 1999. La prise du pouvoir par la gente militaire va amener certains opérateurs économiques à quitter ce pays. D'où la croissance négative qui s'en suivit. En 2000 dans des conditions calamiteuses , le président Laurent Gbagbo arrive au pouvoir. Par conséquent, nombre d'Ivoiriens contestent sa légitimité. Les troubles socio-politiques se multiplient. La rébellion armée du 19 septembre 2002 survint sans grande surprise coupant le pays en deux. Cette situation va avoir des effets négatifs patents sur l'économie ivoirienne. Ainsi en 2003, la croissance est négative. En 2004, elle est de + 1%. En 2005 et 2006, la croissance reste toujours fragile. Depuis 2002, l'environnement reste toujours non propice aux affaires et aux investissements. D'où le v?u cher à tous de voir la paix revenir dans ce pays. A ces raisons, il faut ajouter la mal gouvernance devenue la norme en Côte d'Ivoire.
La mal gouvernance de plus en plus répandue
Si le pays cher à feu Félix Houphouet Boigny continue d'être à la traîne dans le processus de développement, c'est aussi en partie à cause de la mal gouvernance. Depuis quelques années, la corruption gangrène l'administration ivoirienne. Le racket des forces de l'ordre est devenu un mal incurable réduisant du coup le chiffre d'affaires des commerçants, et transporteurs. Le port autonome d'Abidjan (Paa) considéré comme le poumon de l'économie ivoirienne voit son chiffre d'affaires se réduire de façon nette. Cela parce que du fait des tracasseries routières, les opérateurs économiques des pays de l'hinterland ont abandonné le Paa au profit d'autres ports de la sous-région. Ce n'est pas pour rien que récemment, le directeur général (Dg) du Paa, Marcel Gossio, a effectué une mission de bons offices auprès des investisseurs burkinabè. En sus, il y a l'opacité dans la gestion des deniers publics. L'argent de la filière café-cacao aux mains des pontes du parti présidentiel, le Fpi de même que les fonds du pétrole relèvent de la stricte discrétion. Aucun bilan n'est fait pour situer les populations ivoiriennes. Dans un tel contexte, il est difficile de réaliser un essor économique. Cependant, l'espoir demeure.
Des lueurs d'espoir
Il faut le dire, même si l'économie ivoirienne se porte très mal actuellement, nombre d'économistes restent unanimes pour clamer fort que ce pays dispose d'énormes potentialités. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d'Ivoire a une agriculture qui se diversifie en année avec l'hévéa, le palmier à huile Ce qui est de bon augure. En outre, de plus en plus, il est question de découvertes importantes de pétrole. A ces ressources agricoles et énergétiques, il faut ajouter l'existence d'infrastructures de base qui restent en bon état en dépit de la guerre qu'a connue cet Etat. Il urge donc que les acteurs politiques oeuvrent au retour de la paix, condition sine qua non pour la reprise de la croissance économique. C'est la raison pour laquelle, chaque acteur doit s'engager irrémédiablement dans le processus de paix en cours afin de sortir le pays de sa léthargie pour qu'il emprunte la voie du développement.
Ahua K.
La Côte d'Ivoire est le pays-phare de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Elle représente 40% de cette union comprenant 8 pays. De 1960 à 1970, grâce à des actions concrètes, la Côte d'Ivoire va réaliser un miracle économique et se positionner comme l'un des Etats africains qui pouvait sortir du sous-développement. Mais près d'un demi-siècle après son indépendance acquis le 07 août 1960, le miracle ivoirien s'est transformé en mirage. La locomotive de l'Uemoa est devenue un tigre en papier. Plus de la moitié de la population est frappée par la pauvreté. Le chômage des jeunes ne cesse de croître. Sur une population de 17 millions d'habitants, près d'1 million de jeunes sont sans emploi. Les denrées alimentaires de base sont inaccessibles pour près de 600.000 personnes selon le Pam. En un mot, la situation socio-économique de la Côte d'Ivoire tombe de charybde en scylla. Les raisons de cette vertigineuse chute sont nombreuses. Il y a
La crise économique des années 1980
d'abord la crise économique des années 1980. En effet, après les dix années de croissance économique vraie entre 1960 et 1970, le début des années 1980 va mettre fin à ce que tous les observateurs ont qualifié de miracle ivoirien. La baisse drastique des prix des matières premières agricoles, notamment de café-cacao qui constituent le pilier de l'économie ivoirienne, va plomber la croissance de cette économie encore fragile. A cela il faut ajouter la hausse du prix des produits pétroliers au plan international. Conséquence : la Côte d'Ivoire qui importe du pétrole va davantage débourser de l'argent pour avoir ce produit important.
L'autre motif des difficultés économiques de ce pays est l'instabilité politique.
L'instabilité politique à partir de 1990
La Côte d'Ivoire durant plusieurs décennies après son indépendance était considérée comme un havre de paix. Ce qui a amené de nombreux investisseurs à y affluer pour saisir des opportunités d'affaires. Mais, cette accalmie va faire place aux troubles dès les années 1990 avec l'amorce du multipartisme. Pis, le décès du premier chef d'Etat, Félix Houphouet-Boigny en 1993, va contribuer à alourdir l'atmosphère socio-politique. Et pour cause, sa succession ouvre la boîte de Pandore. La guerre de succession entre M. Henri Konan Bédié, alors président de l'Assemblée nationale, successeur légal et M. Alassane Ouattara Premier ministre du président Félix Houphouet-Boigny, perçu comme un successeur potentiel, fait rage. Ce qui pourrit l'atmosphère socio-politique. C'est dans ce contexte que survint le premier coup d'Etat, le 24 décembre 1999. La prise du pouvoir par la gente militaire va amener certains opérateurs économiques à quitter ce pays. D'où la croissance négative qui s'en suivit. En 2000 dans des conditions calamiteuses , le président Laurent Gbagbo arrive au pouvoir. Par conséquent, nombre d'Ivoiriens contestent sa légitimité. Les troubles socio-politiques se multiplient. La rébellion armée du 19 septembre 2002 survint sans grande surprise coupant le pays en deux. Cette situation va avoir des effets négatifs patents sur l'économie ivoirienne. Ainsi en 2003, la croissance est négative. En 2004, elle est de + 1%. En 2005 et 2006, la croissance reste toujours fragile. Depuis 2002, l'environnement reste toujours non propice aux affaires et aux investissements. D'où le v?u cher à tous de voir la paix revenir dans ce pays. A ces raisons, il faut ajouter la mal gouvernance devenue la norme en Côte d'Ivoire.
La mal gouvernance de plus en plus répandue
Si le pays cher à feu Félix Houphouet Boigny continue d'être à la traîne dans le processus de développement, c'est aussi en partie à cause de la mal gouvernance. Depuis quelques années, la corruption gangrène l'administration ivoirienne. Le racket des forces de l'ordre est devenu un mal incurable réduisant du coup le chiffre d'affaires des commerçants, et transporteurs. Le port autonome d'Abidjan (Paa) considéré comme le poumon de l'économie ivoirienne voit son chiffre d'affaires se réduire de façon nette. Cela parce que du fait des tracasseries routières, les opérateurs économiques des pays de l'hinterland ont abandonné le Paa au profit d'autres ports de la sous-région. Ce n'est pas pour rien que récemment, le directeur général (Dg) du Paa, Marcel Gossio, a effectué une mission de bons offices auprès des investisseurs burkinabè. En sus, il y a l'opacité dans la gestion des deniers publics. L'argent de la filière café-cacao aux mains des pontes du parti présidentiel, le Fpi de même que les fonds du pétrole relèvent de la stricte discrétion. Aucun bilan n'est fait pour situer les populations ivoiriennes. Dans un tel contexte, il est difficile de réaliser un essor économique. Cependant, l'espoir demeure.
Des lueurs d'espoir
Il faut le dire, même si l'économie ivoirienne se porte très mal actuellement, nombre d'économistes restent unanimes pour clamer fort que ce pays dispose d'énormes potentialités. Premier producteur mondial de cacao, la Côte d'Ivoire a une agriculture qui se diversifie en année avec l'hévéa, le palmier à huile Ce qui est de bon augure. En outre, de plus en plus, il est question de découvertes importantes de pétrole. A ces ressources agricoles et énergétiques, il faut ajouter l'existence d'infrastructures de base qui restent en bon état en dépit de la guerre qu'a connue cet Etat. Il urge donc que les acteurs politiques oeuvrent au retour de la paix, condition sine qua non pour la reprise de la croissance économique. C'est la raison pour laquelle, chaque acteur doit s'engager irrémédiablement dans le processus de paix en cours afin de sortir le pays de sa léthargie pour qu'il emprunte la voie du développement.
Ahua K.